Amaury Da Cunha, Fond de l’œil (éditions du Rouergue, collection la brune, mai 2015)

« La photographie envahissante  La photographie me touche, m’obsède, m’agace – elle est devenue tout à fait envahissante sur plusieurs fronts : elle me fait gagner ma vie (je suis dénicheur de clichés pour un quotidien) et elle rend aussi mon existence supportable grâce aux photographies que je prends en marge des journées de travail. Comment … Lire la suite Amaury Da Cunha, Fond de l’œil (éditions du Rouergue, collection la brune, mai 2015)

Raymond Penblanc, Phénix (Christophe Lucquin éditeur, 2015)

« La nuit est comme la neige, faussement silencieuse, on dirait que le noir et le blanc sont pareillement traversés d’un fin réseau de veinules et de nerfs, et que tout ça se froisse d’un rien. La nuit est invisible. Ce qu’on ne peut saisir avec la main on ne peut s’en emparer non plus … Lire la suite Raymond Penblanc, Phénix (Christophe Lucquin éditeur, 2015)

Puissances de la fiction : Arno Bertina, J’ai appris à ne pas rire du démon, éditions Helium / Des lions comme des danseuses, éditions La Contre-allée, 2015

« Puis tout le monde était furieux donc personne ne pouvait s’en rendre compte, et nommer la chose, mais voilà : l’Europe était en train de devenir gratuite. Un cercle vertueux était enclenché qui pourrait amener les chefs à débarrasser leur propre culture de toutes les traces de la rapacité européenne. Si l’Europe devenait gratuite, … Lire la suite Puissances de la fiction : Arno Bertina, J’ai appris à ne pas rire du démon, éditions Helium / Des lions comme des danseuses, éditions La Contre-allée, 2015

« Une lave blanche arrivant pour vous sertir et vous enfouir tout doucement tout. » | Bertrand Belin, Requin, éditions P.O.L, 2015

« C’est dans cet immeuble que tout s’est joué. Le lait s’est répandu. Une crue patiente et déterminée, implacable et calme. Une lave blanche arrivant pour vous sertir et vous enfouir tout doucement tout. On eût aussi dit le néant qui revenait sur ses pas, et cela, comme le spectacle d’un lac engloutissant un village, soulevait … Lire la suite « Une lave blanche arrivant pour vous sertir et vous enfouir tout doucement tout. » | Bertrand Belin, Requin, éditions P.O.L, 2015

«tu préfères réfléchir tout seul, dans ta petite tête, et ça c’est pas très corporate.» | Denis Michelis, La chance que tu as, édition Stock, collection La forêt, août 2014

« Il propose du feu à Virge et elle lui dit non, tu vois bien qu’elle est déjà allumée. Elle a dit ça avec un air sérieux, presque perplexe. Je peux te demander quelque chose ? Oui mais vite car je n’ai pas beaucoup de temps. Il essaie de choisir les mots avec soin, et de tourner … Lire la suite «tu préfères réfléchir tout seul, dans ta petite tête, et ça c’est pas très corporate.» | Denis Michelis, La chance que tu as, édition Stock, collection La forêt, août 2014

«Sa langue, dans sa bouche, repliée comme un linge sec» | Alexandre Civico, La terre sous les ongles (Rivages, 2015)

[A noter : rencontre avec Alexandre Civico vendredi 24 avril à 19h30, librairie Vents d'ouest, place du bon pasteur, Nantes) «Il envoie un télégramme au pays. Expliquer à sa femme et son fils, qui attendent le signal, que ça y est, c'est bon, vous pouvez venir. Ce n'est pas un palais, mais on a le … Lire la suite «Sa langue, dans sa bouche, repliée comme un linge sec» | Alexandre Civico, La terre sous les ongles (Rivages, 2015)

Rien n’est fini tout commence (Gérard Berreby, Raoul Vaneigem, éditions Allia, octobre 2014)

[A noter - LE MERCREDI 18 MARS A 19H - rencontre avec l’éditeur Gérard Berréby, fondateur et responsable des éditions ALLIA, à la librairie Les bien aimés, rue de la Paix, Nantes.] -- On comprend que vous développiez l'idée d'un "homme supérieur", capable de surmonter son aliénation. Mais vous le faisiez en commettant, à mes yeux, une … Lire la suite Rien n’est fini tout commence (Gérard Berreby, Raoul Vaneigem, éditions Allia, octobre 2014)

Retour définitif et durable du définitif et du durable | Olivier Cadiot, Providence (P.O.L, 2015)

« Il me manque tout de lui, alors je préfère reconstruire l’ensemble à partir d’un ou deux petits éléments vrais. Tout refaire à partir de deux ou trois mots en capitale aperçus à la dérobée sur le chariot d’une machine à écrire dans une chambre d’été – volets fermés avec des rayons qui, aussi précisément … Lire la suite Retour définitif et durable du définitif et du durable | Olivier Cadiot, Providence (P.O.L, 2015)

Eric Pessan, Le démon avance toujours en ligne droite (Albin Michel, 2015)

«Autour de moi : vendeur de billets de loterie en costume gris clair, deux jeunes femmes aux cheveux enturbannés de longs foulards, homme d'affaires avec serviette sous le bras, homme d'âge mûr aux cheveux bruns et gras marchant hébété un trou au genou gauche d'un pantalon à la propreté douteuse, jeune homme en tee-shirt frappé … Lire la suite Eric Pessan, Le démon avance toujours en ligne droite (Albin Michel, 2015)

Le geste et la geste (à propos de Joy Sorman, de Comme une bête à La Peau de l’ours, en passant par Lit National)

« Dans cet isolement je vais cependant découvrir une faille, un passage vers l’extérieur, un tunnel autant qu’un fil tendu dans les airs, je vais découvrir que le monde étanche et retiré du zoo peut se révéler poreux. C’est à la faveur de l’obscurité que ce monde s’ouvre, que notre solitude se peuple, qu’un comité invisible … Lire la suite Le geste et la geste (à propos de Joy Sorman, de Comme une bête à La Peau de l’ours, en passant par Lit National)

«ce sont leurs offres illimitées à eux qui réduisent l’espace» | La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon (Actes Sud, 2014)

“Tout est si moderne, répète Dorina, si « high-tech », elle a appris le mot dans une revue la matin même. High-tech, la solitude permanente, ce confort : au petit-déjeuner, à peine ont-elles bu un jus de fruit qu’une voix parfumée surgit par-dessus leur épaule, proposant d’en avoir encore. High-tech, ces centaines d’hôtesses disposées telles … Lire la suite «ce sont leurs offres illimitées à eux qui réduisent l’espace» | La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon (Actes Sud, 2014)

« Les Pronoms® vous remplacent par un mot. » | La Pharmacie des mots, de Morten Søndergaard, éditions Joca Seria

« Qu’est-ce que le langage ? Le langage est quelque chose en nous. Que sont les mots ? Immatériels, ce sont des groupes de neurones, des impulsions électriques, des choses que nous ne pouvons ni toucher ni saisir. Et c’est pourquoi la Pharmacie des mots touche les gens. Elle permet à quelque chose d’intérieur de … Lire la suite « Les Pronoms® vous remplacent par un mot. » | La Pharmacie des mots, de Morten Søndergaard, éditions Joca Seria

«C’est le fondement même de la respiration politique : ouvrir la muraille, ne pas la fermer complètement.» | Passer définir connecter infinir, Jean-Christophe Bailly, entretien avec Philippe Roux (éditions Argol, 2014).

De façon un peu ironique, Jean-Luc (Nancy, ndr), me reprochait de remplacer Dieu, au fond, par l'ouvert. Je ne pense pas que ce soit vrai, mais cela m'a aidé à comprendre qu'il était fondamental de dé-substantiver l'ouvert. Lequel n'est ni à écrire avec un O majuscule ni à comprendre comme quelque chose d'achevé. Récemment, en … Lire la suite «C’est le fondement même de la respiration politique : ouvrir la muraille, ne pas la fermer complètement.» | Passer définir connecter infinir, Jean-Christophe Bailly, entretien avec Philippe Roux (éditions Argol, 2014).

L’ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle (éditions Cambourakis, 2014)

«Re-bonjour tout le monde, vous êtes en route avec Rover et il est l'heure. Mon invité ce soir, Dan Flakes, pour son roman Désir et Destinée, un écrivain fantastique, un penseur original, je crois que vous serez d'accord avec moi. Dan, simple question, d'avance pardonnez-moi : qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ? L'ours … Lire la suite L’ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle (éditions Cambourakis, 2014)

Géométrie est poétique (à propos des Fragments du dedans, de François Bon, Grasset, 2014)

"DOCUMENT On utilise souvent cette image comme quoi les temps modernes, et les outils qu'ils nous forcent d'apprendre, font de l'humain le nouveau document. Le document était ce qu'on déposait hors de soi pour une accessibilité (même pas forcément une reproduction) à l'écart de soi, spatialement ou temporellement. Petit à petit, à mesure de l'épopée … Lire la suite Géométrie est poétique (à propos des Fragments du dedans, de François Bon, Grasset, 2014)

« On a cru à l’apparence des choses, au lieu de s’attacher à ce qu’il y avait derrière.» | Bois II, Elisabeth Filhol (P.O.L, août 2014)

« Tony, à sept ans, se plante devant moi avec un visage d'ange et affirme sans ciller ce que je sais d'instinct, intuitivement, mais sans preuve matérielle encore, être un mensonge énorme. Calmement, avec sérieux, il ne clame pas son innocence, simplement il nie, il nie ce qui l'accuse, aucune question ne le bouscule, aucun … Lire la suite « On a cru à l’apparence des choses, au lieu de s’attacher à ce qu’il y avait derrière.» | Bois II, Elisabeth Filhol (P.O.L, août 2014)

Guillaume Long, L’enfance de l’art (éditions Ici même, 2014) | entretien en vidéo

Un livre - L'enfance de l'art Guillaume Long est un auteur (de bd) qui ne fait rien comme il faut, ou du moins, pas comme on l'attend, pas au moment où on l'imagine. Il porte sur lui des carnets de dessin essentiellement emplis de textes, textes qui se déploient sur la page d'heureuse et heuristique … Lire la suite Guillaume Long, L’enfance de l’art (éditions Ici même, 2014) | entretien en vidéo

« Le mot caillou est beau. Beau à voir comme à entendre. » | Valère Novarina, L’organe du langage c’est la main (dialogue avec Marion Chénetier-Alev), éditions Argol, 2013).

Le mot caillou est beau. Beau à voir comme à entendre. Le caillou pèse le poids de la matière. Il est aveugle, compact, incompréhensible, c'est un obstacle. C'est le symbole de la matière même : le bloc muet le plus ramassé. J'aime les pierres, je fais partie de ceux qui ramassent des cailloux par-ci par-là, … Lire la suite « Le mot caillou est beau. Beau à voir comme à entendre. » | Valère Novarina, L’organe du langage c’est la main (dialogue avec Marion Chénetier-Alev), éditions Argol, 2013).

L’invention perpétuelle du souvenir (et son absence) – avec Brainard, Perec, Pagès, Séné, Grossi et tous nous autres…

  je me souviens en ritournelle sans cesse reprise, je se souvient qu'il n'arrête pas de se souvenir, de revenir, de repartir, de muer. On pourrait reprendre le titre de Harry Matthews, Je me souviens de Georges Perec, sauf qu’on n’a pas connu Perec, alors ça ne joue pas. Non, ce qui me marque ces … Lire la suite L’invention perpétuelle du souvenir (et son absence) – avec Brainard, Perec, Pagès, Séné, Grossi et tous nous autres…

« Même après ça tu avais continué à changer les piles de la tortue en plastique. » | Sophie Divry, La Condition pavillonnaire, éditions Notabilia, août 2014)

[lundi 10 novembre 2014 : Sophie Divry reçoit la mention spéciale du prix Wepler - on l'en félicite, on s'en félicite, et on repasse l'article en une !] ------- « Vous refîtes l’amour, tendrement, et en dépit de tout, cela te fit du bien. François s’expliqua cet épisode par la fusion Bédalli-Cornéllus. Ce n’était qu’à moitié … Lire la suite « Même après ça tu avais continué à changer les piles de la tortue en plastique. » | Sophie Divry, La Condition pavillonnaire, éditions Notabilia, août 2014)