« Bord du Monde » de Shel Silverstein (trad. Françoise Morvan, Memo)

(Reprise d’une chronique publiée dans Encres de Loire n°60, 15 juin 2012)

De Shel Silverstein (1930-1999), on connaissait les deux tomes du « bout manquant » (Memo), fables initiatiques au propos aussi universel que leur trait, cette patte unique, tout en rondeurs et rebonds. Ce grand artiste, illustrateur, musicien, compositeur de chansons pour Marianne Faithful ou Johnny Cash, est un des plus célèbres auteurs jeunesse américains.

Ce livre-ci permet, par son ampleur (deux mille vers, quelques centaines de poèmes, tous illustrés par lui) et sa diversité, d’appréhender ce monde en soi qu’est la fantaisie de Silverstein. Un monde à l’envers, en vers. Un grand festin de l’imaginaire :des généraux rêvent de partie de plage, une tortue s’éprend d’un biniou abandonné, des pantalons se mettent à danser. Tout y est changé, normal, puisqu’en fait, le monde est plat (comme nous l’apprend le poème qui donne son titre au recueil).

Le Bord du monde a paru aux USA en 1974 sous le titre Where the sidewalk ends (littéralement « Où finit le trottoir »). Dès ce titre, on saisit, par cet écart du littéral dont elle s’explique en post-scriptum, à quel point le travail de traduction de Françoise Morvan est essentiel : L’invention de la langue est là, nécessaire, en fidélité. La traductrice se doit d’être auteure, pour passer ce texte hybride, savant et simple, charnu et truffé de trouvailles : (Laissons là le karaté / jouons au Kaparaté / qu’on appelle aussi / Le Karéussi). Les dessins répondent, peuplent les pages, merveilleusement composées (on oserait presque l’adjectif « inventées », tant les tourner nous offre de surprises renouvelées).

Pour faire enfin, vraiment, connaître ce livre et cet auteur essentiels, il fallait une édition haut-de-gamme : c’est le cas.

Découvrez, aussi, le blog de Françoise Morvan, auteure, traductrice, chercheuse remarquable.

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Une réponse à “« Bord du Monde » de Shel Silverstein (trad. Françoise Morvan, Memo)

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