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Tout m’est permis, épisode #4

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J’ai des alliés.
Leur nombre est variable, et nos alliances jouent des circonstances, lesquelles circonstances sont elles-mêmes changeantes, dépendant de multiples facteurs : du temps qu’il fait dehors, de la saison, des rapports entre le temps qu’il fait dehors et la saison ; de l’heure qu’il est dehors, des rapports entre l’heure qu’il est dehors et l’heure qu’il est en moi ; de mon assise en ce siège où d’agir j’attends, des rapports entre l’assise effective de mon corps en ce siège et la sensation que j’en ai (cette peine immense à en appréhender les limites et contours, dès que ceints dans cette assise-là) ; des flux et reflux de la circulation routière, des flux et reflux de la circulation intérieure, des rapports mouvants entre les deux circulations : démarrer, par exemple, ne se fait pas toujours aisément. L’assise validée, il convient d’osciller du chef en toutes directions avec méthode pour vérifier que de voitures à l’approche il n’y a pas (ni vélo ni piéton ni chien), puis de prendre sa décision, en intelligence avec les constatations topographiques engrangées par cette giration du chef (ni vélo ni piéton ni chien, pour l’instant – mais combien mesure-t-il, cet instant), de se tenir à la décision prise (démarrer braquant à gauche, avertisseur clignotant gauche enclenché : exécuter les gestes enchainés fluide, réflexion sitôt faite sitôt ajournée, mais cette ambivalence-là, en faction : une réflexion est à revoir, reconsidérer, reprendre, à l’aune des changements du contexte, des surgissements éventuels (une voiture vélo piéton chien). Il faut être ferme, à sa décision se tenir (à gauche on a dit à gauche). Mais il faut être fluide, alerte, d’une décision toute pimpante neuve s’emparer (stop on a dit, voiture vélo chien stop, stop). Le tout n’est pas de prendre une bonne décision, il faut pouvoir le refaire – c’est-à-dire en prendre une autre, une infinité d’autres, ci-incluant : la même (variée) en circonstances proches, la même (variée) en circonstances éloignées, son inverse en circonstances autres, mais aussi son inverse en circonstances approchantes – les circonstances sont infiniment changeantes, immensément variables. Les circonstances jouent contre. Les circonstances sont l’ennemi. Il me faut me jouer des circonstances, à la fois passer outre & faire avec. Tornade décisionnelle, maëlstrom réflexif (à gauche non voiture pied posé ensuite oui clignote à gauche et gauche non oups chien stop reprendre gauche puis droite mais vélo plus loin droite ralentir surveiller puis agir), le flux financier international n’est pas un torrent si vaste que ces flux-là d’informations.
Heureusement, j’ai des alliés.
Mes pieds sont au nombre de ces alliés.

A ces alliés il faut chaussure à leur pied, il faut les munir en confort et souplesse et fermeté, rigueur, technique, il leur faut une chaussure qui procure et détente et légèreté, qui soit robuste et fonctionnelle, dont le chaussant soit optimal, et l’amorti autant, l’amorti c’est important, sans oublier l’aspect détente, qui ne doit pas pour autant primer, mes chaussures doivent m’aller comme des chaussons, elles vont comme mais ne constituent pas chausson, ces chaussures devant demeurer des chaussures, pas des chaussons, car d’une part, qui : sort en chaussons, d’autre part, qui : conduit quel véhicule en chaussons, et puis enfin, qui : qui combat en chaussons (car c’est un combat qui s’engage). Optons pour une version sport, légères robustes fonctionnelles c’est ainsi qu’elles vont aider, aider à agir au mieux. Voyez ces vieilles baskets, faites puis défaites à mon pied, trop usées même pour le sport, troisième main troisième peau, parfaites.
Mais non. Ce n’est pas encore ça. La semelle un peu accroche, me dis-je en fin d’heure de conduite, après ces calages, hoquets et cet effarant enchaînement de mauvais choix qui furent les miens, la semelle oui accroche et ça ne va pas, ça ne peut pas, si mes pieds sont mes alliés, que mes chaussures sont leurs armes, et que la semelle accroche, alors les armes de mes alliés sont déficientes, (ni souplesse ni fermeté, ni rigueur ni technique, ni robustes ni fonctionnelles : impuissantes – que me voilà démuni). Désarmé. Rien ne semble convenir à mes deux pieds devenus palmes, raquettes, jouez donc des pédales en raquettes, vous verrez (m’abstiens-je de dire, à l’assis perpétuel ensuqué stable à mes côtés).
Ces alliés manquent, faillent, pèsent.
Peut-être s’agit-il d’elles en fait, mes deux raquettes en bout de jambe, qui font défaut, qui sont défaut, mes pieds sont des circonstances, et ces circonstances nuisent.
Si j’ai le choix des armes, je n’ai pas le choix des alliés.

Tout m’est permis, épisode #3

(Lire l’épisode 2.2)   (Reprendre au début)

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6 heures et suite, par froide matinée d’hiver.

C’est lundi je me lève je ne travaille pas. Ce lundi je ne travaille pas je me lève. Ce lundi dès 6 heures je me lève je ne travaille pas, je me lève car je dois. J’attends depuis longtemps je dois. Je me lève je ne me recouche pas, le lundi c’est comme ça, j’attends longtemps puis me lève (mon attente se lève), puis me déplace (mon attente, déplace), de quelques mètres. Puis me pose – glisser déposer mon attente, quelques mètres, eux pièces, plus loin. J’attends comme j’attendais – de me lever j’attendais, je l’attendais comme on attend le sommeil lointain. Levé assis je continue, j’attends.

Levé assis, six heures et cinq minutes un jour chômé je me demande. Je me lève d’attente, depuis de longs moments j’attends. Levé dès l’aube ce lundi j’attends que sais-je, que lundi soit, j’attends qu’il vienne. Il fallait aller aux toilettes, où il fait froid – l’hiver dans cet appartement domine, et les toilettes lui sont royaume. Je devais venir  j’en avais envie, ce mot si souvent pour un autre, comme un doigt d’enfant timidement levé dit j’ai envie, il le fallait. Il est six heures et huit minutes, ma montre est belle c’est vrai me dis-je, le cadran tourne l’aiguille est fixe, je la regarde encore, je me lève – non. Mon assise me regagne. Et sous la lumière du néon ça reprend, ce qui s’appelle envie, à tort, ce qui s’appelle besoin, à tort, reprend. Et sous le néon je me vide, laborieusement, je me vide mais plus ou moins, je me vide approximativement.  Mon corps et mon transit hésitent, l’information les concernant fluctue, je récapitule sans effet, mangé quoi qui hier au soir, des légumes de la viande des liquides, trop ou pas assez de fibres, toute hypothèse valable, l’information s’en va venant.

Et je sais bien que rien n’y change, que c’est souvent, les lundis, ces levers si matinaux, c’est si souvent l’ennui gastrique, l’affaire dure pour laquelle j’ai déjà accusé les légumes, les lipides, les liquides, la fiesta, les tapas, le café, les alcools forts ou faibles, la fatigue, fatigue passagère ou bien de fond ou bien virale ou microbienne, nos week-ends pauvres en sommeil, cette écume de vie étudiante qui sied mal aux corps vieillissants – mais non ma montre belle c’est vrai me le dit j’ai trente ans, pas même encore vieillissant, tout au plus attendant – de vieillir, de grossir, s’amollir, s’alourdir, se détendre se plisser – notre corps levé pour feindre, pour feindre l’encore jeunesse, feindre de n’être pas assis d’attente.

Mon affaire affligeante, son information fluctuante. Rien ne vient vraiment, rien ne cesse pour autant. En aurai-je enfin, quand, fini, de mon affaire accaparante, qui n’est nulle besoin nulle envie, qui n’est qu’une charge, irai-je aller me recoucher alors, aurai-je le temps de dormir encore alors, envie serait impropre, de besoin il y a, oui, retrouver le sommeil laissé, le retrouver avant d’à nouveau le quitter, quand il est quoi six heures quatorze ma montre est nette, d’où appert qu’il sera bientôt sept, ce qui ne laisse le temps de rien, d’aucun sommeil authentifié, de l’artefact, du trois fois rien.

Autant demeurer dans l’étreinte de l’attente, dans l’information flottante et puis,

Et puis je ne suis pas certain même d’en avoir fini, mon embarras gastrique m’attend je le sais, qui sitôt remis dans la tiédeur des draps se réveillera. Affalé dans ma confusion j’attends.

Six-heure vingt-six, la route est longue jusqu’à sept heures, lundi alors naîtra, me dis-je. Lundi naîtra long dans l’attente. Trouverai-je un calme, vivrai-je un repos rien n’est moins sûr, quant à mon indéfinie purge en vient-elle à son terme, je ne sais, en cette heure assise, problématique, en cet endroit-là, une chose seule me semble sûre : ma leçon de conduite est à neuf heures.

Tout m’est permis, épisode #2.2

(Lire l’épisode 2.1)   (Reprendre au début)

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Il vient l’air frais le voilà, récompense pour la peine investie, ça y est c’est fait on est passé, c’est soulageant c’est comme en course à pied, après l’effort grand réconfort, quand enfin la chimie intérieure nous envole et qu’on déroule allègre, respirer des mollets, f l u i d e, pas non plus t’emballer, après la pente viendra du plat ton corps le sait pour toi, il faut se tenir prêt pour relancer l’effort, ready but : cool reste cool, reste cool mon ami, me dit-il mon ami mon cher ami camion qui, faut-il croire, me parle, la fonction créant l’organe, un ami c’est ainsi : ça écoute et ça parle en écho, en écoute, camion m’est ami donc il me parle mais – mais il me parle f l u i d e, solidaire – en sus de quoi, en ami haut-de-gamme, il m’aide aussi par le geste, filant un train d’éponge, en cohérence, par le geste il souligne ses mots c’est cool, cool dont il multiplie les oo pour le faire suave, limite herbeux, cooool, ce qu’il faut c’est du cool, dans le cool demeurer, dans le cool se couler, se lover, bien calé. Je maîtrise (et je ne calerai pas, j’ai toute autorité sur ma secondetroisièmedeuxième, vitesse).

Eh bien, me dis-je. Content. Je suis, content. Se le dire. On n’a pas si souvent l’occasion. On n’en prend pas assez le temps. Je suis content : content de moi, de ma maîtrise. Mon contrôle, contrôle de moi-même dans la situation dont je suis l’inducteur, contrôle de moi et d’au-delà de moi. C’est qu’il en faut, en réserve, de la présence rassurante. Cool est tranquille. Tranquille, un peu traînant sous le an, comme en continuité du oo de cool. L’obstacle est franchi – ce pont n’était qu’un pont. L’ascension fabuleuse est passée, elle repose derrière nous, qui n’avons plus qu’à nous laisser descendre (cools). Vision panoramique, comme c’est joli vu d’ici, vraiment, ça valait le déplacement : à gauche, la rivière s’évasant vers l’aval, rives tachetées d’entrepôts, zones plus ou moins portuaires, semi-industrielles, on sait trop mal nommer cette grisaille des plans ; à droite la touffeur du pavillonnaire, desserrée peu à peu pour se ramifier en intrications verticales, jusque vers ce qui là-bas culmine en quelques tours, isolées, les plus hautes, une verticalité centrale qui se doit d’être vue de loin.

Me dis-je.

Lui, rien.

L’assis, à ma droite, rien. Je l’avais oublié, tout à mon amitié nouvelle compliquée d’audacieux schémas mentaux. Et puis ce paysage quand même, duquel profiter dans l’après de l’effort. J’entends enfin son silence, qui se prolonge. Schéma mental, deux trois quatre – mais qu’est-ce qu’un arbre à came, me demandé-je soudain. Le camion peine, l’assis prolonge son silence. Coupé pas même par un souffle.

Il y a quelque chose qui.

Me dis-je.

Il prend les commandes, accélère (un peu brutal, à mon avis que je garde), se tait, le compteur remonte, 60, c’est vrai nous en étions arrivés là, tranquille, 70, 80, 90, 100, en un éclair (peu tranquille, voire brutal, un éclair et c’est l’orage, à mon avis qu’encore je garde), ça a de la reprise ces bagnoles j’aurais pas cru, gardons aussi. J’enterre oui mais, j’enfouis tous mes oui mais sous la litière comme font les chats.

Il cale le compteur à 100 et me remets la main droite, intimidée, sur le levier de vitesse. Ne dit plus un mot, n’en dira plus un jusqu’à notre arrivée à bon port. D’ici là m’innerve encore et gonfle, la honte qui m’affirme me serine que grosse est ma connerie, qu’on la voit facile d’avion, je me répète que troplahonte, que vraiment, que nulputaintropnul vraiment, pas bon ah ça putain c’est sûr pas bon, le roi des, à rien, à rien, à rien. Honte n’aidant non plus à rien, je prends les mauvaises voies, cale à tout démarrage, ne fais rien de bon, ne sais plus rien, n’ai jamais su. Jamais. Tout allait pourtant si bien, une heure avant, passé lointain.

Le ciel se charge, nous aurons de l’orage.

(Lire l’épisode 3).

Tout m’est permis, épisode #2.1

(lire l’épisode 1.3)

Matin de mai, il est dix heures 35 en 2004

Temps clair ciel dégagé, nous roulons et roulons bien, en approche de périphérique, je suis aux commandes et m’y trouve à mon aise, à croire que conduire est possible, à en croire même que c’est parti,

on dit comme ça, c’est parti,

et c’est parti fini d’attendre réflexion pfuit, les choses (nerfs chairs et tissus contrits) s’ouvrent et font place nette à un silence aéré, loin l’astringence ça roule, je fluide, pour un peu passerais un coude (fluide) par la fenêtre ouverte, belle pénétration dans l’air fluide, enverrais de la pop en cristal fluide dans l’air clair du printemps éternel, dans l’éternité d’un printemps clair,

je vais m’insérer je m’insère, fluide, à nous deux vieux périph c’est parti,

de la pop cristalline et tonique, mancunienne, à tue-tête, prendrions la tangente le chemin des vacances, well done, il ferait grand ciel à jamais, un good fluide et harmonieux trip, qui m’aime me suive et clins d’œil chics anglais, pas beau la vie, lui rirais-je volontiers en complice ?

À lui l’assis, toujours, à droite.

Allez dirais-je, imaginerais-je, allez l’ami on se détend, ça roule, hein, ça file fluide, fluide. Fluides, à nos aises.

Conduire semble possible, conduire semble venir, à croire que conduire me vient, viens viens j’arrive, attend.

Attend l’émergence attendue, que voilà déjà le voilà, voilà, à peine esquissé déjà monument il s’impose, pointant légende à l’horizon, LE PONT, le fameux Pont de, fierté locale, une bosse immense si majestueusement élancée à travers brumes, une bosse immense mais fluide, si redouté par d’autres faibles de cette espèce mienne, les piètres, celles et ceux qui ne savent je les connais, n’y arrivent pas sans mal je connais jusqu’il y a peu j’en étais, le voilà qui s’annonce, il attend, j’arrive.

Control, commandes : passe la quatre, appuie, passe la cinquième mais, attention, prends garde ne pas trop en faire, stay fluide, et calme, s’il est bon de se mouvoir dans la confiance gardons-nous de tout emballement Halte-là, mollo, schéma mental dessine

un plan rapide crayonné jeté vif

deux trois quatre cinq, il faut, tu dois embrayer débrayer un des deux, tu dois je passe en quatre dans les premières pentes du pont, ça marche, j’ai bon. Ravi, je me cale derrière un camion, de livraisons, de pêches, ou, de quoi, c’est un mot espagnol non, le transporteur lui Hollandais comme me l’indiquent l’enchâssement de multiples u, o et H, mais peut-être affirmé-je Hollandais sans savoir, car après tout j’en sais si peu, encore, de mon compagnon camion. Je le suis. Je l’escorte. Ma présence rassurante. L’équipier-socle et silencieux (c’est moi), gage de confiance (re-moi), celui sur qui l’on peut compter : c’est moi.

J’accompagne le camion mon ami, le tranquillise ppeulà, fluide, confiant il semble et ralentit.

Il ralentit.

Il ralentit,

ralentit,

ralentit, jusqu’à me faire repasser en troisième étonné toussant, ahanant, schéma mental quatre cinq trois deux cinq trois mais que faire, il n’y a vraiment rien d’autre, aucun levier, rien hors la cinq-un-deux-quatre-troisième pour issue ? Poussant mentalement notre véhicule vers le sommet, sommet de ce pont fameux pont fierté locale, immense majestueux élancé, passer, j’y mets intérieurement du geste ppppeulà, pupilles serrées abdos rentrées, passer, passer j’y arriverai, passer ensemble, mon compagnon camion et moi unis, dans la même peine passer, passer le sommet de ce pont fameux pont fierté locale, un point

un point qui semble s’éloigner à mesure que l’aiguille du compteur verse, immanquablement, à gauche, sous cinquante,

Rallez,

Encorallez,

trois cinq deux quatre six non trois quatre (un schéma en volumes en 3D, bientôt, toutes ces boucles, ces spirales)

à force d’acharnement d’écrasement inédit d’une pédale (mais laquelle) sous l’effet insistant d’un schéma persistant rétinien (ce drôle d’effet optique),

le sommet nous soulage.

Et,

bascule non immédiate ,

très légèrement différée même,

pédale pied vitesses chiffres et schéma tous soudain glissent hors de moi, s’estompent,

tout s’estompe, fluide en somme.

Voir l’air frais.

(–>à suivre)

Tout m’est permis épisode 1.3

(lire l’épisode 1.2)

Je passe mon permis de conduire, j’apprends – je n’apprends pas tant à conduire, qu’à passer mon permis de conduire. Mais je ne sais pas apprendre, qui saurait ? Apprendre ne s’apprend pas, me dis-je, mais ce n’est pas le moment. Le moment est à continuer de se taire, attendre. Une chose acquise est que : je m’exerce, fais et refais les mêmes actions non, action n’est pas le mot, fais et refais les mêmes gestes, indécis, qui provoquent les mêmes résultats, les mêmes manœuvres, les mêmes itinéraires, les mêmes démarrages hoquetant puis brutaux puis freinés puis, à horaires plus ou moins fixes je fais et je refais,

traçant une géométrie bien mystérieuse vue d’en haut,

cercles de culture tracés main gauche,

un dessin, fœtus en vrac, ballons crevés,

un signe, adapté certainement mais à quoi.

Je fais et refais

interminable

fais et refais

immensément fatigable

je re

fais et refais avant tout les mêmes conneries les mêmes, mêmes conneries grosses comme moi me dis-je, c’est énorme comment puis-je, souvent me dis-je, moi qui suis long maigre nervuré métallique, métal immense dans habitacle immense et mou, comme mes conneries sont grosses me dis-je, grosses comme moi qui ne le suis pas me dis-je, ça fait comme un manque quelque part d’accord me dis-je – les mêmes conneries plus grosses que moi font masse, je ne vois qu’elles elles font un peuple muet, une masse amorphe qui fait écran, je ne sens qu’elle, ma connerie mienne gonfle quand moi rougi et souffle entravé constate,

peux pas mieux, réfléchis, peux pas mieux,

constate,

ma connerie fait airbag, réfléchie,

constate,

vue d’en haut elle déborde de la (petite) clio rouge, ça pourrait s’avérer utile, mais il se pourrait aussi qu’elle nous étouffe à gonfler tant et tant, je souhaite fort qu’elle cesse son expansion lourde et pleine mais constate,

ma satanée connerie furieuse,

constate,

mon incontrôlable connerie,

constate,

ma connerie qu’il contemple l’assis à ma droite (et je ne le regarde pas), qu’ils contemplent les assis, contemplent et contempleront (et je ne les regarde pas), le défilé d’assis interchangeables à ma droite, qu’en fait ils ne contemplent pas c’est inexact, puisque perdant d’emblée, comme immensément fatigables, la patience qu’il conviendrait, pourtant, de m’enseigner. Ils constatent agacés, je contemple sidéré. Leur incomberait pourtant, je pense (crois penser), de m’enseigner l’infinie patience.

Je fatiguerai l’infatigable.

J’apprends.

J’attends. Ne les regarde pas.

J’apprends une chose seule, en l’instant, seul, j’apprends la honte, l’infatigable honte.

Attendre,

finie fatigue,

d’attendre. J’attends d’avoir fini d’attendre.

(–>à suivre)

Tout m’est permis, épisode #1.2

(lire l’épisode 1.1)

Notre attente en partage, fait : quelque chose entre nous de commun.

Je dois comme lui, je dois tout comme lui. Comme lui. Comme lui, corps et postures et virilité à mon rôle adaptés, attend. Comme lui attend, j’attends. Comme lui comme eux comme tous. Ils sont chaussés de baskets, toujours, baskets ou tennis, chaussures légères, chaussures dites de sport ou leur équivalent urbain, des chaussures sans manière, des chaussures impensées. Ils sont légion ils attendent, toutes ces heures passées côté passager, en chaussures dites de sport. Équipement oxymorique, à quoi bon des chaussures dites de sport pour attendre, il doit bien exister quelque chaussure idoine, disposée à, une chaussure dite d’attente, rembourrée autant que fraîche, anti-sudation et semelle tout-confort, cadrant l’assise du talon la tenue du mollet – sans raideur .

Lui, à côté. Dans mon angle mort à droite – l’angle qu’on dit mort l’est, ou quasi, l’angle cliniquement mort, inexistant l’angle car je n’ose car je ne peux pas me tourner, une règle non écrite je la sens m’en empêche. Lui. Ne me regarde pas, s’affaire à ses bricoles, en bon professionnel, fait son boulot, un métier, incarné c’est cela : des gestes accomplis dans leur bon ordre, en professionnel il procède, manipule, dextre, précis, un parapheur pour préfecture, un carnet de correspondance, un guide technique, pratique, livret de famille, journal intime, me concernant ou pas je ne sais. Je ne sais pas je me demande. Et puis j’admire cette dextérité investie en broutilles, vraiment, je pfff je, bah ça dis donc c’est quelque chose, vos dix doigts vous dites donc, rien n’y manque, coordination discipline, les gestes leur vont à ravir, leur vont si j’ose dire, comme : un gant. Lui en bon légionnaire broutille, broutilles, ses trucs à faire son boulot-quoi. Quel boulot-quoi je m’interroge, m’interroge à demi seulement car je n’ose, soucieux de ne pas réduire ma concentration. Cette concentration de dans à. Concentration à mon attente.

Me soustraire, m’abstenir, rester coi. Je me tais. Commutation signal bruit blanc, on ferme, vlam.
En moi les mots s’agencent, s’organisent (organiser l’organique), modèle les faits et les gestes à produire adéquats, réfléchis. Je réfléchis. Il nous faut un programme, un plan. Bâtir un plan. Au travail (gestes accomplis dans leur bon ordre), réfléchis, remémore (l’ordre des gestes, le bon) puis : agis, fais légionnaire, à la une à la deux en avant, gauche droite non pas gauche droite l’angle arrière droit est de mort, unedeuxtrois ; unedeuxtrois, unedeux trois. Les opérations échelon deux douze ou quinze doivent, en bon ordre et logique implacable, se succéder. Cette suite n’est pas un arbre, pas une étoile, le plan file droit pas heuristique, il y a à faire, il y a tant à faire, tant,
Heuristique, heuristique, heuristique, quel mot quel drôle, drôle de mot, n’y pensons pas, tant à faire, un mot d’origine grecque, non, tant à faire,
à faire, oui, il doit bien y avoir à faire, des choses, successives, des tas de choses et des directives à suivre selon le plan dans cet habitacle, mais où. Où sont-elles dans l’habitacle, les choses à faire, où se sont-elles cachées, où sont-ils engoncés les gestes à produire adéquats, où : sous ton siège reculé où tu ne peux aller fouiller, car aller fouiller ne fait pas, ne fait décidément pas, partie des choses qui sont à faire, ni fouiller dans la boîte à gants rageur, tu es bien là pour quelque chose, tu n’es pas juste venu t’asseoir, nan nan nan il ne s’agissait pas juste d’y parvenir, d’arriver vlam pff jusque là, non, oui, il y a quelque chose, autre chose, à faire. Programme, déroule. Pense. Tu penses : Quel petit quel, tout petit, espace.

Un bien petit espace où attendre.

Attendant qu’un plan se dessine continue, réfléchis, pas un geste, pense à comment mettre mieux là-dedans tes deux jambes, réfléchis : deux prothèses, pas ta taille. Réfléchis. Une chaussure confortable Et intégrale, une sorte de scaphandre soyeux, ça, ça serait. Ah si seulement, mes deux jambes. Mes deux jambes adaptées. J’en rêve, il faudrait. Adapter mes deux jambes. Sans rabot, sans serre-joint – remodeler fluide, en douceur, il faudrait.

Un bien petit espace pour un si vaste silence.

Ce silence est immense, immensité accrue depuis vlam, c’est peuplé de vlam par ici, c’est un peu comme avec Mozart ou, Beethoven ou, je ne sais qui annexant le silence avant après son fait, mon fracas fait pareil. Mon fracas s’impose, en impose à toutes les parties de moi-même. Imprimé dans le silence. Le silence est si étonnant, le silence est un étonnement, me dis-je,
pensant,
pensant à,
Mon plan. Dérouler mon plan. Le bâtir puis dérouler. La voiture, oui, la conduire. Fait partie de mon plan. C’est, peut-être, l’objectif.

Conduire pour aller vers.
Aller vers conduire.
Un plan déroulé en ruban de Möbius, un peu, ici.

Un bien grand étonnement pour un si petit espace.

Dans la boîte, j’attends. Il a fini bientôt j’attends, respirant à peine car immense est ma politesse. Adaptée. Se tourne sur sa gauche, vers moi. Parlons, enfin :
Va ? //  Oui mais // Ouimaiquoi ? // Serré, euh. // Serré quoi ? // C’est euh un peu serré je // LéAllé, ho, nyva. ON Y VA.

On y va.
Fini d’attendre. L’espace agrandi d’un coup, quel habitacle immense, quant à mon corps mes pieds si loin, n’en parlons pas. LéAllez, On, y, va.

Adapter mais oui mais : comment, comment les adapter, mes deux jambes, à leur fonction, oui, et au milieu, oui – oui, mais : contraires.
Oui, mais : avant d’adapter mes deux jambes, tenter d’adapter mes oui mais.

Je passe mon permis de conduire, j’apprends – je n’apprends pas tant à conduire, qu’à passer mon permis de conduire.

(–>à suivre)

Tout m’est permis, épisode #1.1

Un matin de mars, il est neuf heures, en 2001

Les politesses de rigueur sitôt expédiées, sans manières ni équité (il fait Jour je fais Lu, ou l’inverse – plutôt l’inverse, timide en mes petits grands souliers flasques), le style c’est faisons fi du protocole, un rapport sans façons ajoutées, nous nous tenons tous deux à côté du véhicule : petit, rouge.
Une petite, voiture, rouge, c’est.
Petite clio rouge, là voilà, c’est ça.
Renault. Renault c’est cela, Renault clio, oui, c’est ça.
Action (dit-il, peut-être) : il balance, d’un geste de désinvolture, de virilité, de virile désinvolture, désinvolte virilité, trancher il faut trancher, du choix de l’adjectif tout peut dépendre et tout changer, balance l’applique de plastique lourd, sur le toit de la petite, clio, rouge. C’est à lui c’est chez lui.
Devant chez lui je suis, j’attends.
Je ne suis pas chez moi, j’attends.
Dedans mes souliers grand minus moi j’attends.
J’attends : un signe.
(Et flasques. Mes souliers minus et flasques).
J’attends un signe, n’en reçois pas, ni même interférence ni rien,
Ou juste, si : il ouvre la portière, s’immisce côté droit – passager. Le signe que ça fait me dit : Entre.
Joie – presque. Le signe je l’ai reçu, l’ai comme j’ai pu, interprété, ce signe doit être le signal, il entre dit :Entre, toi aussi, dans PetiteClio Rouge. Je fais comme lui, j’entre, côté gauche – conducteur. Gauche droite gauche droite, go, j’entre. M’introduis dans PetiteClioRouge. Dedans, c’est plus petit encore, c’est petit chez vous, enfin, petit mais charmant enfin, le charme d’un intérieur modeste, pauvre ça peut être aussi un compliment, enfin pas pauvre mais coquet, vous voyez, on dit coquet ça complimente, mais en fait ça veut dire pauvre, m’abstiens-je de lui dire. Il s’est assis, je, vite, fais comme : m’assois. S’asseoir ordinairement n’est rien, ici s’asseoir ne se fait pas tout seul. S’aménager un territoire : je pousse et repousse la manette là-dessous entre mes jambes, qu’il m’a fallu trop de secondes pour trouver, ce foutu berlingot, bourtichon, bégonia, pour parvenir enfin, à, mais c’est d’un Gn, d’un Blblblbl, c’est d’un coup sec d’un seul, Bllblm, à repousser au mMMmXxMmm, mon siège, vers l’arrière, vlam.
Vlam, pff.
Pff (ne m’abstiens-je pas d’expirer, soupir harassé soulagé).
Pff soufflé, cherchant connivence, fait signe, dit : Pas simple. S’asseoir non n’est pas rien. S’asseoir c’est quelque chose, s’asseoir advient, s’asseoir constitue quelque chose (voilà s’asseoir, c’est lui, au loin), quelque chose qui jusqu’alors, jusqu’à ce jour en cet instant, n’existait pas.

Assis. S’asseoir existe et comme je suis sujet je conjugue, m’assois m’assoirai aurai été assis m’assied. M’assois. M’assied, m’assois ? Comme lui, assis, me voilà conjuguant mon assise, j’existe. C’est brutal mais c’est fait, enfin fait, enfin mais, c’est brutal et c’est court, c’est encore un peu court, ou peut-être faudrait-il, des jambes un peu moins longues, des jambes perdre un morceau (mais lequel), des jambes plus adaptées, voilà : adapté. C’est un corps adapté qu’il faudrait. Comme lui siège passager, là-bas. Comme lui si formidablement assis, qui était il y a peu aussi formidablement debout, cher ami votre corps c’est simple, c’est un costume il tombe parfaitement, comme tout vous va, c’est formidable. Votre adaptation au monde, votre assise au cœur des choses est, j’ose le dire, formidable, les bras j’ose également le dire, m’en tombent (peut-être sont-ils aussi trop longs).

Un signe. J’attends. Un signe adapté. Prendre parole, y être invité – à quelque chose, quelque part, être invité. Vous désirez, vous prendrez ? Je m’abstiens, d’habitude déjà prise, attendons. Rien ne vient. Rien ne vient percer mon attente, j’attends. J’attends que rien ne vienne (que déjà s’asseoir advienne, je suis assis mais c’est trop vague, mon assise peut mieux faire.)
J’attends et lui, à côté ? Pareil, attend. Attend mais enfin non, pas pareil. (D’attendre ainsi sans regard n’a rien d’un duel, puisque nous sommes côte à côte, parfait parallélisme, yeux rivés à l’horizon essuie-glaces, frontalité zéro pas de duel pas de joute (ferait parodie de parodie, ce western : il serait Eastwood, Wayne, Cavalerie et Peaux rouges tous unis contre quand moi quoi : carne vieux cheval mort malade, gnognoté par les mouches).
Non, notre attente n’a rien d’un cérémonial, cette attente est : inadaptée). Tu m’attends je t’attends on attend.
(Vlam, pff).
(…)
Ainsi chacun son tour, ce serait une danse ça pourrait, notre danse d’attente immobile, le Grand qui-vive on l’appellerait, j’attends à toi attends, succession d’esquives immobiles, un sport – un sport absolument immobile, tourbillonner sans un geste, j’attends. J’attends je ne sais pas moi, que son assise mute que la mienne advienne, vienne, devienne, que mon assise se décide, prenne route, me rejoigne, qu’enfin nous ne fassions qu’un.

Notre attente en partage, fait : quelque chose entre nous de commun.

(–>à suivre)

Va poussé par

(texte lu lors d’une soirée earworms, à Nantes, en juin 2012)

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Formes.
Bruits,
informes.
On ferme on stase on bloque l’expiration.
On pressent tout ce bruit qui, en nous, informe.
Imagine : voir le bruit du dedans, le saisir.
On s’explorerait, dedans, muni d’un casque haute fidelité étanche, d’un
spéléo- attirail adéquat on irait dedans, on entrerait on,
verrait tout
Ce qui bruit
non
on entendrait
tout
c’est à dire : quoi.
Raffût. Ruche. Bourdonnement. Mille fracas.
Une vraie ruche une ville un brouhaha un grondement un roulis permanent
chaufferie lointaine – l’écho d’une ville.
On entendrait une ville au dedans de soi. Qu’on s’entende : on n’est pas
une ville, on ne contient pas la ville,
Elle s’impose, on Écoute, on l’évoque.
On pense une ville, on dit une ville, on ne la nomme pas on dit juste ville.
Une ville.
On ne pense pas ma ville, on ne nomme pas, on ne se remémore rien, rien
au-delà de  : quelques teintes, de l’eau sur des pavés, un réverbère, deux
abribus, rien qui soit rattaché à rien, rien qui ne se change, prête, s’inverse.
On y est on s’approche, prévisualisation crisse clique gauche non droit  :
ville.

Une ville c’est : du lieu. Des lieux qui ensemble font du lieu. C’est un tas de
lieux,
un tas de lieux mis ensemble – une ville est
a minima
un tas, d’endroits, matériaux et nuances de gris-vert, pierres et métaux,
mouvements et reverbs,
une accumulation plus ou moins organisée, plus ou moins harmonieuse,
plus ou moins designée, plus ou moins ergonomique : toute ville est plus ou
moins ville, toujours encore en cours, affairée à sa formation, en voie
d’achèvement. Une ville, continûment, se forme. Ni origine, ni point de départ.
Les formes visibles d’une ville changent, changent si vite, basculent, toutes
et l’ensemble — trop pour en capter l’orbe entière, reclique elle a déjà bougé,
renomme, quoi, numérote, version.point.n, changé,
avant qu’on l’ait vue, flashée, qu’on en ait une impression,
elle file.
On ne s’égare ni ne s’y perd,
on
n’y est pas, dans
la ville elle
bouge , la ville. On la regarde passer (sans voir).
Une ville, ça s’entend.
Nous bougeons la regardant, la ville, et plus la regardons moins la voyons,
on écoute
ce qu’il y a dans, sous la ville.
Rien à voir.
La forme d’une ville m’attend derrière mon épaule droite, je ne sais pas
laquelle je ne veux pas le savoir, mais comme j’accélère elle engrange,
s’agrège de nouveaux trous, génère : le devenir-ville nous est inverse ; elle se
forme et
en nous,
tout son bruit
informe.

Un Bruit
c’est une sensation auditive produite par des vibrations irrégulières.

Un son
c’est une sensation auditive causée par les perturbations d’un milieu
matériel élastique fluide ou solide (spécialement l’air).

Dans les deux cas on nous annonce un choc, un accident. Une Rupture.
Un événement, une : A-normalité.
Le bruit serait du même tenant, un son en plus irrégulier encore.
Mais le bruit subsume, puisque le bruit est mesuré en niveau sonore.
Ailleurs,on nous dit qu’un bruit est un son complexe.
le bruit donc oui subsume.
Il est accident au carré. (d’accidenter l’accident ne nous ramène nulle
norme, non, les mathématiques sont ailleurs, un produit de négatifs ne donne
pas du positif).
On creuse (puisqu’après tout on a l’équipement spéléo idoine), on enquête.
Ailleurs on nous dit,aussi, du bruit, qu’il est un son indésirable.
Indésirable.
L’indésirable dépasse.
Prend même toute la place.
Tous les mots disponibles.
Et, le reste. Tous les mots à saisir, et les autres, qu’on bricole, qu’on usine ;
exprès pour. On entasse, on empile, on agrège, pour faire masse (grand bruit).

On dit.
On dit acouphène,
on dit aboiement,
on dit aussi ahanement,
on dit amphigouri,
on dit assonance,
on dit allitération,
on dit aussi barnum,
on dit barouf,
on dit bastringue,
on dit battement,
on dit bazar,
on dit bordel,
on dit borborygme,
on dit boucan,
on dit bourdonnement,
on dit bousin,
on dit brouhaha,
on dit bruissement,
on dit cacophonie,
on dit chant,
on dit chambard,
on dit chuchotis chuchotement, chuintement,
on dit clameur,
on dit claquement,
on dit clapotis, cliquetis,
on dit contrepoint,
on dit craquement,
on dit craquètement,
on dit crépitation, crépitement,
on dit cri,
on dit crissement,
on dit cut,
on dit déclic,
on dit déflagration,
on dit détonation, dissonance,
on dit écho,
on dit éructation,
on dit euphonie,
on dit flatuosité,
on dit foin,
on dit fracas,
on dit frémissement, froissement, frôlement, frou-frou,
on dit gargouillis, gazouillis,
on dit gémissement,
on dit grattement,
on dit grésillement,
on dit grincement,
on dit grondement,
on dit gueulante,
on dit harmonie,
on dit hénissement,
on dit huées,
on dit hourvari,
on dit hurlement,
on dit klaxon,
on dit larsen,
on dit logorrhée,
on dit masse,
on dit murmure,
on dit note,
on dit rot,
on dit parasites,
on dit parole,
on dit pépiement,
on dit pet,
on dit pétard, pétarade, pétillement,
on dit phonème,
on dit polyphonie,
on dit raffut,
on dit râle,
on dit ramage,
on dit ramdam,
on dit respiration, ronflement,
on dit ronron,
on dit ronronnement,
on dit roulement,
on dit rumeur,
on dit rythmique,
on dit sifflement,
on dit sonnerie,
on dit souffle,
on dit soupir,
on dit tintement,
on dit scratch,
on dit stridulation,
on dit tapement,
on dit tintamarre,
on dit tapage,
on dit tintamarre,
on dit tintement,
on dit tintouin,
on dit tohu-bohu,
on dit tumulte,
on dit vacarme,
on dit vagissement,
on dit vocalise,
on dit vocifération,
on dit vrombissement,
on dit voix,
on dit silence on le crie.
on dit
Russolo, l’art des bruits,
on dit, Russolo dit :
Grondements, éclat, bruit d’eau tombante, bruits de plongeon,
mugissements ; Sifflements, ronflements, renâclements ;
Murmures, marmonnements, bruissements, grommellements,
grognements, glouglous ;
Stridences, craquements, bourdonnements, cliquetis, piétinements ;
Bruits de percussions (obtenus en frappant diverses matières: métal, bois,
peaux, pierres etc.) ;
Voix d’hommes et d’animaux (cris, gémissements, rires, sanglots etc.).

Ailleurs encore on nous dit que :!
« Le son est une onde produite par la vibration mécanique d’un support
fluide ou solide et propagée grâce à l’élasticité du milieu environnant sous
forme d’ondes longitudinales. Par extension physiologique, le son désigne la
sensation auditive à laquelle cette vibration est susceptible de donner
naissance. »
(…)
« Il existe même des relations très étroites entre l’espace et le temps, vu
que le son est une onde qui se propage dans l’espace au cours du temps. »

Maigres trouvailles, prémisses de, la première petite pierre, arrangent
(compliquent). Procurent.
On trouve. Des trucs.
Le son serait, bien, ce qui lie l’espace au temps, il serait la possibilité
donnée à nous d’être, d’être en espace et d’être en temps.
Si le son est possible, alors le son est source de possibles. Sss’il est
possible, si-et-seulement-si, alors.

n’aurait ni début ni fin. Dès que posée, enchaînée à l’entrée plus haut
énoncée, cette hypothèse d’un nidébutnifin va, elle convient. Je prends.
L’hypothèse va avec ce qui va, sans début ni fin, l’hypothèse va.
Un temps nidébutnifin, un espace nidébutnifin.

va, poussé par le glissement de ta forme.