CIRCUIT COURT – en librairies et vidéos

Dans le cadre de Circuit court, projet d'aide à la filière du livre en Pays de la Loire, dont j'ai eu la joie depuis l'automne dernier (au gré des déprogrammations et reprogrammations en contexte Covid) d'assurer la coordination et programmation littéraire avec Mobilis, l'ALIP et Coll.libris (tout est expliqué plus bas), nous avons eu l'idée … Lire la suite CIRCUIT COURT – en librairies et vidéos

Faire 800 secondes, podcast (saison 1) / 12 minutes, pour lire-dire au moins deux livres

Car parfois, n'êtes-vous pas un peu las, de VOIR juste des livres, un peu lassé.e.s de JUSTE les montrer, de n'en voir énoncé que du slogan, de la formule en 280 signes ? On s'est laissé un peu de temps (pas trop non plus, quelques minutes) pour parler de livres et tirer quelques fils qui peuvent les relier.

« Comme au temps de la grotte aux chauve-souris près de la Vierge blanche ou de la luge derrière le cimetière ». | Florence AUBENAS, L’inconnu de la Poste (éditions de l’Olivier, février 2021)

"Comment elle nous fait voir, et sentir, Florence Aubenas, et comment ce voir et ce sentir nous rendent aptes à imaginer. C'est une qualité seconde et primordiale de ce travail, de nous permettre — de nous projeter, de ressentir, de juger si l'on souhaite, après tout c'est notre affaire intime, notre lecture. Cette monumentale rigueur est très généreuse." Florence Aubenas, L'inconnu de la Poste, éditions de l'Olivier, parution le 11 février 2021.

L’imagination sans pouvoir

De la rentrée, des bruits de langue et d'autres choses, belles malgré tout

C'est l'heure anniversaire (prière de ne pas prononcer le « e » final du substantif sous peine de malheureux jeu de mots), un an qu'on se flippe et patine face, avec, dans ce nouveau monde avec (Covid), qui est d'abord un monde sans (… listez vous-même, c'est bien trop long).

Et quoi d'autre que... l'attente. L'attente, pas même de lendemains meilleurs, juste du prochain verrouillage, dont on sait l'imminence tant on laisse « fuiter » depuis des jours la mauvaise nouvelle – c'est un film à suspense an plus petit budget scénario depuis Plus belle la vie, je crois.
On attend on fatigue, on tient.

La médiation littéraire, c’est quoi ? (Work in progress)

(Parce que ma fonction est toujours transitive,  et mon autorité toujours adressée.) Ilona Riou-Artus m'envoie des questions quant à la médiation littéraire et à la modération de débats, ce que je qualifie comme étant mon métier... et comme après une journée  d'études, et un portrait dans le magazine de Mobilis, c'est la troisième fois que je tente de répondre à cette interrogation, qui me travaille moi-même, voici mes réponses, amplement développées, à ses questions. (comme il y a de la matière, et des questions nous parlerons d'un work in progress - to be continued, donc...

Aroa MORENO DURAN, De l’autre côté, la vie volée, traduit de l’espagnol par Isabelle Cugnon (J-C. Lattès, 2019)

(Où il apparaît que le fait qu'un livre m'ait plu me plaise plus encore, en ce qu'il me confirme que ce qui n'a pas plu à autrui peut me plaire, sans que ce désaccord de goût ne nuise à l'entendement ; qu'au contraire même, de l'arpentage délicat de ce malentendu puisse naître un plaisir redoublé.)

FAIRE UNE LISTE – FAIRE DES LISTES (la rentrée sous toutes les coutures, à Saint-Philbert de Grandlieu et ailleurs)

FAIRE UNE LISTE – FAIRE DES LISTES   Cet article pourrait, ô mise en abyme, s'intituler « La liste des listes ». Depuis plusieurs années la rentrée littéraire m'occupe et c'est une joie que d'en valoriser la diversité selon plusieurs modalités – promenant une valise de #rentrez, invitant des auteur.e.s pour On rentre ! (à Saint-Philbert de Grandlieu, … Lire la suite FAIRE UNE LISTE – FAIRE DES LISTES (la rentrée sous toutes les coutures, à Saint-Philbert de Grandlieu et ailleurs)

« « Il s’agit de donner des yeux à la pensée, ou du moins meilleure vue, par des combinaisons de mots qui fassent projecteurs, lunettes ou loupes. » » |Sandra  Lucbert, Personne ne sort les fusils (SEUIL, collection Fictions et Cie, août 2020)

Parmi les romans de cette rentrée littéraire s'est glissé un essai foudroyant, d'une romancière remarquable – l'essai n'est pas une fiction, pas un roman, mais il traite avec les outils de la littérature (un usage et un rapport au langage, inventifs, questionnant) de ce qui se passe pour une fiction mais dont l'impact est bien réel – la liquidation des vies sous le joug du flux/ du flow économique. Sandra Lucbert a assisté au procès France Télécom, dont on a déjà oublié qu'il eut lieu,

Virginie Linhart, un entretien à propos de L’effet maternel (Flammarion, 2020) | (Oh les beaux jours !, 2020)

https://Série Journal d’un autre, © Frédéric Lecloux / Agence VU’

((Faire avec, en confinement) A l’instar du Printemps du livre de Grenoble, la belle équipe du festival Oh les beaux jours ! a imaginé une version distante. Très heureux d’y avoir contribué, par trois fois. cet entretien avec Virginie Linhart, dont le très beau livre "L'effet maternel" (Flammarion, janvier 2020), traite selon des modalités documentaires une histoire familiale intime pour en faire un "autodocumentaire" à la fois touchant et au pouvoir générique, universel.

Claro, à propos de La maison indigène (Actes sud, 2020) | (Oh les beaux jours !, 2020)

La belle équipe du festival Oh les beaux jours ! a imaginé en 2020 une version distante.
Très heureux d’y avoir contribué, par trois fois.
Et pour finir, cet entretien avec Claro, dont cette Maison indigène (Actes sud, mars 2020), parue juste avant le confinement, est une exploration fascinante d'une histoire familiale oubliée, un arpentage de ramifications littéraires, historiques, identitaires - toutes pareillement déconstruites, dans une grande clarté.

Sylvain Prudhomme, en triplex Arles-Nantes-Marseille (Oh les beaux jours !, 2020)

((Faire avec, en confinement) A l’instar du Printemps du livre de Grenoble, la belle équipe du festival festival Oh les beaux jours ! a imaginé une version distante. Très heureux d’y avoir contribué, par trois fois. Et pour commencer, cet entretien avec le cher Sylvain Prudhomme, vieux complice multiplement présent sur ce site, discussion autour de … Lire la suite Sylvain Prudhomme, en triplex Arles-Nantes-Marseille (Oh ! les beaux jours, 2020)

« des mécaniques à l’œuvre, plus ou moins animées par des battements de cœurs d’hommes ou d’animaux en fuite » | Frédérique Cosnier, Pacemaker (éditions du Rouergue, mars 2020)

Le roman de Frédérique Cosnier est un régal, de lecture et de relecture, donc, tant les motifs, qui sont semés en discrétion, discrètement construisent, quelque chose de l'ordre de la vision (mais d'une vision d'ensemble, de l'ensemble du monde, par l'ensemble des sens, du monde vu en dansant.
On ne revient pas au pitch, donc, même si ce qui se trame d'immense et minuscule, plusieurs fois dramatique, est bouleversant, et on laisse la parole à la langue à nouveau donc, pour dire, redire, comme c'est beau.

D’un futur mis au passé faire un possible au présent | Antoinette Rychner, Après le monde (Qui-vive, Buchet-Chastel (2020))

– comme les mauvaises herbes surgissant du goudron urbain me semblent plus efficaces à affirmer que quelque chose doit ne plus être pareil après ce que nous vivons en ce printemps 20, plus performantes qu'un discours performatif (celui qui affirme, doigts croisés, que « Rien ne sera plus pareil »).
Après le monde, est donc, tout romanesque soit-il, sinon un essai (car la fiction y règne), du moins une très belle tentative de produire de l'Après – dans la fiction, dans le poème.

« Il n’y a pas d’hypermarché Auchan dans le Jura. » | Pierric Bailly, Les enfants des autres, P.O.L , janvier 2020

(Je me suis promis ici, dans ces semaines qui existent, n’existent pas, existent, n’existent pas, en ce printemps 2020 sous cloche antivirus, de parler de quelques livres fantômes, de ceux qui n’auront / n’auront eu que peu de temps (voire pas du tout) pour exister à nos yeux sur les tables de libraire (....)
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Ce livre est une drôle de glissade dont on ne dira pas la fin, sauf que d'autres twists, c'est garanti, il y en aura, et jusqu'au bout.
L'ordinaire n'est jamais lisse, le quotidien jamais une simple surface.
La famille, aussi belle et aimante puisse-t-elle être, est, et demeure une fiction – c'est à dire une construction, aussi parfaitement réfutable que source de mille possibles.