Rencontre avec Martin Page, Saint-Jean-de-Monts, samedi 8 avril 2015 (vidéo)

[Rencontre avec Martin Page, café littéraire, Espace culturel de Saint-Jean-de-Monts, samedi 8 avril 2015]

De Martin Page j’ai eu plusieurs fois l’occasion de parler par ici, comme du grand « fictionneur » qu’il est, passé maître en détournement de zombies – mais le maître en fiction sait d’en servir pour des choses à propos du monde réel, et son essai « manuel de survie » le disait également très bien. Lire Martin Page, c’est aussi une reconquête des substantif « fantaisie » ou « imaginaire », réincorporés au coeur de la matière littéraire. Nous parlons de tout cela durant cet entretien réalisé au printemps 2015. (N’hésitez pas à monter le volume, la captation est un peu « juste »). A lire ci-dessous, une reprise augmentée d’une chronique de « Je suis un dragon », écrite pour (et publiée par) mobiLISONS, le magazine de Mobilis (dont j’ai la joie d’assurer la coordination éditoriale depuis ses récents débuts, en mai 2015).

Partie 1.

Partie 2.

Je suis un dragon, Martin Page (Robert Laffont, janvier 2015)

(reprise d’une chronique initialement parue sur mobiLISONS, mai 2015)

Martin Page, romancier prolifique (publié longtemps au Dilettante, puis à L’Olivier), originaire de Paris et installé à Nantes depuis quelques années prend un grand plaisir à s’affranchir des assignations et chapelles, à se jouer des genres, voire, comme ici, à jouer du genre pour y nicher son goût de la fiction.

Avec son double Pit Agarmen (en fait un pseudonyme très vite, et volontairement, dévoilé – les deux patronymes sont d’ailleurs en regard sur la première de couverture), il s’efforce de hisser le fantastiques hors du ghetto « page-turner pour ados » où souvent on le cantonne. La Nuit a dévoré le monde (Robert Laffont 2013, J’ai lu 2014) était une habile variation sur la figure du zombie ; Je suis un dragon constitue un bel hommage, autant qu’une habile critique, des super-héros.

Il s’agit en l’occurrence d’une super-héroïne – façon aussi pour Martin Page de ne rien céder de ce qui le constitue en tant qu’homme et auteur : un solide humanisme, doublé d’un féminisme à toute épreuve.

Margot est une enfant timide et solitaire, brutalement rendue orpheline, dont l’étendue des pouvoirs se révèle à l’orée de l’adolescence, face à la brutalité du monde social. L’armée, les services secrets, les pouvoirs politiques, se disputent les faveurs de celle qu’ils considèrent comme une arme absolue, tentent de canaliser cette immense force qui est la sienne – mais l’adolescente, se sentant enfermée, puis trahie, prendra un tout autre chemin, pour affirmer sa singularité : celle d’une jeune femme comme les autres, c’est-à-dire : unique.

Et l’art de Page/Agarmen est grand, pour ainsi jouer sur deux registres simultanément : tout est frontal, et les lecteurs friands de blockbusters seront servis, tant ça explose et accélère aux moments-clé ; et tout est subtil, possiblement métaphorique.

Ainsi le mot d’ordre de Margot, son viatique, emprunté à Nabokov, fait-il écho aux thèmes et principes de celui qui fut également, il y a quelques années, l’auteur d’un excellent Club des inadaptés, à l’école des loisirs : To be kind, to be proud, to be fearless. Douce, fière, et sans peur, est donc Margot – et fort stimulante, la lecture de ce roman.

Je suis un dragon, Matin Page, Robert Laffont Collection Médium (2015) EAN13 : 9782211216203 Prix : 14 €

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