L’absence au travail (autour des romans de Julien Bouissoux, Emmanuelle Lambert et Emmanuel Vilin ) | janvier 2018

Julien Bouissoux, Janvier (éditions de l'Olivier, janvier 2018) / Emmanuelle Lambert, La désertion (éditions Stock, janvier 2018) / Emmanuel Vilin, Microfilm (éditions Asphalte, janvier 2018) L'absence au travail Des plusieurs dizaines, voire centaines, de romans qui s'agrègent en quelques semaines, début janvier, on ne saurait de seulement trois d'entre eux tirer une tendance générale (moins … Lire la suite L’absence au travail (autour des romans de Julien Bouissoux, Emmanuelle Lambert et Emmanuel Vilin ) | janvier 2018

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« Il n’y a rien ici ou presque mais il faut pourtant en dire quelque chose » | Pierre Ducrozet, L’invention des corps, Actes Sud, août 2017

Tout est là d'entrée dans le ce livre, posé ou plutôt comme jeté sur la page (je dis bien comme, quand c'est en fait tout sauf vite fait — il faut on le sait un long et lent travail pour produire effectivement cette sensation de vitesse), tout est là d'entrée de jeu, dès ce premier paragraphe, dès l'incipit. « Il n'y a rien ici ou presque mais il faut pourtant en dire quelque chose »

Une rentrée dessinée (dessins de Sébastien Vassant, d’après des livres de T.de Fombelle, J. Deck, B. Giraud, V. Pouchet)

A Sébastien Vassant, auteur dessinateur de bd notamment documentaires, dont on sait le talent (et pour celles et ceux qui voudraient réécouter ce podcast, la douceur et la pertinence), j'ai proposé ceci : de lui donner à lire les livres des quatre auteurs « de la rentrée » invités le samedi (Timothée de Fombelle, Julia Deck, Brigitte Giraud et Victor Pouchet), pour que lui nous donne en retour sa lecture, en image, de ces livres. Une adaptation libre de sa capacité documentaire, en somme, un exercice critique original – et inédit – qui prit la forme suivante : les quatre planches furent réalisées in situ (après préparation), et projetées live dans l'Abbatiale pendant l'après-midi, puis dans notre dos durant l'échange final que nous eûmes, avec les quatre auteurs. Ces dessins sont beaux, et ils disent quelque chose de fort de chacun de ces livres, de fort et d'inattendu. Découvrez-les ci-dessous (avec quelques mots de ma part sur l'œuvre dont ils se sont fait l'écho).

Faire de cet hyperréel qu’il scrute, une forme d’hyperfiction | Eric Arlix, Golden Hello, éditions Jou, octobre 2017.

Golden hello, donc : une prime de bienvenue, comme le pendant initial du « golden parachute » offert au départ des golden boys. Golden Hello continue son attaque, sa corrosion par le langage, des normes et usages, explicites et implicites, de notre monde contemporain.

Le to be continued en appel au vivant | Camille de Toledo, « Le livre de la faim et de la soif », Gallimard, février 2017

« Je dois revenir, s’exclame le livre en s’ouvrant, nulle part, ici, en me tombant des mains. Non pas à l’origine, poursuit-il, car je l’ai beau chercher, je ne la trouve pas, mais avant, dans le creux incandescent de l’informe, entre le créateur, c’est-à-dire son siège, et la créature, ou plutôt sa plaisanterie – Mais … Lire la suite Le to be continued en appel au vivant | Camille de Toledo, « Le livre de la faim et de la soif », Gallimard, février 2017

Eric Vuillard, 14 Juillet, éditions Actes Sud, août 2016 | podcast

(photos vuillard-eric_c_melania-avanzato / vents d'ouest par adrien meignan) Une rencontre à la librairie Vent d’Ouest, Nantes, jeudi 20 octobre 2016 | podcast Rencontre à propos de 14 Juillet, éditions Actes Sud, août 2016 «Ecrire est une activité sociale. Un peu étrange, certes, mais peut-être pas autant qu’on veut le croire. D’ailleurs, on le croit de … Lire la suite Eric Vuillard, 14 Juillet, éditions Actes Sud, août 2016 | podcast

Il faut parfois tendre un peu l’oreille (Marie Chartres, Florence Seyvos et Martin Page à Chateaubriant / Octobre 2016, podcast)

Il faut parfois tendre un peu l'oreille (Marie Chartres, Florence SeyvoS, Martin Page, médiathèque de Chateaubriant  / Octobre 2016, podcast) (Entretien avec Guénaël Boutouillet) Il faut parfois tendre un peu l'oreille, oui, car l'enregistrement laisse un peu à désirer – veuillez m'en excuser et monter un peu le volume ou écouter au casque, vous ne … Lire la suite Il faut parfois tendre un peu l’oreille (Marie Chartres, Florence Seyvos et Martin Page à Chateaubriant / Octobre 2016, podcast)

Alexandre Seurat, L’administrateur provisoire, éditions du Rouergue, août 2016 | podcast

Une rencontre à la librairie Vent d’Ouest, Nantes, vendredi 23 septembre 20156  | podcast Rencontre à propos de L’administrateur provisoire  (ed.La Brune au Rouergue, août 2016). Né en 1979, Alexandre Seurat est professeur de lettres à Angers. Il a publié deux livres aux éditions du Rouergue : La Maladroite (août 2015), premier roman très remarqué, inspiré … Lire la suite Alexandre Seurat, L’administrateur provisoire, éditions du Rouergue, août 2016 | podcast

Eric Chauvier, Les nouvelles métropoles du désir (Allia, septembre 2016) | podcast

Rencontre à propos des "nouvelles métropoles du désir" (Allia, août 2016), et présentation de la rentrée des éditions Allia, et de son catalogue singulier, par Danielle Orhan. Play it   https://www.mixcloud.com/widget/iframe/?feed=https%3A%2F%2Fwww.mixcloud.com%2Fgu%25C3%25A9na%25C3%25ABl-boutouillet%2Frencontre-avec-eric-chauvier-et-les-%25C3%25A9ditions-allia-vents-douest-septembre-2016%2F&hide_cover=1&mini=1&light=1 Eric Chauvier, né en 1971, est anthropologue et écrivain. Son parcours d’auteur se situe à la croisée de la littérature et des sciences humaines : … Lire la suite Eric Chauvier, Les nouvelles métropoles du désir (Allia, septembre 2016) | podcast

(Podcasts) Kris et Sébastien Vassant, de la bd documentaire (avril 2016)

(Podcasts) Kris et Sébastien Vassant, de la bd documentaire et de ce qu’elle permet et produit (Rencontres autour de la revue dessinée et de leur œuvre respective, avril 2016) Rencontre avec Kris et Sébastien Vassant ½ (Saint-Jean de Monts, avril 2016) Discussion autour de la BD de reportage de la Revue Dessinée (magazine trimestriel de … Lire la suite (Podcasts) Kris et Sébastien Vassant, de la bd documentaire (avril 2016)

Mourir et puis sauter sur son cheval (David Bosc, Verdier, janvier 2016) | rencontre à Vents d’Ouest, Nantes | podcast

  Mourir et puis sauter sur son cheval (Verdier, janvier 2016), est le quatrième livre de David Bosc, son deuxième chez Verdier (après A la claire fontaine en 2013, journal fictif des derniers jours de Gustave Courbet), après des débuts chez l’excellente maison Allia (deux romans, Sang lié et Milo), et ce livre, c’est peu … Lire la suite Mourir et puis sauter sur son cheval (David Bosc, Verdier, janvier 2016) | rencontre à Vents d’Ouest, Nantes | podcast

« L’écriture, pour moi, naît d’un trouble du langage » (Agnès Desarthe, entretiens, audio et vidéo, février 2016)

« Même quand vous vous exprimez bien, la personne, en face, ne comprend rien. La parole, ça marche quand même très, très, mal – ça va à peu près, pour aller chez l’épicier, acheter des tomates, et encore, même là… - je me souviens très bien de ma déception, enfant, au moment de l’acquisition du … Lire la suite « L’écriture, pour moi, naît d’un trouble du langage » (Agnès Desarthe, entretiens, audio et vidéo, février 2016)

Vincent Message, entretien | Vents d’Ouest, février 2016 | podcast

Défaite des maîtres et des possesseurs, paru en janvier 2016 aux éditions du Seuil, est une fable philosophique. (cliquez sur l'image ci-dessous pour lancer le podcast) Avec Vincent Message, ce soir-là chez Vents d’Ouest, nous en avons longuement parlé, de Défaite des maîtres et des possesseurs. Car ce livre réussit plusieurs paris risqués : de … Lire la suite Vincent Message, entretien | Vents d’Ouest, février 2016 | podcast

Brigitte Giraud, Nous serons des héros, Stock, août 2015

« J’ai annoncé la nouvelle à Ahmed, qui siffla un grand coup et dit qu’une révolution avec des fleurs, c’était un truc de filles. Il ne comprenait pas plus que moi de quoi il s’agissait. J’ai quand même dit pour mon père, c’était la seule chose qui m’intéressait. J’avais fini par comprendre qu’il était mort … Lire la suite Brigitte Giraud, Nous serons des héros, Stock, août 2015

Christophe Manon, Extrêmes et lumineux, éditions Verdier, août 2015

«(…) prochant prudemment de son passé tel un archéologue qui fouille et retourne la terre à la recherche de vestiges ou de menus indices, interrogeant dans un ressassement insensé les couches superposées du temps afin de remonter à sa surface d’infimes trésors ou de petites reliques privées qui n’ont de valeur significative que pour celui … Lire la suite Christophe Manon, Extrêmes et lumineux, éditions Verdier, août 2015

Amaury Da Cunha, Fond de l’œil (éditions du Rouergue, collection la brune, mai 2015)

« La photographie envahissante  La photographie me touche, m’obsède, m’agace – elle est devenue tout à fait envahissante sur plusieurs fronts : elle me fait gagner ma vie (je suis dénicheur de clichés pour un quotidien) et elle rend aussi mon existence supportable grâce aux photographies que je prends en marge des journées de travail. Comment … Lire la suite Amaury Da Cunha, Fond de l’œil (éditions du Rouergue, collection la brune, mai 2015)

Raymond Penblanc, Phénix (Christophe Lucquin éditeur, 2015)

« La nuit est comme la neige, faussement silencieuse, on dirait que le noir et le blanc sont pareillement traversés d’un fin réseau de veinules et de nerfs, et que tout ça se froisse d’un rien. La nuit est invisible. Ce qu’on ne peut saisir avec la main on ne peut s’en emparer non plus … Lire la suite Raymond Penblanc, Phénix (Christophe Lucquin éditeur, 2015)

Puissances de la fiction : Arno Bertina, J’ai appris à ne pas rire du démon, éditions Helium / Des lions comme des danseuses, éditions La Contre-allée, 2015

« Puis tout le monde était furieux donc personne ne pouvait s’en rendre compte, et nommer la chose, mais voilà : l’Europe était en train de devenir gratuite. Un cercle vertueux était enclenché qui pourrait amener les chefs à débarrasser leur propre culture de toutes les traces de la rapacité européenne. Si l’Europe devenait gratuite, … Lire la suite Puissances de la fiction : Arno Bertina, J’ai appris à ne pas rire du démon, éditions Helium / Des lions comme des danseuses, éditions La Contre-allée, 2015

« Une lave blanche arrivant pour vous sertir et vous enfouir tout doucement tout. » | Bertrand Belin, Requin, éditions P.O.L, 2015

« C’est dans cet immeuble que tout s’est joué. Le lait s’est répandu. Une crue patiente et déterminée, implacable et calme. Une lave blanche arrivant pour vous sertir et vous enfouir tout doucement tout. On eût aussi dit le néant qui revenait sur ses pas, et cela, comme le spectacle d’un lac engloutissant un village, soulevait … Lire la suite « Une lave blanche arrivant pour vous sertir et vous enfouir tout doucement tout. » | Bertrand Belin, Requin, éditions P.O.L, 2015

«tu préfères réfléchir tout seul, dans ta petite tête, et ça c’est pas très corporate.» | Denis Michelis, La chance que tu as, édition Stock, collection La forêt, août 2014

« Il propose du feu à Virge et elle lui dit non, tu vois bien qu’elle est déjà allumée. Elle a dit ça avec un air sérieux, presque perplexe. Je peux te demander quelque chose ? Oui mais vite car je n’ai pas beaucoup de temps. Il essaie de choisir les mots avec soin, et de tourner … Lire la suite «tu préfères réfléchir tout seul, dans ta petite tête, et ça c’est pas très corporate.» | Denis Michelis, La chance que tu as, édition Stock, collection La forêt, août 2014

«Sa langue, dans sa bouche, repliée comme un linge sec» | Alexandre Civico, La terre sous les ongles (Rivages, 2015)

[A noter : rencontre avec Alexandre Civico vendredi 24 avril à 19h30, librairie Vents d'ouest, place du bon pasteur, Nantes) «Il envoie un télégramme au pays. Expliquer à sa femme et son fils, qui attendent le signal, que ça y est, c'est bon, vous pouvez venir. Ce n'est pas un palais, mais on a le … Lire la suite «Sa langue, dans sa bouche, repliée comme un linge sec» | Alexandre Civico, La terre sous les ongles (Rivages, 2015)

Rien n’est fini tout commence (Gérard Berreby, Raoul Vaneigem, éditions Allia, octobre 2014)

[A noter - LE MERCREDI 18 MARS A 19H - rencontre avec l’éditeur Gérard Berréby, fondateur et responsable des éditions ALLIA, à la librairie Les bien aimés, rue de la Paix, Nantes.] -- On comprend que vous développiez l'idée d'un "homme supérieur", capable de surmonter son aliénation. Mais vous le faisiez en commettant, à mes yeux, une … Lire la suite Rien n’est fini tout commence (Gérard Berreby, Raoul Vaneigem, éditions Allia, octobre 2014)

Retour définitif et durable du définitif et du durable | Olivier Cadiot, Providence (P.O.L, 2015)

« Il me manque tout de lui, alors je préfère reconstruire l’ensemble à partir d’un ou deux petits éléments vrais. Tout refaire à partir de deux ou trois mots en capitale aperçus à la dérobée sur le chariot d’une machine à écrire dans une chambre d’été – volets fermés avec des rayons qui, aussi précisément … Lire la suite Retour définitif et durable du définitif et du durable | Olivier Cadiot, Providence (P.O.L, 2015)

Eric Pessan, Le démon avance toujours en ligne droite (Albin Michel, 2015)

«Autour de moi : vendeur de billets de loterie en costume gris clair, deux jeunes femmes aux cheveux enturbannés de longs foulards, homme d'affaires avec serviette sous le bras, homme d'âge mûr aux cheveux bruns et gras marchant hébété un trou au genou gauche d'un pantalon à la propreté douteuse, jeune homme en tee-shirt frappé … Lire la suite Eric Pessan, Le démon avance toujours en ligne droite (Albin Michel, 2015)

Le geste et la geste (à propos de Joy Sorman, de Comme une bête à La Peau de l’ours, en passant par Lit National)

« Dans cet isolement je vais cependant découvrir une faille, un passage vers l’extérieur, un tunnel autant qu’un fil tendu dans les airs, je vais découvrir que le monde étanche et retiré du zoo peut se révéler poreux. C’est à la faveur de l’obscurité que ce monde s’ouvre, que notre solitude se peuple, qu’un comité invisible … Lire la suite Le geste et la geste (à propos de Joy Sorman, de Comme une bête à La Peau de l’ours, en passant par Lit National)

«ce sont leurs offres illimitées à eux qui réduisent l’espace» | La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon (Actes Sud, 2014)

“Tout est si moderne, répète Dorina, si « high-tech », elle a appris le mot dans une revue la matin même. High-tech, la solitude permanente, ce confort : au petit-déjeuner, à peine ont-elles bu un jus de fruit qu’une voix parfumée surgit par-dessus leur épaule, proposant d’en avoir encore. High-tech, ces centaines d’hôtesses disposées telles … Lire la suite «ce sont leurs offres illimitées à eux qui réduisent l’espace» | La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon (Actes Sud, 2014)

« Les Pronoms® vous remplacent par un mot. » | La Pharmacie des mots, de Morten Søndergaard, éditions Joca Seria

« Qu’est-ce que le langage ? Le langage est quelque chose en nous. Que sont les mots ? Immatériels, ce sont des groupes de neurones, des impulsions électriques, des choses que nous ne pouvons ni toucher ni saisir. Et c’est pourquoi la Pharmacie des mots touche les gens. Elle permet à quelque chose d’intérieur de … Lire la suite « Les Pronoms® vous remplacent par un mot. » | La Pharmacie des mots, de Morten Søndergaard, éditions Joca Seria

«C’est le fondement même de la respiration politique : ouvrir la muraille, ne pas la fermer complètement.» | Passer définir connecter infinir, Jean-Christophe Bailly, entretien avec Philippe Roux (éditions Argol, 2014).

De façon un peu ironique, Jean-Luc (Nancy, ndr), me reprochait de remplacer Dieu, au fond, par l'ouvert. Je ne pense pas que ce soit vrai, mais cela m'a aidé à comprendre qu'il était fondamental de dé-substantiver l'ouvert. Lequel n'est ni à écrire avec un O majuscule ni à comprendre comme quelque chose d'achevé. Récemment, en … Lire la suite «C’est le fondement même de la respiration politique : ouvrir la muraille, ne pas la fermer complètement.» | Passer définir connecter infinir, Jean-Christophe Bailly, entretien avec Philippe Roux (éditions Argol, 2014).

L’ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle (éditions Cambourakis, 2014)

«Re-bonjour tout le monde, vous êtes en route avec Rover et il est l'heure. Mon invité ce soir, Dan Flakes, pour son roman Désir et Destinée, un écrivain fantastique, un penseur original, je crois que vous serez d'accord avec moi. Dan, simple question, d'avance pardonnez-moi : qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ? L'ours … Lire la suite L’ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle (éditions Cambourakis, 2014)

Géométrie est poétique (à propos des Fragments du dedans, de François Bon, Grasset, 2014)

"DOCUMENT On utilise souvent cette image comme quoi les temps modernes, et les outils qu'ils nous forcent d'apprendre, font de l'humain le nouveau document. Le document était ce qu'on déposait hors de soi pour une accessibilité (même pas forcément une reproduction) à l'écart de soi, spatialement ou temporellement. Petit à petit, à mesure de l'épopée … Lire la suite Géométrie est poétique (à propos des Fragments du dedans, de François Bon, Grasset, 2014)

« On a cru à l’apparence des choses, au lieu de s’attacher à ce qu’il y avait derrière.» | Bois II, Elisabeth Filhol (P.O.L, août 2014)

« Tony, à sept ans, se plante devant moi avec un visage d'ange et affirme sans ciller ce que je sais d'instinct, intuitivement, mais sans preuve matérielle encore, être un mensonge énorme. Calmement, avec sérieux, il ne clame pas son innocence, simplement il nie, il nie ce qui l'accuse, aucune question ne le bouscule, aucun … Lire la suite « On a cru à l’apparence des choses, au lieu de s’attacher à ce qu’il y avait derrière.» | Bois II, Elisabeth Filhol (P.O.L, août 2014)

Guillaume Long, L’enfance de l’art (éditions Ici même, 2014) | entretien en vidéo

Un livre - L'enfance de l'art Guillaume Long est un auteur (de bd) qui ne fait rien comme il faut, ou du moins, pas comme on l'attend, pas au moment où on l'imagine. Il porte sur lui des carnets de dessin essentiellement emplis de textes, textes qui se déploient sur la page d'heureuse et heuristique … Lire la suite Guillaume Long, L’enfance de l’art (éditions Ici même, 2014) | entretien en vidéo

« Le mot caillou est beau. Beau à voir comme à entendre. » | Valère Novarina, L’organe du langage c’est la main (dialogue avec Marion Chénetier-Alev), éditions Argol, 2013).

Le mot caillou est beau. Beau à voir comme à entendre. Le caillou pèse le poids de la matière. Il est aveugle, compact, incompréhensible, c'est un obstacle. C'est le symbole de la matière même : le bloc muet le plus ramassé. J'aime les pierres, je fais partie de ceux qui ramassent des cailloux par-ci par-là, … Lire la suite « Le mot caillou est beau. Beau à voir comme à entendre. » | Valère Novarina, L’organe du langage c’est la main (dialogue avec Marion Chénetier-Alev), éditions Argol, 2013).

L’invention perpétuelle du souvenir (et son absence) – avec Brainard, Perec, Pagès, Séné, Grossi et tous nous autres…

  je me souviens en ritournelle sans cesse reprise, je se souvient qu'il n'arrête pas de se souvenir, de revenir, de repartir, de muer. On pourrait reprendre le titre de Harry Matthews, Je me souviens de Georges Perec, sauf qu’on n’a pas connu Perec, alors ça ne joue pas. Non, ce qui me marque ces … Lire la suite L’invention perpétuelle du souvenir (et son absence) – avec Brainard, Perec, Pagès, Séné, Grossi et tous nous autres…

« Même après ça tu avais continué à changer les piles de la tortue en plastique. » | Sophie Divry, La Condition pavillonnaire, éditions Notabilia, août 2014)

[lundi 10 novembre 2014 : Sophie Divry reçoit la mention spéciale du prix Wepler - on l'en félicite, on s'en félicite, et on repasse l'article en une !] ------- « Vous refîtes l’amour, tendrement, et en dépit de tout, cela te fit du bien. François s’expliqua cet épisode par la fusion Bédalli-Cornéllus. Ce n’était qu’à moitié … Lire la suite « Même après ça tu avais continué à changer les piles de la tortue en plastique. » | Sophie Divry, La Condition pavillonnaire, éditions Notabilia, août 2014)

« Malgré son application, ses lettres sont un peu tordues mais je dis toujours que c’est bien. » | Poule D, Yamina Benahmed Daho, éditions L’arbalète/Gallimard

Pendant qu'on range le matériel, le petit frère d'Amira joue avec un ballon jaune léger et tire au but. Il a une dizaine d'années. Il me rappelle le jour où, à son âge, j'ai accompagné mon père et mon frère sur le petit stade près du collège. Mon père joue le gardien, il porte des … Lire la suite « Malgré son application, ses lettres sont un peu tordues mais je dis toujours que c’est bien. » | Poule D, Yamina Benahmed Daho, éditions L’arbalète/Gallimard

dans ce grand œil que deviendrait chacune de nos vies dans leur intégralité, il y a des points obscurs | Agustin Fernandez Mallo, « Dans les avions l’horizon n’existe pas », éditions Allia, août 2014)

41. Des scientifiques de l’université de Southern California, à Los Angeles, ont implanté une caméra vidéo dans les yeux endommagés de plusieurs aveugles qui se sont prêtés à l’expérience, et ils leur ont rendu la vue. La résolution de leur nouveau regard est de 16 pixels, suffisante pour distinguer une voiture, un réverbère ou une … Lire la suite dans ce grand œil que deviendrait chacune de nos vies dans leur intégralité, il y a des points obscurs | Agustin Fernandez Mallo, « Dans les avions l’horizon n’existe pas », éditions Allia, août 2014)

Martin Page (Pit Agarmen), La nuit a dévoré le monde (Robert Laffont 2013, J’ai Lu 2014)

Les zombies, ou : la ville depuis sa fenêtre C’est un livre de genre qui porte en son sein un plaidoyer pour le(s) genre(s). Le narrateur, Antoine Verney, est un auteur de romans à l’eau de rose par défaut, mais ce à quoi il se trouve confronté pour mettre en abyme sa théorie (pratique, empirique) … Lire la suite Martin Page (Pit Agarmen), La nuit a dévoré le monde (Robert Laffont 2013, J’ai Lu 2014)

Le jour s’achève sur une nuit sans véritable commencement. | Sylvain Coher, « La forme empreinte », éditions Joca Seria, 2014

Le jour s’achève sur une nuit sans véritable commencement. La passée, c’est le meilleur moment de la journée. Lorsque les bécasses quittent leur remise diurne pour aller vermiller du bout du bec les terreaux humides du foutoir bocager. Le temps de sommeil offert par le changement d’heure hivernal est aussitôt dépensé et le froid accroche … Lire la suite Le jour s’achève sur une nuit sans véritable commencement. | Sylvain Coher, « La forme empreinte », éditions Joca Seria, 2014