Archives mensuelles : janvier 2017

Le contraire du storytelling

logo-titre(Où quelque chose toujours se passe quand on pense et classe)

(Même quand on n’est vraiment profondément assurément certain de rien)

Depuis deux ans j’interviens dans le master Limès de Martin Rass et Stéphane Bikialo, à Poitiers, spécialité « nouvelles médiations (littéraires) » où je propose des formes d’intervention à la jonction de mes pratiques et de ce que j’appréhende, subodore, me représente (le travail sur les représentations, une grande part de ce qui s’invente peut-être, parfois, est là) de leur rapport (aux jeunes adultes qui me font face), de leur usage : de la littérature, de la lecture, des outils numériques : l’invention depuis l’inventaire, envisagée comme terrain d’échange.

Ce mois de janvier j’y retrouve les étudiants de master année 2, que j’avais donc fait travailler l’an passé — pour des « notes de lecture » en ligne, mais aussi pour donner à voir et lire leur paysage de lecture, dont j’avais déjà parlé ici : envisager dans une indifférenciation feinte (pour jouer, « pour de rire », diraient les enfants) ce qui est lu par eux durant une semaine, tenter l’inventaire à la façon dont Perec tentait de capter l’exhaustivité du visible d’une rue parisienne. Ce moment-là m’a marqué, j’y reviendrai.

Et si je n’y reviens pas cette fois, à ce souvenir du paysage, de la lecture considérée comme un processus complexe, mêlant décision et absorption (comme les processus d’écriture et de lecture mêlent l’acte et le rêve, le conscient et l’inconscient), il nous fait socle. Comme font socle les affiches de l’excellent festival Bruit de Langue (cette année, au hasard, un colloque Verticales, feat. la visite de Jane Sautière ou Pierre Senges, un entretien avec Cadiot, une rencontre avec Vasset, et la Fabrication de la guerre civile du cher Charles Robinson — je m’y sens chez moi, dans un hall où trônent de telles affiches).

Situation : nous avons un socle, nous avons de la joie (nous avons aussi un rhume, et diverses manières de fatigue, mais c’est de saison), mais nous avons : du retard à l’allumage, et un faible effectif (les étudiants, c’est comme les saisons culturelles : leur entièreté se concentre/consume en quelques semaines d’automne-hiver, après il y a les stages de préparation à la vie future (dont on sait aussi qu’elle sera constituée d’autres stages – en leur souhaitant (mais comme à nous finalement, qui ne sommes pas, loin de là, arrivés, bien loin) de « déboucher »).Et ici où l’efficacité de la formation se doit de lier vivement avec le monde du dehors (du travail, donc), il est logique (on ne concédera pas « heureux », parce qu’un effectif il nous en faut un, quand même, surtout après un voyage en autocar, via Mauges et Deux-Sèvres), il est logique, donc, que certains aient autre chose à faire.

Bon : Ils sont cinq, c’est tout de même assez pour travailler – mais c’est mieux alors en mode atelier, en mode écriture amplifiée, tant qu’à faire. Deux temps distincts.

Ecrire le réseau social

Dans la lignée infra-ordinaire d’inventaire des usages nôtres du numériques, et plus encore de leur usage, apport, frottement avec nos activités (et paysages) de lecture, observer attentivement un plus petit commun dénominateur : qui est : que nous publions, lisons, quotidiennement, eux et moi, sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, instagram, ici utilisés, sur ce panel non représentatif de cinq jeunes adultes). Et de cette observation faire texte, du flux récent reconstituer le récit. C’est un échange ; il est réel, j’apprends toujours de ces textes-là ; et les remercie sincèrement ; c’est un récit de l’ordinaire, bien sûr, un de ceux qui ne sont jamais ou si rarement faits. Et les deux se regardent : le flux et son récit. Considérations d’usage du flux (« c’est que je n’y suis pas beaucoup, ou que j’y dis n’importe quoi, un peu…« ), mais double mouvement : le flux ainsi narré produit un récit de l’intime, générique et singulier / tandis que la remise à plat, en « ordre » (ou du moins dans un autre ordre) renseigne chacun (oui, un texte d’atelier enseigne débord son auteur, et moi ensuite) sur ce qu’il en fait, y fait, de ce vortex techno-ordinaire. C’est à lire ici, des choses telles que :

« (…) comme Chuck Palahniuk le dit si bien… tout ce que nous possédons finit par nous posséder, dernière publications sur instagram, je me fais les ongles, je choisis la mauvaise couleur, même mes mains et mes pieds ont plus de fans que la littérature. »

ou

  • « Chaque livre devient une part intime de moi à travers l’interprétation que j’en fais, à travers le sens que je mets derrière ces phrases. Je lis personnel.

  • Le réseau social, bizarrement parlant, n’est pas un miroir. Je mets un point d’honneur à ce qu’on ne puisse connaître de moi, pas grand chose de personnel. Exposer mes lectures serait comme exposer une photo de nu ou exposer un extrait d’autobiographie mollement romancée.

  • Au contraire, exposer ma vision du monde ne me semble pas si personnel. Le réseau social comme assurance de ne pas être la seule à penser ce que je pense. »

 

Notes sur l’encombrement et le paysage du & des bureaux

Et le deuxième temps, j’ai rejoué un autre aspect de la partition Perec (il y en a des centaines, c’est inépuisable, c’est une merveille ; il y en a des centaines sans même passer par les contraintes oulipiennes, ce que je n’ai pas fait depuis des années), depuis Penser classer, et son inventaire des objets du bureau, poser la question du bureau, réactualisée en somme : car le mot bureau, déjà polysémique (un espace où travailler devenu par métonymie première synonyme d’emploi – je vais au bureau), s’est démultiplié depuis l’ordinateur personnel. Questionner le bureau dans sa multiple acception, et l’écrire depuis un outil de classement, un logiciel de mind-mapping. D’un plan heuristique faire le format d’une écriture (qui peut se déployer en phrases, même), qui dans ce format s’individualise toujours (il n’y a pas un usage du plan en patates, comme il y a mille façons d’en cultiver). C’est passionnant à hacker, un outil de plan, comme il est passionnant d’envisager sa plasticité propre comme un espace d’écriture en soi. Et ça fait toujours, on y revient, apparaître du sens, par la mise en perspective de – revenons-y – nos différences de représentation.

Quand l’une d’entre elle envisage le bureau « physique » (le meuble, un plan et quatre pieds), comme « réel », et que sa voisine l’envisage comme « le reste », il y a quelque chose qui se dit là de notre lecture – de notre lecture de la lecture, de l’écriture, du travail, des objets de technologie — de notre lecture du monde, de ce si compliqué « réel » qui nous entoure et dont nous sommes. Une résolution d’aucune question, juste : une approche plus affine du mystère de notre être au monde, par jeu entre les choses et leur nomination.

Loué soit l’infra-ordinaire et ce qu’il permet encore, en ateliers – l’infra-ordinaire pour absolu contraire du storytelling, en somme. De l’intime fait partageable ; un récit du regard.

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« Les heures les heures les heures s’ajoutent aux heures aux heures aux heures. » | Pär Thorn, Le chronométreur, éditions Quidam,

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« Au milieu d’une séquence de travail où je mesure à quelle vitesse un employé visse une vis dans le produit et, pour ce faire, le retourne, ma montre cesse de fonctionner. Je fais comme Hedåker m’a dit, je garde mon calme et sors ma montre de rechange. Mais après seulement quelques minutes, la montre de rechange cesse elle aussi de fonctionner. Je suis frustré et interromps mon travail. Je vais d’abord dans mon bureau et cherche une nouvelle montre. Mais je n’en trouve aucune.est-ce qu’on les a volées ? Je me sens désespéré. Je vais chez un horloger et lui demande de réparer les montres. De les réparer dans la seconde. Il dit :

Ce sera fait au plus vite, mon cher monsieur, car tant que l’aiguille ne se déplace plus, le temps n’avance plus, et si le temps n’avance plus, la souffrance ne connaît pas de fin et l’on ne sait plus où donner de la tête. Et si l’on ne sait plus où donner de la tête, on devient fou. Et si l’on devient fou, on doit se suicider ou entrer à l’asile psychiatrique. Et si on y entre, on a le droit à la camisole de force, aux électrochocs ou à la lobotomie. Et la camisole de force limite nos mouvements. Et les électrochocs nous empêchent de penser. Et la lobotomie est la fin de toute bonne chose. Et le suicide est le plus grand pêché. Car si l’on en croit Dante, les suicidés se transforment en arbres. Et autour de cet arbre bondissent des lions mangeurs d’hommes. Et si l’on est athée, le suicide n’est pas un péché mais une solution illusoire. Et les solutions illusoires, mieux vaut ne pas y songer, car elles sont par définition parfaitement inintéressantes. Ce sera donc fait au plus vite, mon cher monsieur, car car tant que l’aiguille ne se déplace plus, le temps n’avance plus, et si le temps n’avance plus, la souffrance ne connaît pas de fin et l’on ne sait plus où donner de la tête. »

On sait sur remue.net à quel point Quidam éditeur n’a peur de rien, enfonce les portes les plus blindées la joie au cœur, que la maison porte en domaine de roman les voix les plus inouïes parfois (le Sombre aux abords de Julien d’Abrigeon, Le Silence de Reinhard Jirgl pour plus récents exemples) ; on le sait car Jacques Josse plus d’une fois l’a rappelé (ici, ou encore ici) ; car une soirée remue.net y fut consacrée il y a déjà quelques années. On le sait, mais à chaque livre ou presque c’est comme l’apprendre à nouveau ; apprendre à nouveau que le principe de surprise (de surprise effective profonde, littéraire — selon un principe d’inattendu plus que de nouveauté, qui n’exclut pas cette dernière mais ne l’érige pas en principe) des livres de chez Quidam est irréductible à quelque manière ou format, à quelque zone géographique ou préoccupation (politique, sociale) que ce soit. Zone nordique, pour ce court roman de Par Thörn, poète suédois ; un livre formidablement traduit par Julien Lapeyre de Cabanes (dont on peut lire d’autres travaux dans le dossier traduire de remue).

Ce roman conte une vie, la matérialise en mots — le livre tient entier dans l’espace d’une vie, quand tient entière une vie dans ces quelques pages. Une vie, dit à peu près une formule populaire, ça tient à, sinon rien, du moins à peu de choses ; eh bien celle-ci, de vie, tient entière dans sa mesure : car la chronométrie est à la fois la fonction, la qualité, le caractère et la profession de ce personnage, dont on saura pas même le nom. Il dit je pour nous mener au cœur de son obsession de mesure – obsession manifestement logique, d’une logique qui poussée à son terme en devient absurde. Et drôle. Très drôle, hilarante, même, parfois — mais à la façon la frénésie idiomatique d’un Charles Pennequin nous fait rire, d’un rire qui gratte, secoue, trépane un brin, façon danse de Saint-Guy :

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Les heures s’ajoutent aux heures. Les jours s’ajoutent aux jours. Les mois s’ajoutent aux mois. Les années aux années. Les bouchons de champagne sautent au plafond. Les heures les heures s’ajoutent aux heures aux heures. Les jours les jours s’ajoutent aux jours aux jours. Les mois les mois s’ajoutent aux mois aux mois. Les années les années aux années aux années. Les bouchons de champagne les bouchons de champagne sautent au plafond au plafond.

Les heures les heures les heures s’ajoutent aux heures aux heures aux heures. Les jours les jours les jours s’ajoutent aux jours aux jours aux jours. Les mois les mois les mois s’ajoutent aux mois aux mois aux mois. Les années les années les années aux années aux années aux années. Les bouchons de champagne les bouchons de champagne les bouchons de champagne sautent au plafond au plafond au plafond.

Les heures les heures les heures les heures s’ajoutent aux heures aux heures aux heures aux heures. Les jours les jours les jours les jours s’ajoutent aux jours aux jours aux jours aux jours. Les mois les mois les mois les mois s’ajoutent aux mois aux mois aux mois aux mois. Les années les années les années les années aux années aux années aux années aux années. Les bouchons de champagne les bouchons de champagne les bouchons de champagne les bouchons de champagne sautent au plafond au plafond au plafond au plafond.

(…)

Car, on l’a dit plus haut, Pär Thörn est poète, et que la vie de cafard de l’employé minuscule et modèle a déjà été si souvent évoquée littérairement, depuis Kafka, qu’il faut y donner forme, pour que cette forme en retour se niche et développe, dans un espace de déploiement ainsi contraint. Ici, le récit de la vie millimétrée s’organise en chapitres courts, qui font des petits modules, plein de récurrences obsédantes (dès le rappel, initial, à l’espérance de vie du personnage, dès la naissance – espérance de vie qui ira s’allongeant légèrement, comme en récompense dérisoire de cette économie qui aura guidé cette existence).

Car à la fin, pas de suspense, à la fin tout est fini :

L’enterrement dure trente et une minutes et quinze secondes.

Quidam fait un travail précieux, on l’a dit,

on l’a dit mais il faut le redire, et il faut redire aussi le plaisir que c’est de découvrir, de n’en pas revenir, d’être ainsi estomaqué, suspendu entre rire nerveux et larmes effacées, face à un livre qui conte une vie et la performe, pousse une logique à son terme malade sans sarcasme mais dans un grand rire « estrange »

Pär Thorn, Le chronométreur, éditions Quidam, traduit par Julien Lapeyre de Cabanes, janvier 2017

« On a vécu du temps » | De quelques ateliers d’écriture en 2016 avec la Maison de la poésie de Nantes & de leurs traces

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« On a vécu du temps » | De quelques ateliers d’écriture en 2016, de leurs traces

Parler ateliers d’écriture je l’ai souvent fait par ici, la maison de la poésie de Nantes est évoquée souvent par là, et je n’avais jamais jusqu’à cette année 2016 (celle qui vient de se terminer, pour laisser s’ouvrir sa suivante, 2017, que je vous souhaite tout-terrain, il faudra résister aux chocs) agi en ateliers d’écriture pour la maison de la poésie de Nantes. De cette expérience, j’ai envie de rendre compte, en biais.

La question de la publication en ateliers, c’est par le prisme de leur conversion numérique (dans ma pratique) que je l’ai  souvent abordée, laquelle, la résolvant nativement (en atelier connecté, le texte a vocation publique), la décentre en fait pour l’ouvrir autre, en faisant une composante du geste (déjà composite) d’écriture « solitaire-à plusieurs » telle que l’atelier l’induit.
Les deux ateliers de 2016 pour la MaisonPo, poésie fm (atelier de production, avec Julie Auzou, des textes (de collégiens) composant deux émissions de radio diffusées puis podcastées sur les ondes de Jet fm), puis celui de la gazette ci-dessous feuilletable, produite pour, vers & avec le festival midi-minuit poésie (16eme édition, décembre 2016, le lieu unique, Nantes) étaient d’une densité à la hauteur de leur enjeu multiple : mettre en main, en bouche, en dialogue, des ouvrages du plus contemporain de la poésie d’aujourd’hui, à des collégiens (pour poésie fm) et des lycéens (pour la gazette), impulser une écriture avec & depuis ces livres et auteurs, et tenir en parallèle l’impulsion, garder la main sur tous les sous-groupes (chacun produisant sa pastille, sa note de lecture, son texte « à la manière de »), prolonger par l’écriture l’étonnement premier, le plus fécond, de leur rencontre avec ces textes.

Poésie fm – à l’écoute.

Sophie G.Lucas, poète excellente, que j’ai remplacée au pied levé, et qui demeure l’animatrice principale de ces ateliers radio, est interviewée à ce sujet pour la revue mobiLISONS.

Pésie fm 1 – classe de 4ème D du collège Salvador Allende de Rezé. ECOUTEZ LE PODCAST : ICI

Poésie fm 2 – classe de 5ème J du collège Saint Blaise de Vertou ECOUTEZ CETTE EMISSION EN PODCAST : ICI

La gazette des lycéens.

La gazette est disponible dans sa belle maquette et son format 8 pages A4, à la maison de la poésie de Nantes – et Télécharger la gazette 2016 en pdf, ici

Version feuilletable

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Edito

On a dit c’est quoi ces textes, de la poésie ?

On a ouvert les livres, on les a parcourus, on a tourné les pages, on les a refermés, énervé, intrigué ou inquiet — on a été surpris, ému, choqué, interrogé.

On a écrit : à plusieurs mains, des mots en majuscules, des mots en colonnes, des copier-coller, ce qui avait chagriné ou déconcerté, on a dessiné.

On a vu : des visages s’éclairer, des élèves s’engager et lire en silence, des élèves en désaccord, chacun défendant son idée du texte.

On a entendu : étrange, bizarre ,  » trop ouf », trop bien, ça change.

On a vécu une rencontre, des rencontres, des échanges, on a vécu du temps : une appropriation progressive (du c’est quoi, de ces textes, de la poésie).

Delphine Bouteloup, Béatrice Clergeau (avec l’aide de Guénaël Boutouillet, on s’est servi d’un aspect du travail de Frank Smith).

L’AVANT APRES

Poésie, pas poésie  ?

Poétique, ça dépend des fois.

Une fois  : Il y a des vers, et parfois des syllabes, il y a des fautes de frappe, il y a des numéros des fois, et les mots employés, les insultes tout ça  , c’est pas commun, c’est pas de la poésie, c’est des mots, juste des mots, on dirait qu’il prend des bouts de phrase, qu’il met bout à bout, et ça n’a aucun sens, ça a un peu la forme d’un roman, c’est spécial, on a l’impression qu’il a écrit n’importe quoi, la présentation elle ressemble pas à de la poésie, là on voit pas trop de poésie, mais ici oui, ça existe la poésie en prose, mais là, j’arrive pas à piger la logique on a l’impression que rien ne s’enchaîne, en fait on comprend rien, y’a plein plein de mots, y’a pas de phrases, c’est très saccadé, on a l’impression qu’elle a mis les mots au hasard, on dirait que c’est pas organisé, mais là y’a de la poésie, ce qui est poétique, c’est l’ensemble des phrases, de la poésie y‘en a pas là-dedans ! c’est des jeux de mots, ça veut rien dire, les mots n’ont pas trop de sens, y’a pas de ponctuation, on dirait surtout une succession de pensée, c’est dans l’énumération, c’est étrange étrange, très très très étrange, la forme, je ne vois pas ce qu’il y a de poétique, c’est déroutant, vraiment bizarre, ça n’a aucun sens, la personne a aboli toutes les règles de l’écriture traditionnelle, de la syntaxe, 6 pages sans ponctuation, c’est vraiment bizarre, de la poésie oui et non, c’est plein d’allégories et d’anaphores, il y a de la musicalité, c’est comme des fourche-langues, c’est des trucs truqués, y’a écrit au début. C’est elle qui les a inventés, y’a de la moquerie à moitié, ça se voit que c’est de la poésie de maintenant, y’en a ils sont un peu hardcore.

Une autre fois  : Oui c’est de la poésie enfin ça dépend de la perception de la chose, oui, en tout cas ça reste de l’art puisque ça provoque des sentiments chez les gens et du moment où on reste pas insensible on peut considérer que c’est de l’art, avec la partie lyrisme, les chants du début, certains passages s’apparentent à de la poésie, d’autres moins, je pense que c’est un mélange, je trouve que c’est pas de la poésie, au sens où il n’y aucun des indices poétiques qu’on nous a enseignés, après c’est son style à lui, mais moi je trouve que c’est de la poésie, contemporaine, moderne, je ne sais pas, il y a des moments qui sont beaux, quand même, et moi je pense que ce n’est pas de la poésie mais il y a des moments très intéressants, pour moi y’a quand même de la beauté dans ce qu’il dit, et la beauté c’est quand même la base de la poésie, non  ? Moi j’ai trouvé que c’était à la croisée de la méditation et de la poésie, un peu comme de l’hypnothérapie, pour moi oui, c’est de la poésie puisque ça me détend, la poésie c’est pas obligé d’avoir une forme fixe, et quant à ce dont ça parle, pour moi la poésie c’est pas supposé parler d’un thème précis dont ça ne me gêne pas plus que ça,

On s’attend absolument pas à lire ça, au début on se dit que c’est pas de la poésie et après réflexion on se dit que si, c’est juste que c’est pas une poésie habituelle, en fait, mais oui, je pense que c’est de la poésie,

en tout cas si c’est pas de la poésie, ça y ressemble.

Et l’ours :

 MIDIMINUITPOÉSIE#16 – du 7 au 11 décembre 2016 / NOTES DE LECTURE, CRÉATIONS
Écrite par les élèves de 1ère L du Lycée Jules Verne – Nantes et les élèves de 2nde B du Lycée St Joseph du Loquidy — Nantes.
Les gazettiers : Coordination éditoriale : Guénaël Boutouillet / Enseignants : Delphine Bouteloup & Béatrice Clergeau / Enseignantes documentalistes : Isabelle Lanta, Béatrice Millecamps & Claire Daguenet / Maquette : Arthur Escabasse
Classe de 1ère L du lycée Jules Verne :
Clara Blouet, Solenn Gargadennec-Taupin, Joanna Potet, Romane Averty Latouche, Lucie Malevialle, Niels le Moine, Emma Ducroux, Maïa Millot, Lucille Charpin, Johanna Pham, Clémence Deborde, Marianne Bazin, Alix Saint-Gilles, Maëliss Gauthier, Justine Cognard, Matéo Frisano, Jade Allami, Maud Dussart, Emma Bazile, Juliette Fournier, Charlène Guillot, Sara Micalizzi, Samuel Ballu, Emilie Fraise, Adrien Granjon, Zéia Foulongani, Emma Cassildé, Ayoub Battoy, Aurore Contassot, Dieynaba ba, Fatima Seye.
Classe de 2ndeB du lycée St Joseph de Loquidy :
Flavie Minier, Cyprien Jarry, Léo Tomasso, Yvan Sansoucy, Alix Le Hiboux, Capucine Pignolet, Margaux Jouret, Marius Bouffant, Elise Jadaud, Lisa Queinnec, Domitile de Blignières, Mathieu Bodereau, Baptiste Chaillou, Manon Mahé, Clémence Thorel, Françoise Mescheriakoff, Lucas René, Alfred Loquillard, Marie Lefebvre, Willy Mercier, Marie-Bertille Depardieu, Lise Salvador, Camille Lebreton, Antoine Labeyrie, Adrien Daniel Thezard, Émilie Craneguy, Justine Artusse, Maxime Bocquier, Marie Alègre, Juliette Naux, Jules Demars, Gauthier Cornuaille, Hugo De la Chapelle, Flore du Teilleul, Maeliss Guibert.

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MIDIMINUITPOÉSIE#16 invitait :

Marie Cosnay, Frank Smith, Thomas Vinau, Clémentine Mélois, Amandine André & Hélène Breschand, Samantha Barendson & Samir Aouad, Luc Bénazet, Deborah Lennie & Patrice Grente, Tone Škrjanec, Tina Darragh, Marcella Durand, Tonya Foster, Pierre Escot, Julien d’Abrigeon, Vanille Fiaux & Jonathan Seilman, Tapin2, Les Divisions de la joie, La Moitié du Fourbi, Vacarme, la Folie Kilomètre, le Label des Cousins crétins.