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MA TETE DANS LE JOURNAL (entretien avec Daniel Morvan, octobre 2016)

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MA TETE DANS LE JOURNAL.

Retour remerciement sur cet article de Daniel Morvan dans Ouest-France début octobre. D’abord parce que c’est dans Ouest-France, et qu’après en avoir souri comme on fait par « élégance », m’est revenu, mais après seulement, la cuisine de mes grand-parents à Locmiquélic, où j’ai toujours (et uniquement) connu Ouest-France comme LE journal. Et que je n’y retourne pas tous les jours, en pensée, dans cette cuisine, mais que ce n’est jamais anodin.

Ensuite parce que forcément, l’endroit où j’officie (et c’est la moindre des choses), n’est pas celui vers où l’on oriente les projecteurs, moi-même me revendiquant passeur, je suis là pour passer. Mais que c’est agréable, et fort utile, cette lumière-là, se faire connaître est nécessaire, et qu’un article tel dans la besace ne nuira pas à la dite besace. On le conserve ici, donc, pour mémoire. Utile et pratique également, pour moi qui met toujours trois ans et demi à expliquer clairement ce que je fais là-dedans. (Là dedans quoi ? Dans la vie, dans le livre).

Et puis que c’est Daniel, qu’il fait un sacré boulot, puisqu’il a démêlé fort habilement dans ma digressive parole l’essentiel, et qu’il a trouvé un formidable titre (sacré journaliste, et puis c’est un auteur Daniel, pas de hasard, en romans chez Zulma mais aussi en blog, voir son chien de lisard). Poseur de bonnes questions, ça résume tellement bien, ce que je m’efforce de boutiquer (et ça résonne même au-delà des entretiens auteur, tant j’ai l’impression que ça fonde mon action en ateliers, avec les étudiants), que ça m’a, et je m’en souviendrai, porté dans ma préparation du moment Vuillard du soir chez Vents d’Ouest – qui furent assez extra, assez exceptionnels, le moment comme le Vuillard, et où je crois oui, avoir POSE DE BONNES QUESTIONS.


Merci encore, Daniel.

L’entretien est à lire aussi en ligne sur le site de Ouest-France,

je le reprends ci-dessous.

Profession ? Poseur de bonnes questions

Recueilli par Daniel MORVAN.

Les auteurs se succèdent chez les libraires, dans les festivals. Devant 100 ou 10 spectateurs, pas de rencontre sans poseur de bonnes questions. Guénaël Boutouillet les anime à Vent d’Ouest.

Entretien

Guénaël Boutouillet, médiateur.

Animateur littéraire, c’est autre chose que de servir de passe-plat à Jean d’Ormesson ?

Travaillant avec Vent d’Ouest, à Nantes, j’y suis attaché (comme avec La vie devant soi), pour une question de sens. Le choix des auteurs invités se fait en coopération avec les libraires : je passe les voir, on décide ensemble des auteurs qui seront nos invités, en sortant justement des sentiers battus. Et je crois que je sais les faire parler, avec 150 rencontres et tables rondes au compteur…

Mais comment fait-on pour obtenir Jablonka, Mauvignier ou Cécile Minard ? Qui décide ? C’est une lutte au couteau entre libraires ?

Pas du tout ! Il y a de la place pour tout le monde, surtout dans une rentrée littéraire aussi riche que celle de 2016. Si j’invite Bertrand Belin à Vent d’Ouest, c’est parce que je suis depuis longtemps en relation avec son éditeur. Mais c’est un an et demi de travail pour l’avoir. Cécile Minard, c’est elle qui a choisi Vent d’Ouest. Ivan Jablonka (auteur de Laëtitia) a été invité par cette librairie avec le Lieu Unique. Laurent Mauvignier aussi nous a choisis parce que Vent d’Ouest est une « librairie Minuit », qui défend cet éditeur depuis toujours. Mais par ailleurs, Charlotte Desmousseaux a mis une OPA amicale sur Sylvain Prudhomme (Légende, l’Arbalète). Mathias Enard est allé une première fois chez Coiffard, puis après son prix Goncourt à la librairie La vie devant soi (76, rue Maréchal-Joffre à Nantes). Il n’a pas forcément dit les mêmes choses.

Autre aspect de votre travail, la défense de la bibliodiversité : la découverte des auteurs moins connus, jeunes ou « primoromanciers ».

Oui, c’est le cas d’Alexandre Seurat, d’Angers, pour son remarquable Administrateur provisoire (Le Rouergue) ou encore d’Éric Chauvier, qui travaille à l’école d’architecture de Nantes. Ce n’est pas une histoire de combat. Nous sommes ravis d’inviter des gros vendeurs, mais aussi des écrivains qui apparaissent.

Le public nantais est très chanceux. Mais les autres, « en campagne » ?

J’anime aussi des rencontres dans les médiathèques de campagne. Nous vivons dans un très haut régime d’information. Il est bon de revenir après coup, devant un public qui ne vit pas dans cette urgence. L’idée n’est pas d’en rajouter, mais de fabriquer une heure d’échange unique, qui ne se reproduira pas.

En 150 rencontres, quelle est votre plus belle question ?

À Maylis de Kerangal, dans une médiathèque, après un long préambule à propos du mouvement dans son oeuvre, finir par : « Avez-vous fait bon voyage ? » Réponse : 12 minutes, magnifiques !

LE PROGRAMME : (détaillé ici)

À Vent d’Ouest (5, place du Bon Pasteur, Nantes. Tél. 02 40 48 64 81), à 19 h 30, rencontres avec Éric Vuillard (Actes Sud) jeudi 20 octobre ; Philippe Vasset (Fayard), vendredi 4 novembre ; Bertrand Belin (Éditions POL), mardi 8 novembre ; Céline Minard (Éditions Rivages), jeudi 10 novembre ; Laurent Mauvignier (Les éditions de Minuit) jeudi 17 novembre ; Ivan Jablonka (Éditions du Seuil), mardi 22 novembre, au Lieu Unique, à 19 h  30

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