Archives mensuelles : décembre 2016

La sérendipité c’est avoir la vie devant soi (texte de soutien à la librairie nantaise de Charlotte Desmousseaux)

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Charlotte c’est une amie, mon amie libraire, on a galéré ensemble (passer l’hiver 2013-2014 en se serrant les coudes, il fallait), on s’enthousiasme en on se chamaille comme frères et sœurs (alors qu’on se connaît depuis pas tout à fait 5 ans), on bosse en fraternité et intelligence (et complémentarité, je pense notamment au travail avec Vent d’Ouest, en grande concertation avec elle, pour ne pas inviter des concurrences imbéciles quand tout dehors devrait nous inciter à se tenir chaud…) Charlotte a longtemps attendu avant de pouvoir monter sa librairie, c’est fait — La vie devant soi a un peu plus d’un an d’âge, et rayonne dans son quartier, dans Nantes et loin au-delà.

Elle a fait un livre de soutien (via ulule, via Bernard Martin et Joca pour la réal impec), j’y suis – avec plein d’autres amis & ou admirés, je reprends ici le texte que j’ai produit pour contribution, qui est un hommage à Charlotte (mais aux libraires qui comptent & ou comptèrent, comme Jean-Yves Bochet ou Alain Girard), et au-delà, aux libraires, aux espaces qu’ils occupent (mentaux et de circulation), un texte qui me tenait depuis longtemps.

La librairie est là : http://www.librairie-laviedevantsoi.fr/ mais aussi sur facebook (où j’ai rencontré Charlotte, comme pour beaucoup d’entre nous ; la liste non exhaustive des contrbuteurs reprise de son fil, ci-dessous, renvoie d’ailleurs à leur profil facebook à chacun).

Je cite Charlotte (sur facebook, bien entendu) :

« 50 auteurs, dessinateurs, éditeurs, libraires. acteurs du livre ont offert leur travail à La vie devant soi!
Le Livre de soutien que nous attendons depuis un an vient d’arriver il est en vente au prix de 35 € et sera offert aux clients fidèles lors de leur 30e passage en caisse.
Ce livre a été réalisé par Bernard Martin et les éditions Joca Seria – merci pour ce travail minutieux, attentionné & collectif.

avec Claude Ponti, Charlotte Des Ligneris, Marie Desmeures, Stéphane Pajot, Valérie Millet, Catherine Blondeau, Aude Le Corff, Coline Pierré, Benoit Laureau, Lark Ascending, Alain Nicolas, Daniel Morvan, Julien Delorme, Martin Page, Sylvain Coher, Arno Bertina, Sylvain Renard, Lionel Besnier, Delphine Bretesché, Alain Girard-Daudon, Sylvain Pattieu, Emmanuelle Collas Galaade, Brigitte Bouchard, Christian Garcin, Mathieu Larnaudie, Guénaël Boutouillet, Aurélien Blanchard, Claire Duvivier, Baptiste Liger, Suzanne Côté-Martin, Julia Kerninon, Attila Virot, Christophe Davy, Hélène Gaudy, Carole Zalberg, Eric Plamondon, Anthony Poiraudeau, Eric Pessan et Brigitte Martin.

(Ma contribution au livre de soutien)

Comme une princesse de Sérendip

Connaissez-vous la sérendipité ?

C’est une idée popularisée par le web, qui lui était préexistante (cherchez-en donc l’origine sur le dit web, et découvrez la jolie légende des princes de Sérendip, qui vous dira quelque chose, puis vous mènera ailleurs). La sérendipité qualifie une recherche qui ferait profit des hasards, pour aboutir à une trouvaille, obtenue sans calcul et sans, surtout, l’avoir initialement prévu. Cette notion est importante, m’est importante, c’est une des grâces que je trouve à l’usage quotidien des outils dits de « nouvelles » technologies : elle constitue une échappée, une trouée dans le programme, une possibilité autre. Possibilité d’ailleurs chaque jour plus menacée par les géants du web, google amazon facebook & friends, dont le socle économique est de vous tenir captifs.

Mais pourquoi, vous dites-vous, si vous n’avez par chance pas encore tourné la page pour y trouver proposition plus adaptée à ce que vous pensez être venu chercher dans ce recueil, pourquoi vient-il ici nous chanter sa scie techno-militante ? On devait pas causer libraire, librairie indé? (Ok, ok, opiné-je, je vous perds (manière de joindre le geste à la parole, en fait, de faire ce que je fais, d’écrire ce à propos de quoi j’écris) mais promis j’y viendrai bientôt).

(J’y viens, donc).

A chaque fois ou presque que j’ai posé le pied dans une librairie où officiait Charlotte Desmousseaux, j’ai acheté un livre – non, deux – voire, plus. Et s’il y a certes, dans ce geste, me diront les retors, une manière de scrupule, de bien-pensance, une gentille posture de belle âme, à quoi s’ajoutent l’amitié, la sympathie éprouvée pour la tenancière, dont je ne nierai pas les pouvoirs ; s’il y a une part, effective, de volonté, bien consciente, dans le geste, il y a surtout le constat, qu’à chaque fois que j’y ai acheté un livre – non, deux – voire, plus, aucun des titres en question n’était imaginé, investi en amont.

(Quand c’est chez Charlotte), je sors de cette librairie avec autre chose que ce que j’y cherchais, que ce je pensais y chercher.

Le constat ne vaut d’ailleurs pas que pour Charlotte, je pourrais en citer d’autres, comme mon cher Jean-Yves, à l’Iris Noir (XIe arrondissement, métro Ledru-Rollin) ; où ces samedis matin où je passais voir Alain (Girard) chez Vents d’Ouest, avec Elias souriant dans la poussette – poussette dont les pochettes latérales se garnissaient de livres, au retour : plus de place (plus de temps) pour passer au marché, même – beau prétexte pour se taper une frite en ville, passant.

Chez ces libraires-là, ce qui se passe et préside à mon acte d’achat(s), c’est une opération complexe, mêlée de : discussions interrompues (car le libraire fait commerce, pendant ce temps, et en bon ami que vous êtes, vous ne prenez pas la place d’autres clients potentiels), durant lesquelles vous furetez en attendant de reprendre ; de coqs à l’âne et digressions ambulatoires : la parole se déplace avec nous au gré des rayons, quand d’autres fois elle nous y guide, au gré d’incessants et partagés « tu l’as lu ça ? », « tu l’as vu ça ? », « tu l’as reçu, ça » ?

Et comme on partage, avec Charlotte, une forme de compulsion, un appétit sans cesse relancé, le jeu débouche toujours sur autre chose : le livre que je finis par saisir puis acquérir n’est quasiment jamais celui que j’envisageais, ni même un de ceux dont on a précisément parlé, mais un autre encore, celui sur lequel un index (celui de la libraire ou celui de l’acheteur, prescripteur ou interrogatif) s’est, à un moment de l’errance rebondissante, de nos paroles et de nos pas, posé.

Cet index, doigt ne désignant jamais la lune mais nombre d’astres inconnus, organe partagé du libraire indépendant, de son client curieux, trace je crois, dans l’air, les lettres du mot : SERENDIPITE.

À propos de Julien d’Abrigeon | de tapin et de Sombre aux abords (Quidam, 2016) (présentations au festival Midi-Minuit 2016)

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(photo Christine Marzelière, Midi-Minuit)

Ces deux textes ont été lus durant l’édition 16 du festival Midi-Minuit poésie, Julien d’Abrigeon et Tapin au carré avant la présentation dudit site tapin2 par son auteur (samedi 10 décembre 2016, 14h, Lieu Unique), « Le Bronx dans le massif central, le bordel dans les creux, massif et décentré » avant la magnifique performance du même, dimanche 11 décembre 2016, 0h20, Lieu Unique.

« Le Bronx dans le massif central, le bordel dans les creux, massif et décentré »

Julien d’Abrigeon vous allez voir, vous allez plutôt entendre et voir, vous allez entendre ce que vous allez voir, ou vice-versa, en double même, car s’il a deux micros c’est pour la stéréo, stéréo oui mais bon pour ça on a les enceintes, pour la stéréo, on a un technicien, vous dites-vous, deux micros, c’est un peu à l’ancienne, sa stéréo, eh bien oui, à l’ancienne, ou du moins, tout comme la stéréo s’ouïe via deux enceintes, il la produit, via deux micros, car via deux bouches, via deux fois sa bouche,

parce que ça ne se contient pas cette énergie qui déferle, cette immanence toute de nerfs, cette parole qui crisse, hérisse, et forcément dévisse, déborde, au point qu’il faille parfois des élastiques, tendus comme tendeurs en travers de sa face, pour contenir–enfin–tenter–de, plutôt faire mine, car il s’agit de la dérouter la dite rage, pour qu’encore de nouvelles divergences arrivent pour que de nouveaux phénomènes entrent en action, et notamment, la poésie – cette poésie dite action.

Déjà auteur de plusieurs livres, d’un Pas Billy Le Kid mémorable chez Al Dante, d’un hommage effréné au comte Zaroff chez Laureli, d’absurdes et hilarants microfilms chez Laureli encore, Julien d’Abrigeon dans son grand dernier (Sombre aux abords, 2016), paru chez Quidam , sombre, sombre mais ne flanche pas, aux abords il se et nous décentre, aux abords de la ville, de la ville petit vé , sans majuscule, la ville, moyenne, limitée de partout, encerclée de rond-points, celle qui se meurt sans même permettre de démarrer de vivre, et c’est de cette rage-là, périphérique au plus bas point, de la rage que ça fait de ne pouvoir se mouvoir ailleurs, de ne pouvoir se mouvoir que de rond-point en rond-point, qu’il tire ce chant.

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Car voilà, il s’agit d’un chant, d’un ensemble de chants, songs en américain-dans-le-texte, il y en a dix, dix songs réparties sur deux faces (face à et beside, comme pour faire face mais toujours à côté, toujours périphérique) deux faces comme d’un trente-tours, car il y a un trente-trois tours à l’origine, d’un type mythique (d’Abrigeon ne dédaigne pas les mythiques, ne le branchez pas Godard ou Dylan, exemples en passant, il en connaît plus d’un rayon, limite possède le magasin, ne lui dites pas Godard, vraiment, vous rateriez vos prochains trains),

le disque donc d’un mythique de l’ordinaire, car c’est cela aussi Bruce Springsteen, et avant tout, un folk ou rock périphérique, un chanteur du récit ouvrier désœuvré, déclassé d’entrée sans même avoir jamais été classé – et ce livre, donc,

Sombre aux abords , rend très littéralement hommage au disque de Springsteen, Darkness on the edge of town , (traduction littérale, sauf que la ville y manque, la ville en ces contrées est comme un point aveugle, une absence névralgique), s’inscrit dans ce sillon-là,

sillon d’où il exsude, qu’il excède, le diamant vibre, tressaille, saute, revient – et comme tout hommage digne, ou utile, le livre dépasse, ou du moins déborde, ce qu’il projetait de citer.

Et c’est là une des merveilles de Sombre aux abords , qui contient dans sa matière une multitude, de formes comme il y a multitude d’appétits chez d’Abrigeon, cinéphile profond et-mais humoriste absurde (qu’on prétend même imitateur, mais je ne sais pas, je crois qu’il s’agit d’un autre, un de ses sosies collectionnés par Boxon), immense lecteur de la poésie contemporaine et des siècles passés mais-et hurleur d’intempestives rages ; il y a une multitude de formes disais-je, à l’œuvre dans ce livre, que certains ont perçu comme un roman, d’autres (ici, l’excellente Lou Darsan) comme un recueil de nouvelles (ce qui l’inscrit en continuité des grands albums de rock, suites de songs mais aussi œuvres en soi), mais on peut y voir aussi, une irruption de la poésie, hirsute et polyforme, dans l’enceinte de la page, qui peine à la contenir.

Le texte cavale d’une marge à l’autre, parfois en bloc ― comme dans un roman ―, parfois centré, troué, versifié, intenable ―comme un être, comme du vivant ―, la page se voit acculée dans ses limites, le roman dans ses contreforts, la ville dans ses bouts (tous ces rond-points qu’il faut franchir), on pense au slogan de tapin au carré , la revue web anthologique, dont il s’occupe, sous-titrée « la poésie hors du livre », c’est à dire partout, chair os image sons, rire larme, mots du système comme de l’anti-système, et dans ce livre il tient aussi ce pari-là : d’y mettre de sa virulence, de cette extraversion nécessaire de la poésie, d’y faire entrer, dans le livre, ce qui n’a de cesse d’en sortir, du livre (de la ville), sa voix circulant et massive, cette histoire de souffle que Claro à son sujet résume ainsi :

« Le souffle n’est pas la phrase, il n’est pas non plus son mouvement, il est plutôt comme un courant électrique qui permet, au prix de subtiles modulations, de faire vibrer la phrase dans la chambre aux échos du lecteur. C’est dire qu’il n’est pas du côté »

Le souffle est dans le livre, l’électricité dans ses variations crépitantes, lequel livre tient comme par alliance des contraires, un ensemble de tensions mises ensemble, tensions antagonistes qui se tiennent en joue, toutes prêtes à exploser, génial assemblage, d’où surgissent des phrases folles à chaque phrase, des mots qui claquent à chaque mot (pendant que les précédents résonnent encore à nos oreilles chauffées à blanc),

et c’est soudain-souvent tout cela,

et c’est soudain-souvent sublime, je cite :

« Je me meus dans le chaud de cette chose nuit et j’ai beau ne rien voir, on ne peut rien y voir, c’est opaque et compact, la lumière est bannie, j’ai beau ne rien pouvoir voir, je me meus lentement, en sécurité, je ne peux tomber, tout m’entoure et me tiens, debout, je peux peut-être même quitter le sol et prendre appui sur la nuit pour m’élever en elle. Je le peux. Je viens d’essayer, je le peux, je marche, si je soulève le genou et que je pose le pied en l’air, sur la nuit, je peux monter un peu, soutenu par la chose de la nuit, et grimper un peu, en l’air de quelques mètres, et glisser dans la nuit qui est dure, chaude, et brillante, oui, je sais, c’est étrange car il n’y a nulle lumière, mais elle brille, on ne le voit pas, mais on sent que c’est lisse à briller, ça ne peut être mat, ni rugueux, non, ça glisse et ça retient, ce truc de la nuit, c’est pas mal comme machin, cette nuit molle et mobile, j’évolue bien là-dedans, je me sens à l’aise, et rien ne presse, rien ne presse plus. On progresse calmement, on regarde à droite, à gauche, tout est tiède et lent, quelque chose nous porte, on se sent totalement approprié pour cette chose qui dans la nuit, fait que la nuit est nuit. »

Que cette électrocution vous soit douce.

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Julien d’Abrigeon et tapin au carré

Quand on ouvre la page tapin au carré sur Internet, car il s’agit d’un site Internet,

on y trouve peu d’explications, mais quelques entrées je les cite :

Totalement/totale Action/actuelle/a-poétique Poésie/poetry/poesia Internationale/inadmissible/inouïe/idiote Non-imprimée/not printed/nueva v.2.0

et les liens facebook et twitter pour y suivre les parutions tapineuses.

C’est donc un site de ressources, tapin au carré, tout à fait bien organisées, aux allures de bazar, pour un peu ainsi continuer l’idée de Boxon,

car BoXon c’est du papier, du papier plein de papiers pliés, déchirés, recollés, dazibaos stencils et polycopes, disons pour les citer, tels que présenté sur tapin.free.fr (l’ancêtre de tapin au carré) :

BoXoN est une revue poétique à périodicité aléatoire fondée en 1997 à Lyon par Gilles Cabut.

Très vite, et de façon informelle, un collectif de poètes s’est constitué à la fois pour réaliser la revue et pour agir lors de lectures publiques.

Alors je tente, étant sur scène ce jour un peu pour ça, présenter rapide et clair, de remettre en partie en ordre :

Il y a eu BoXon (il y a toujours, et ça fait bazar et boucan à l’occasion), ce collectif de poètes en action qu’on a déjà reçus par ici (en 2011) , dont Julien d’Abrigeon ci-présent est une partie et non des moindres, qui lui-même actionne glotte bras syntaxes et diverses mécaniques organiques, lors de lectures tonitruantes (la prochaine, ici même, à minuit),

Il y a eu BoXon , parutions anthologiques d’eux-mêmes et d’autres et de choses glanées et reconfigurées (ainsi une collection de photos de sosies approximatifs du sieur d’Abrigeon), partant du principe que la poésie est au monde, et qu’il suffit de bien la chercher de pour cela bien regarder, puis de mettre en ordre (ou désordre) certains principes, lettres, mots ou idées pour qu’apparaisse quelque chose (du poétique),

puis il y a eu Internet et tapin.free.fr , première anthologies de formes poétiques,

et maintenant tapin 2, nouvelle version, ouvroir à la façon d’un ubuweb d’ici et maintenant, l’ici ici incluant d’ailleurs beaucoup d’ailleurs (il est écrit poésie internationale, rappelons-le, en page de garde),

Tapin 2 ce serait alors mettre un tapin au carré pour que ce ne soit plus le boxon ? Non, il s’agit plutôt d’une reformulation-actualisation des choses, des forces, il est écrit sur la page de garde poésie hors du livre, et la poésie hors du livre est en live. C’est à dire, multiple : en images fixes, en images fixes témoignant d’actions continues, en images mouvementées, en images sonores, en sons tout aussi imagés, mais jamais imaginés, c’est à dire, live = a-live = en vie.

Un parcours aléatoire sera le plus adapté, pour commencer sans cesse.

Tapin au carré, c’est donc : un site internet de formes vives, c’est à dire, un espace comme un livre avec volumes, de dimensions multiples, pour que ça tienne, au-dedans, ce dont il s’agit, cette poésie hors du livre, poésie live qui pourtant ne manque pas d’air, comme ce Tarkos, Christophe, qui dès fois souffle, des fois articule, qui des fois même gonfle, comme cette Quintane qui avec Antonia va à la piscine et plonge, dit-elle, ce Blaine qui dévale l’escalier de la gare Saint-Charles, bref, du patrimoine des temps actuels,

poésie qui des fois s’écrit en grosses lettres, celles parmi les plus marquantes étant ce Syrie épelé rouge, lettres de sang, signé-daté Pierre Fraenkel 2012, qui résonne chaque jour plus abrasif, qui ne passe pas. Car la poésie de tapin, elle ne passe pas, enfin, pas une comme lettre à la poste, et puis elle ne passe pas, comme l’avant-garde, contrairement à ce d’aucuns aimeraient régulièrement faire recevoir, comme une idée, bien reçue, de l’avant-garde qui se mourrait et se mirerait seule dans son coin, l’avant-garde ne passe pas, pilule qui coince, active sans date de préemption. La poésie de tapin, la poésie que tapin nous offre à découvrir, toujours recommencée, toujours frappante, l’est absolument subjectivement – de sujets à sujets.

Tapin pour finir, c’est, si je cite d’Abrigeon lui-même sur son facebook il y a quelques jours,

« L’avantage de la subjectivité est alors flagrant. Vu que je n’y ai mis que des trucs que j’adore, il se trouve que j’adore tout ce que je vois et que, décidément, je trouve le site génial. Cela serait totalement arrogant si le contenu était le mien, mais non, ce sont des poètes islandais, irakiens, américains, français, chiliens, coréens, ukrainiens, anglais,…de tous âges, avec des pratiques différentes,…

Le prochain qui dit que la poésie est moribonde est un ignare, frappez-le, la poésie mondiale va très bien, elle est vivante et géniale. Il suffit de s’y intéresser pour le constater. »-

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Le site tapin2

(Sombre aux abords, 2016), paru chez Quidam.

D’hiver et varié (lettre de décembre 2016)

(En ligne ici)

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Chères amis, chers amies (parce que de féminiser en ajoutant un « e » entre parenthèses transforme le féminin en « euro », ce qui est fort indélicat, je préfère procéder ainsi, égaliser autrement) ,

 

Ce week-end à Nantes c’est Midi-Minuit, j’y serai de Midi à Minuit, pour y présenter l’extra (vagant et ordinaire) Julien d’Abrigeon — on s’y retrouve ? http://www.maisondelapoesie-nantes.com/MMP/mmp16/accueil.html

 

La rentrée est rentrée (https://rentrez.wordpress.com/ )

Et la valise est rangée jusqu’au prochain mois d’août. Bilan chiffré de ces sorties de rentrée (en médiathèque et ailleurs, une sélection de 48 livres, voir blog dédié), comptabilisation de ce qui fut sortie une suite d’échanges excitants, enrichissants (pour le public, mais tout autant pour moi, testant ce mode de parole, élargissant aussi de mes champs littéraires, faire que le pré ne soit pas trop carré…)

C’est ici : https://rentrez.wordpress.com/2016/11/01/rentrez-2016-recit-traces/

 

 

Ma photo dans le journal

Grâce à ce cher Daniel Morvan, portrait en « poseur de bonnes questions », qualificatif qui me comble, et c’est dans Ouest-France, quotidien ordinaire et ramifié en ma mémoire, ce qui n’en fait pas un d étail…

 

Un automne de rencontres en podcasts (Catherine Poulain, Kaoutar Harchi, Ivan Jablonka, Céline Minard, Laurent Mauvignier, Bertrand Belin, Eric Chauvier…)

 

Il y a la librairie Vents d’Ouest, avec qui la complicité a permis de bien beaux moments avec de nombreux auteurs durant cette rentrée et toute l’année 2016 auparavant (de Senges à Cadiot, an passant par Garcin ou Robinson, ces rencontres ont compté, je suis heureux d’avoir enclenché la fonction dictaphone de mon minitel portatif)…

– mais il y aussi les médiathèques avec qui je travaille, Châteaubriant, Saint Jean de Monts ou La Roche-sur-Yon — et là encore, ressortant ébahi d’un entretien avec Kaoutar Harchi (tant de précision et de douceur…), je me réjouis que de ce moment il reste une trace.

 

Au résultat, plus de trente enregistrements qui témoignent de la qualité d’échange de ces moments-là, qui sont une part de mon travail, mais aussi de mon activité de lecteur et critique, autrement convertie – en parole, en production d’un moment partagé avec et autour d’un livre, d’un(e) auteur(e).

 

Play it, donc, écoutez cette radio très perso : https://www.mixcloud.com/gu%C3%A9na%C3%ABl-boutouillet/

 

Catherine Poulain | entretien avec GB (festival La mer est loin, Fontenay le Comte, nov 2016)
Kaoutar Harchi, entretien avec GB | La Roche sur Yon, Médiathèque Rabier, nov 2016
Ivan Jablonka, « Laetitia » (Seuil, août 2016) | entretien avec GB, LU/Vent d’Ouest, nov 2016
Laurent Mauvignier, « Continuer » (Minuit) | entretien avec GB, Vent d’Ouest, novembre 2016
Céline Minard, « Le grand jeu », rencontre avec GB, Vent d’Ouest, novembre 2016
Bertrand Belin | Lecture et entretien avec GB, Vent d’Ouest, novembre 2016
Rencontre avec Philippe Vasset | Vent d’Ouest, Nantes, novembre 2016
Rencontre avec Eric Vuillard (GB), Vents d’Ouest, Nantes | octobre 2016
((Marie Chartres, Florence Seyvos et Martin Page à Chateaubriant / lectures, entretien avec GB 2016
Alexandre Seurat à la librairie Vent d’Ouest, Nantes, 23 septembre 20156 | entretien GB
Rencontre avec Eric Chauvier et les éditions Allia – Vents d’Ouest, septembre 2016

 

Mais aussi quelques articles critiques (Caligaris, Pireyre et Senges)

Pour Ciclic, notamment, en accompagnement du programmes d’écrivains associés, en région Centre, des textes de synthèse sur une œuvre, pour en éclairer les axes, obsessions, détails…

Nicole Caligaris : à tous les temps de l’étonnement.

Emmanuelle Pireyre : portrait de l’auteure en enquêteuse

Pierre Senges : inventer & trahir, comme relire & relier

 

Et puis quelques ateliers

De Saint Brieuc où je fus en résidence, à la supervision technique d’un workshop de François bon à l’école d’archi, en passant par la gazette de Midi-Minuit poésie, il y eut de quoi faire, il y aura de quoi lire, je vous en reparle en détails bientôt…

 

Site personnel, matériau composite : materiaucomposite.wordpress.com
Mon album de lectures quotidiennes : faire(800)signes  : http://guenaelboutouillet.tumblr….)
Ma « radio littéraire », chaine de podcasts de débats avec des auteurs : Guénaël Boutouillet

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