Re-devenirs (du roman) | débat à La Baule avec Emmanuel Adely, Hélène Gaudy et Joy Sorman (vidéo)

J’ai déjà parlé ici de cet essai collectif remarquable (Devenirs du roman, vol. 2,  , matériaux), ouvroir de possibilités conceptuelles, anthologie d’analyses de pratiques et recueil de faits littéraires. Une pépite.

En juillet de cette année (2014), Le festival Ecrivains en bord de mer (déjà présenté là) m’a permis de débattre avec trois des écrivains présents dans le recueil, belle occasion de plonger plus avant dans leur œuvre distincte : Emmanuel Adely, Hélène Gaudy et Joy Sorman.

Lectures, discussion, traversée des problématiques du livre, distinctions et convergences : comment envisager le réel, que faire en position de témoin, quelles questions de posture et de morale cela pose-t-il à l’écrivain, se demandent-ils, et  Joy Sorman (qui fait paraître en cette rentrée un très beau La peau de l’ours) pousse la question comme elle le fait dans le recueil, depuis les copeaux de matière non utilisés dans son Lit national (éditions Le Bec en l’air); et c’est une bascule de ce débat. En effet, il faut toujours quelques minutes avant qu’advienne réellement quelque chose de plus lors d’un débat collectif, que cette position étrange (que j’ai déjà évoquée dans cet article), de fabrication d’une parole, dans laquelle nous sommes mis, débouche quelque part ailleurs, au-delà du  territoire initialement assigné à ce débat. Ici, l’archive en tant que potentialité mélancolique, le trop-plein d’informations

C’est un copieux travail (comme nous le savons, avec Patrick Chatelier et Marjolaine Grandjean, pour remue.net) que de faire filmer, monter  puis donner ainsi à voir en ligne, après coup, des lectures, des débats (et cela, sans doute, la perspective de cette trace  à venir, constitue un discret agent mélioratif pendant le moment), ; c’est un travail utile — ainsi que le fait Bernard Martin sur le site du festival (entrepôt de ressources précieuses ainsi que je l’évoquais en reprenant cette vidéo de Stéphane Bouquet lors de l’édition 2013), mais d’ores et déjà sur sa page vimeo.

Et comme, on l’espère, la discussion débouche, ouvre, et lie, vous ne saurez vous empêcher d’écouter les entretiens personnalisés (Hélène Gaudy interrogée par Charlotte Desmousseaux ; Emmanuel Adely singulier et collectif tout ensemble, passé(s) au crible par Thierry Guichard ; mais aussi la lecture de La peau de l’ours par Joy Sorman et Olivier Rocheteau, un tissage intelligent et sensible, featuring Deleuze, Bartleby, ou Freaks).

Un travail utile, disais-je, que cette mise en ligne de captations, à au moins deux niveaux : en tant que matière sensée et sensible à partager (en tant que pierre posée à l’édification, permanente, de notre intelligence collective), ; mais également, plus symboliquement,  en tant que force de sédimentation au cœur des flux – ce à quoi nous sert aussi le web, puis le réseau social en tant qu’amplificateur), en tant que cut au milieu du régime du tout-évènementiel.

De beaux moments. Play it.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s