« Va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde » de Christophe Grossi (publie.net, 2011)

(note préalablement parue le 5 octobre  2011 sur livre au centre)

Autoradio. Play.

“Traversée de la Somme en compagnie de Léo Ferré puis de Tostaky (Marlène, deux fois). Il ne fait plus que 13 degrés, le ciel est cotonneux, plus loin le bocage avec Ms Dynamite.”

Ce livre numérique de Christophe Grossi inclut un générique de fin. Les morceaux qui ponctuent la demi-rêverie de ce voyageur de commerce sont ainsi rendus disponibles, signalés par des liens Deezer à la fin du fichier – on remercie qu’il en soit ainsi : il est important de ne pas nous obliger à tout écouter simultanément à notre lecture.

Cet  aspect “optionnel”, par défaut, n’est pas anecdotique :  ainsi le livre numérique, dans son infrastructure encore naissante et qui nous paraîtra si vite rudimentaire, par ses manques même, présente cette double option que n’a pas le cinéma : le générique vaut ici, aussi, par sa simple évocation, par ce qu’il rappelle, évoque – ou n’évoque pas. Et ne s’impose pas. L’allitération dit aussi l’humeur, des titres reviennent, et la mention de leur réécoute par le narrateur informe (sur l’état d’esprit, du moment et à venir) – cette information demeure certes allusive mais : c’est suffisant, quelque chose nous est dit sans besoin de montage autre.

Les états, variables autant que nuages dans le ciel, d’esprit du narrateur, nous donnent à ressentir aussi de la dureté de ce métier, qui va de pair avec une crise (ou du moins, de récurrentes, structurelles, difficultés) de l’édition littéraire. Difficultés récurrentes, d’avant et d’après les mutations actuellement en cours. Paysages ombragés, mélancolie latente :

Même si demain j’ai encore un rendez-vous en librairie, mes intempestives virées s’arrêtent maintenant. Une autre virée vient la remplacer, je la souhaitais sentimentale, elle sera sans doute moins douce que ça. Je peux ranger mes documents et mes exemplaires de démonstration dans la grande valise. Je peux remettre au propre mes notes et les commandes prises. Je peux redevenir un voyageur sans commerce et laisser reposer la pâte près du poêle. Il faudra maintenant passer l’hiver, ranger les tongues et la sacoche sans âge. Il faudra aussi se poser de nouvelles questions, se demander notamment si ces virées étaient vraiment si intempestives que ça, si elles se renouvelleront. Que serons-nous quand apparaîtront les premiers perce-neige ?

Christophe Grossi vit à Montreuil et travaille à la promotion du livre numérique à Malakoff. Il a publié quelques textes dans des revues papier et numérique (Inventaire/Invention (sur Maurice Pons), Prétexte (sur Pascal Commère), Poesia (sur Ludovic Janvier), Livraison n°7, d’ici là n°6 et 7Urbain, trop urbain n°1). Il anime les site et blog ePagine (professionnel) ainsi que déboîtements qui est son laboratoire d’écriture.

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Va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde / Christophe Grossi, Publie.net, 2011. – 146 p. – ISBN : 978-2-81450-493-6. – Collection Temps réel. – prix : 2,99 €. Télécharger en multi-formats

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Une réponse à “« Va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde » de Christophe Grossi (publie.net, 2011)

  1. Pingback: L’invention perpétuelle du souvenir (et son absence) – avec Brainard, Perec, Pagès, Séné, Grossi et tous nous autres… | Matériau composite

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