Archives mensuelles : juillet 2011

Dix-neuf | sur | Quatre-vingt-dix-neuf : Fiction

En transit tram puis train vers Orléans où se déroule, au 108labomedia, le stage « Ce qu’Internet change au récit du monde », de François Bon, pour Livre au centre, & me raccrochant, via les flux, avec retard, aux réalités arpentées là-bas cette matinée, je me décroche de celles -qui me font chaque fois papier de verre, frottements récurrents, de ma séance d’atelier d’écriture en prison. Deux flux inverses qui communiquent, via cette contrainte géniale et simple proposée par François en atelier à Labomedia : faire fiction brève dans la case à propos de son blog (d’un blog monté spécialement pour l’occasion, d’un où transcrire l’expérience et les textes de ces deux jours de stage).

Je m’y colle sitôt mais sitôt forces de reflux, celles de la barrière fiction, ce matin en atelier – de la difficulté à produire récit en marche d’une marche rêvée, puis panorama, poème-paysage. De leur entrave, de leur rétivité, ancrée lourd, à l’imaginaire – leur redire alors que ça se produit, se fabrique, de l’imagination, c’est possible, que les mots nous servent tant à transcrire du réel qu’à le tordre, justement. S’échiner un peu, ce cap on sait on le sent, tangible, est important – & quelque chose passe, de l’énergie aussi qu’on y met, le quart d’heure de silence qui suit nous aide à le croire – car la séance avait été jusque là tendue [effet été en taule bruit de travaux dans la cour, etc].

Les textes lus ensuite, pour partie hors consigne (mais prolongeant, creusant, pour certains, la consigne précédente, si ça creuse c’est déjà largement ça), sont écoutés en grand calme : ils disent du paysage, grand et calme, non exempt de vernis carte postale, mais voient panoramique, au-delà de ce qu’elles supposaient possible. Les mots peuvent, leur répété-je, servez-vous en.