Archives mensuelles : août 2016

Toujours Lire vers (de ma sélection Rentrez ! et d’autres merveilleuses lectures)

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(De ma rentrée littéraire, de ceux qui n’y sont pas-mais-si-en-fait)

Lire vers

La rentrée littéraire, j’y ai plongé cette année avec plus de détermination que d’ordinaire. Longtemps que je suis touché, concerné, que la question me turlupine (pour rappel, elle m’a servi  de façon récurrente à mesurer un écart culturel net entre « mes » étudiants et moi), qu’elle ne se replie pas de façon manichéenne : nous demeurons, lecteurs, partagés, dansant d’un pied sur l’autre sans oser, scrutant les danseurs depuis le bord de la piste. La question de la prescription est mienne (une grande partie de mon boulot c’est lire vers, vers un autrui variable –ceci dans l’exercice de la question aux auteurs comme dans celui de l’écriture critique), elle ne se départ d’une question d’éducation populaire, laquelle ne se départ pas plus d’un regard sur la création, le contemporain, longtemps néologisé dans le vide avant d’être enfin mieux conceptualisé par Lionel Ruffel.

Rentrez ! en médiathèques

Il y a donc cette liste de 45 livres, présentés dans des médiathèques (dans la cadre de cette opéra Rentrez !) qui m’a bien occupé, car l’établir fut un exercice d’approche, de pondération et de synthèse fort long (et stimulant) ; je l’édite ci-dessous, mais me rattraperai dans les jours à venir sur quelques perles… qui n’y figurent pas.

Livres choisis initialement, ou m’ayant tellement saisi en cours de lecture… Qui y furent longtemps notés, sur la liste préparatoire, pour la plupart d’entre eux, mais cédèrent leur place devant une surprise, ou un « proche », livre voisin dans ma lecture, ou connivent… Cette présentation en médiathèque a sa logique propre, ses nécessités, elle doit pouvoir constituer un récit spécifique (et variant), et donc, pour certains livres aimés, il n’y avait en somme plus la place.

Le message aux absent-e-s (Delaume, Vasset, D’abrigeon, Giraud)

Il y avait parfois comme une trop longue connaissance du travail de l’auteur pour l’isoler d’un « reste de l’œuvre », en ce contexte-là du moins : que les excellents  Chloé Delaume (Les Sorcières de la République, au Seuil), Julien d’Abrigeon (Sombre aux abords, chez Quidam), Philippe Vasset (Légende, chez Fayard), Thomas Giraud (à paraître un rien trop tard pour cette configuration de parole là, le 8 octobre elle sera passée ou presque), m’en excusent, de n’avoir pas su isoler cette matière de la pâte, de l’ensemble indivisible que constitue pour moi leur travail – bon, et puis pour plusieurs d’entre eux, il va y avoir des occasions d’en parler par ailleurs, j’y compte bien.  Ces livres-là sont d’ores et déjà cités ici, pour vous intimer l’ordre de les lire – les autres, ci-dessous, on en parlera dans les médiathèques, d’ici quelques semaines.

Qu’ils me demandent une heure d’explication enflammée pour parvenir à dire à quel point, où qu’ils m’aient, comme pour l’un d’entre eux, saisi littéralement, entièrement, contradictions comprises, comme Mauvais coûts du magnifiquement repoussant Jacky Schwartzmann à La Fosse aux ours, certains n’y figurent pas — on ne les oublie pas pour autant, il y a de place dans mon usage du web (et du monde) pour en parler par ailleurs.

https://rentrez.wordpress.com/

La liste est là, le blog ouvre enfin,  elle est aussi ci-dessous. Il y a là-dedans de quoi s’outiller en étonnements renouvelés.

 

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rentrez (parcours joyeux et littéraire parmi les nouveautés de saison) / proposition aux médiathèques

[Une proposition d’intervention en médiathèque, pour la rentrée 2016]

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Un feuilletage joueur et approfondi de quelques titres choisis

Voilà ce qui m’occupe depuis quelques semaines – ce qui m’occupe entre autres, car il y a eu des débats, des articles, des rencontres, mais quand même… me voici plongé dans la rentrée, moi qui me sens chaque fois partagé face au flux de nouveaux livres, dansant d’un pied sur l’autre sans oser, scrutant les danseurs depuis le bord de la poste, frétillant mais pas emballé par la musique, par le dj…

C’est Saïc Lhostis médiathécaire de la Roche-sur-Yon, qui me l’a suggéré, à l’issue de la rencontre bd de l’autre soir, avec Kris et Sébastien Vassant, en passant, avant que je file à la gare, tu nous ferais pas une truc sur la rentrée littéraire ? Comme avec Eric, il y a quelques années… oui, j’avais interrogé l’ami Pessan, à propos de 10 titres de la rentrée, dans ces murs, il y a un fameux bail – Eric qui s’est un peu baladé, parfois, pour prescrire, ainsi, ses choix de rentrée.

Du coup, il ne s’agit pas de répéter en perroquet. D’une : je n’ai pas l’autorité d’Eric (auctoritas : au sens de celle de l’écrivain qu’il est – je ne parle pas depuis cet endroit-là), mais je prescris à ma façon, sur les réseaux (voir le feuilletage que constitue mon herbier en tumblr), dans mes cours… je dis souvent médiateur littéraire, pour résumer ce que je fais. Alors, ce paquet de livres qui déboulent en sortie de plages, il me concerne – il me concerne aussi de prescrire, et de prescrire différencié – on connait l’histoire, jouée en très peu des semaines, des quelques titres dont on parler, répartis entre éditeurs sans effective concertation, mais par l’effet « naturel » du bruit médiatique.

Mon idée là c’est de jouer une autre partition, contrapuntique et complémentaire : je vais lire de tout – au sens, du petit et du gros, du Quidam et du Grasset, des forges de Vulcain et du Actes sud, du P.O.L et du Stock et de l’Albin Michel et du Anne Carrière mais aussi du Tripode et de l’Olivier… Dans l’idée d’une redistribution personnalisée. Il importe que certains des livres « dont on parle » y figurent – s’ils en valent ma peine – en accord avec d’autres dont on ne parlera pas, ou presque.

Mon idée c’est aussi une impro, pour ne pas m’en tenir à recycler une conférence bien rédigée sur feuillet bien plié : il y aura 40 titres, et une heure trente de causerie, donc on parlera de 20 d’entre eux, jamais dans le même ordre, jamais selon les mêmes modalités, en faisant avec les questions et envies, représentations, méconnaissances et connaissances de celles et ceux à qui je m’adresserai. Travailler à cet art-là de la parole, a contrario du remâchage de quatrièmes de couv et d’argumentaires bien fournis en adjectifs tout comme il faut.

Et pour les 20 dont on n’aura pas parlés : il y aura un blog, pour poursuivre – l’éditorialisation de cette affaire cumulera donc, comme j’aime, du live (de la parole, de la discussion) et du web.

Il est prêt mais je lis et choisis en ce moment même, c’est encore un peu tôt pour en donner l’adresse…

Je reprends à suivre l’argumentaire livré aux bibliothécaires que ça peut intéresser – et, au fait, c’est toujours disponible, pour celles et ceux qui voudraient le proposer dans leur bib.

To be continued, donc…

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Chaque année, entre août et octobre, se reproduit un phénomène éditorial bien français, qu’on nomme rentrée littéraire : quelques centaines de romans paraissent en l’espace de quelques semaines. Une poignée seulement des postulants recueilleront les faveurs des médias, du commerce, des lecteurs.
Cette concentration de parutions, qu’on l’attende fiévreusement ou la redoute, qu’on la juge nécessaire ou néfaste, nous donne à lire.

Il y a de quoi faire, en somme.

Hors des sentiers battus, mais aussi sous les feux médiatiques ; romans fleuves ou flashes ; français ou étrangers ; pop ou classiques ; il y a de quoi faire parmi ces centaines de titres.

Parcourons ensemble quelques pépites, surprises, étonnements, lus par moi, tirés par vous dans une forme de « panier garni » – moment de partage et d’information, pour les bibliothécaires  et les lecteurs.

Rentrez ! Déjà Programmé dans les établissements suivants : Pontchâteau (13/09), Angers (15/09), Challans (30/09), Saint-Jean-de-Monts (22/10), La Roche-sur-Yon (07/10).