EntreOuvert (collectif, autour du travail de Gisèle Bonin, Musée des Beaux-Arts d’Angers)

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EntreOuvert, Gisèle Bonin

(Musée des Beaux-Arts d’Angers, Collectif, textes de Jean-Noël Blanc, Christian Garcin, Denis Lachaud, Isabelle Minière, Éric Pessan, Jaques Serena, Carole Zalberg)

(reprise amplifiée d’une notice à paraître dans Encres de Loire n° 65)

« L’odeur, après la question de pourquoi continuer, amène celle, aussi recevable, de, pourquoi pas. Tant qu’on y est. » (Jaques Serena)

« Nous sommes son cœur, pulsations nous croyant seules et qui, ensemble, dans l’ignorance de notre mission, le faisons un et palpitant. »(Carole Zalberg)

Ces phrases – si différentes – de Jaques Serena, et de Carole Zalberg, disent quelque chose, au plus près, de la noire intensité des dessins et peintures de Gisèle Bonin, plasticienne récemment exposée au musée des Beaux-Arts d’Angers (exposition dont le présent livre constitue le catalogue). Ces phrases disent sans chercher à illustrer, ni expliquer – tout comme celles des autres écrivains conviés : Jean-Noël Blanc, Christian Garcin, Denis Lachaud, Isabelle Minière, Éric Pessan (et ses courtes et surprenantes formes autour de la peau, peau qui s’en va, qu’on raccomode, interrogeant de cette subtile façon cette indétermination des textures, des limites, qui semble nourrir le travail de Gisèle Bonin).

Car c’est un choix d’invitation original que celui qu’a fait l’artiste, pour constituer cette présentation écrite de son travail : très peu de prose explicative, de critique d’art (ainsi qu’on se la figure ordinairement), mais des fictions et quelques poèmes en dialogue, qui n’illustrent pas ses dessins et peintures mais leur font écho, signe ou question. On se souvient de son binôme avec Marie Chartres pour Cette bête que tu as sur la peau (la peau, encore) ; on songe, d’ailleurs, aux voies explorées par des éditeurs comme Le Chemin de Fer ou Les Inaperçus, celles d’un mode de dialogue non illustratif, non discursif, entre écrivains et plasticiens.

Et, cherchant à mettre des mots sur cette matière qu’éclaire la peinture de Gisèle Bonin, ces draps avec corps manquants, ces corps cadrés si près qu’ils ne sont plus que texture, enveloppe, ce rapport étroit avec l’absence, en toute ambigüité ; ce qui me revient, avant les mots, avant toute formule, c’est le souvenir de la magnifique nouvelle de Christian Garcin, élégie funéraire belle et douce, en montagne – et la relisant me frappe cette phrase, presque finale : « Les mots ne peuvent pas tout ».

Les mots ne peuvent pas tout, non, il leur faut parfois des images, pour respirer, pour mieux vivre.

« Tu vis en moi / tu y reposes / l’un et l’autre / les deux. » (Denis Lachaud).

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EntreOuvert (collectif, autour du travail de Gisèle Bonin, Musée des Beaux-Arts d’Angers), 68 p. – 10 €, ISBN 978-2-35293-042-6

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3 réponses à “EntreOuvert (collectif, autour du travail de Gisèle Bonin, Musée des Beaux-Arts d’Angers)

  1. Dominique Panchèvre

    Cher Guénaël, toujours présent pour nous faire part des belles choses de la vie !
    Je n’ai jamais rencontré Giselle Bonin – en dehors de ses œuvres, magnifiques – mais je connais bien quelques un(e)s des protagonistes qui ont tenu la plume (Carole, Christian, Éric et Jacques), leur travail, également, sans parler de Marie Chartres que tu évoques dans son duo avec Gisèle Bonin… De belles personnes qui, j’en suis convaincu, ont servi à merveille le travail de dessinatrice et de peintre.

  2. Dominique Panchèvre

    Tu rajouteras stp un « s » à « belle »… merci

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