Treize | sur | Quatre-vingt-dix-neuf : Seul.

Seul en atelier. L’atelier d’écriture, de principe, c’est un groupe, plus soi-même, avec ; plus ou moins dedans le dit groupe. & le boulot qu’on a à y faire c’est : animer : faire passer, entretenir flammèche, manier l’allumette pas le combustible, le combustible ça pas touche, le combustible c’est dedans, dans chacun, par devers soi. Faire, avec un groupe. Faire faire. & distribuer, paroles écoutes et discret assentiment, soi majoritairement assis. Soi assis pour l’essentiel, debout constituant l’exception. Mais seul, en atelier, imagine : je suis assis, j’ai bouquins, papiers & autres choses plus ou moins utiles : j’attends. Ça m’est arrivé quelques fois, cette année, cette attente-là seul face aux livres, aux mots et aux questions que je vais tenter de poser, questions qui n’existeront pas sans que quelques y mettent la main – questions qui ne sont pas non plus les miennes posées à l’auteur, & qui ne valent rien sans ce contournement-là. Le démontage de la machine (machine-Pennequin, machine-Forte) & ce qu’il révèle des mystères (ne les nie pas : les éclaire), je ne ferais pas pareil seul, n’en tirerais pas la même pâte, pâte épaisse des questions advenues. Pas même moyen donc de m’y lancer, dans l’exercice inventé, de bricoler seul à la table, pas moyen de rien d’autre que : attendre. Attendre que rien, enfin, n’arrive. En venir à redouter qu’un autre vienne pour en faire deux, & qu’on fasse obligé la parlotte indécise, celle qui ne dit rien que : dommage.

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