Faire (800) signes : pourquoi un tumblr de plus ?

Faire (800) signes Chaque jour un extrait d'un livre lu ou en cours de lecture. (en complément de chroniques plus longues ici même). L'avoir si souvent répété en atelier d'écriture ou en causerie périphérique : écrire dépend de ses conditions d'expérience - en même temps qu'écrire change les conditions de l'expérience. Depuis trois ans que … Lire la suite Faire (800) signes : pourquoi un tumblr de plus ?

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« Je rêve d’écrire comme je rêve » | Xavier Person, Une limonade pour Kafka, éditions de l’Attente, 2014

"Je n'ai jamais sans doute su lire un livre de poésie qu’en en faisant la critique, en en poussant à fond la lecture, propulsant celle-ci dans une sorte de crash test très intime. J'aurais mille fois préféré juste recopier les lignes d'un poème, une à une, recopier mille fois chaque vers pour me punir de … Lire la suite « Je rêve d’écrire comme je rêve » | Xavier Person, Une limonade pour Kafka, éditions de l’Attente, 2014

Rencontre avec Will Self | Mercredi 4 février, 18h30, Lieu Unique (Nantes)

Parapluie de Will Self, Traduit de l'anglais par Bernard Hoepffner, éditions de L'Olivier, février 2015, Collection Littérature étrangère Mercredi 4 février, 18h30, rencontre avec Will Self (Lieu Unique, Nantes) Dialogue entre l’écrivain anglais et son traducteur Bernard Hoepffner à l’occasion de la publication en France de Parapluie, suivi d’un échange avec Guénaël Boutouillet. --------- "Tandis … Lire la suite Rencontre avec Will Self | Mercredi 4 février, 18h30, Lieu Unique (Nantes)

« On a cru à l’apparence des choses, au lieu de s’attacher à ce qu’il y avait derrière.» | Bois II, Elisabeth Filhol (P.O.L, août 2014)

« Tony, à sept ans, se plante devant moi avec un visage d'ange et affirme sans ciller ce que je sais d'instinct, intuitivement, mais sans preuve matérielle encore, être un mensonge énorme. Calmement, avec sérieux, il ne clame pas son innocence, simplement il nie, il nie ce qui l'accuse, aucune question ne le bouscule, aucun … Lire la suite « On a cru à l’apparence des choses, au lieu de s’attacher à ce qu’il y avait derrière.» | Bois II, Elisabeth Filhol (P.O.L, août 2014)

« Malgré son application, ses lettres sont un peu tordues mais je dis toujours que c’est bien. » | Poule D, Yamina Benahmed Daho, éditions L’arbalète/Gallimard

Pendant qu'on range le matériel, le petit frère d'Amira joue avec un ballon jaune léger et tire au but. Il a une dizaine d'années. Il me rappelle le jour où, à son âge, j'ai accompagné mon père et mon frère sur le petit stade près du collège. Mon père joue le gardien, il porte des … Lire la suite « Malgré son application, ses lettres sont un peu tordues mais je dis toujours que c’est bien. » | Poule D, Yamina Benahmed Daho, éditions L’arbalète/Gallimard

ils sont tous un et des centaines à la fois | Valérie Zenatti, « Jacob, Jacob », éditions de L’Olivier, 2014

(…) on accoste dans trois heures, se dit-il, encore une nuit sans sommeil et je n’ai jamais dormi avec une femme, mais je vais bientôt savoir à quoi ressemble la guerre, qui débute par de lourds bombardements sur les côtes bleutées de Provence, sifflements, déflagrations en chaîne, traînées de vacarme assourdissant, l’artillerie et l’aviation pilonnent … Lire la suite ils sont tous un et des centaines à la fois | Valérie Zenatti, « Jacob, Jacob », éditions de L’Olivier, 2014

La part des nuages (et Juste après la pluie), Thomas Vinau, Alma éditeur, 2014

Un gigantesque papillon de nuit est accroché à un pied de chaise sur la terrasse. Il est là depuis une bonne semaine. Il est énorme. Fait la taille d’une main ouverte. Blanc, gris, marron et noir. Avec des yeux de chouette dessinés sur les ailes et des poils sur l’abdomen. Il doit venir de loin. … Lire la suite La part des nuages (et Juste après la pluie), Thomas Vinau, Alma éditeur, 2014

je désignerai le lieu et le temps de son éclat fugitif | Olivia Rosenthal, « Mécanismes de survie en milieu hostile », Verticales, août 2014

« Les faits ne se content pas d’arriver, ils reviennent. Qu’on les accepte ou non, ils sont plus insistants et plus entêtés que les stratagèmes qu’on invente pour les éviter. Ecrire fait partie de ces stratagèmes. On croit contrôler, répartir, organiser et tenir le réel sous sa coupe et la plupart du temps on se laisse … Lire la suite je désignerai le lieu et le temps de son éclat fugitif | Olivia Rosenthal, « Mécanismes de survie en milieu hostile », Verticales, août 2014

Le monde était trop vaste. | « Selon Vincent » de Christian Garcin, éditions Stock, 2014

« Ces sommets, ce ciel, cette mer n’avaient rien d’amical. Le monde était une immensité neutre et froide, hostile. Pourtant je me sentais bien. J’imaginais sur nous un regard de condor. Je m’imaginais condor moi-même, glissant sur les coussins d’air froid, avec au-dessous de moi la plaine grise de la mer traversée d’un point rouge sur … Lire la suite Le monde était trop vaste. | « Selon Vincent » de Christian Garcin, éditions Stock, 2014

Les choses : il suffit de leur monter à bord et de te ceinturer à elles, et maintenant voici que commence le voyage | Stéphane Bouquet, « Les oiseaux favorables », avec photographies d’Amaury Da Cunha, éditions les inaperçus, 2014

"Le lendemain, il lui envoie le lien d'une vidéo youtube paraît-il funny. C'est ce que font les gens maintenant. Elle se sent une ourse sortant d'une hibernation décennale. En fait, elle n'a pas trouvé la vidéo drôle, mais doit-on rire avec celui qu'on embrasse ou doit-on seulement l'embrasser ? Elle lui ment et lui texte … Lire la suite Les choses : il suffit de leur monter à bord et de te ceinturer à elles, et maintenant voici que commence le voyage | Stéphane Bouquet, « Les oiseaux favorables », avec photographies d’Amaury Da Cunha, éditions les inaperçus, 2014

Je leur propose en général de remplacer le mot traders par les mots lasagne ou hérisson | Eric Chauvier, « Les Mots sans les choses », éditions allia, 2014

L'imprégnation est totale ; l'effet de naturalisation, optimal. Les Bobos ? Un groupe de nantis des grands centres urbains. Les traders ? Des responsables de la crise économique. Les musiciens de jazz ? Des fumeurs de marijuana. Ces phrases tombent comme des évidences dans les conversations. Chacun pressent qu'il peut de la sorte décrire et … Lire la suite Je leur propose en général de remplacer le mot traders par les mots lasagne ou hérisson | Eric Chauvier, « Les Mots sans les choses », éditions allia, 2014

pas exactement danseuses, mais plutôt quelque chose comme dansées | Sylvain Prudhomme, Les Grands, L’arbalète-Gallimard, août 2014)

Couto aimait cette ville. Il aimait ce quartier de Péfine, ses maisons sans étage, invariablement couvertes du même toit de tôle à quatre pentes qui comme le ciel pouvait prendre toutes les nuances de gris. L’omniprésence des manguiers, leurs grosses boules sombres bouchant la vue, retardant jusqu’au dernier moment l’apparition des toits voisins. La forêt … Lire la suite pas exactement danseuses, mais plutôt quelque chose comme dansées | Sylvain Prudhomme, Les Grands, L’arbalète-Gallimard, août 2014)

Le réel est mon ennemi, mais je vis avec lui tous les jours | (Martin Page, Manuel d’écriture et de survie, éditions du Seuil, 2014)

Daria, Tu penses à la mort : c'est une très bonne nouvelle. Pas agréable sans doute. Mais la mort est un puissant moteur créatif. On va essayer de s'en servir. Je n'ai pas l'impression d'être pessimiste. J 'aime ce monde simplement parce qu'il est là. Le réel est mon ennemi, mais je vis avec lui … Lire la suite Le réel est mon ennemi, mais je vis avec lui tous les jours | (Martin Page, Manuel d’écriture et de survie, éditions du Seuil, 2014)

C’est la vie dedans qui fait le travail, la fille essaie juste de respirer. | Brigitte Giraud, Avoir un corps, 2014, éd. Stock).

« Après il ne faut plus imaginer être une fille, une femme ou quelque chose d’approchant. Il faut accepter de n’être qu’une enveloppe de chair, tant le cerveau ni la mémoire ne comptent plus. Il faut se changer en une denrée concrète, sans éducation ni affect, n’obéir qu’à une logique mécanique, laisser de côté sa … Lire la suite C’est la vie dedans qui fait le travail, la fille essaie juste de respirer. | Brigitte Giraud, Avoir un corps, 2014, éd. Stock).

Les photos sont les faux amis de ma mémoire | Isabelle Zribi, quand je meurs, achète-toi un régime de bananes (Qui-vive, Buchet Chastel, 2014)

« Léonor m’invite à rejoindre les romanciers incompris. Je lui explique que cela irait contre mes convictions. -        Dans la poésie, si tu veux, même si je n’aime pas ce mot, dans un texte bref, je peux penser à chaque mot que j’utilise. Mais sur 250 pages, un mot vient avec l’autre comme dans cette chanson … Lire la suite Les photos sont les faux amis de ma mémoire | Isabelle Zribi, quand je meurs, achète-toi un régime de bananes (Qui-vive, Buchet Chastel, 2014)

tandis que d’autres ne font que traverser la vie | Florence Seyvos, Le garçon incassable (éditions de l’Olivier, 2013)

Florence Seyvos, Le garçon incassable (éditions de l'Olivier, 2013) Henri est donc un travailleur modèle. Il n'a pas besoin de réveil pour se lever. Son horloge intérieure lui commande d'ouvrir les yeux à 6h30. Il s'habille aussi vite qu'il peut, avec les vêtements que sa mère a préparés pour lui et qui l'attendent sur le … Lire la suite tandis que d’autres ne font que traverser la vie | Florence Seyvos, Le garçon incassable (éditions de l’Olivier, 2013)

ce genre d’événement dont on ne peut se plaindre par courrier auprès d’aucune instance | Fanny Chiarello, L’éternité n’est pas si longue 

Fanny Chiarello, L'éternité n'est pas si longue (éditions de l'Olivier, 2010) "Si l'on m'avait dit un jour que la variole viendrait décimer notre espèce, j'aurais certes frémi, mais j'aurais aussi imaginé tout ce qu'un événement pouvait apporter à nos sociétés malades, et je me serais trompée : la variole ne nous a rien apporté, rien … Lire la suite ce genre d’événement dont on ne peut se plaindre par courrier auprès d’aucune instance | Fanny Chiarello, L’éternité n’est pas si longue 

Sur un post-it collé au réfrigérateur, il liste ses amies comme il le ferait avec des produits d’entretien | Bruce Bégout, L’accumulation primitive de la noirceur 

Pendant que j'achevais la lecture de l'article sur Jackson.C.Franck, Ernst partit, sans que cela n'eût un lien avec le film de Herzog ou avec ce que j'étais en train de lire, dans une longue tirade (il était souvent coutumier du fait) sur ce qu'il nomma la listmania. La passion contemporaine des listes, disait-il, ne rencontre … Lire la suite Sur un post-it collé au réfrigérateur, il liste ses amies comme il le ferait avec des produits d’entretien | Bruce Bégout, L’accumulation primitive de la noirceur 

Cet impact originel qu’il tentait de revivre | Bruce Bégout, , L’accumulation primitive de la noirceur 

"Dans son cas, comme dans la plupart des autres d'ailleurs, sa manie tenait, me semble-t-il, à une profonde nostalgie de l'enfance. Il essayait de reproduire, en accumulant toujours les mêmes disques, les émotions premières, fortes et fondamentales qu'il avait ressenties vers ses treize ans lorsqu'il avait découvert cette musique. C'était cet impact originel qu'il tentait … Lire la suite Cet impact originel qu’il tentait de revivre | Bruce Bégout, , L’accumulation primitive de la noirceur 

qu’elle comprenne de quoi est fait le temps qui passe (à propos de « Réparer les vivants »| Maylis de Kerangal (éditions Verticales, 2014)

"Réparer les vivants", de  Maylis de Kerangal  (éditions Verticales, 2014) "Le visage de Sean en fond d’écran – ces yeux fendus sous les paupières indiennes – s’éclaire sur son téléphone. Marianne, tu m’as appelé. Illico elle fond en larmes – chimie de la douleur –, incapable d’articuler un mot tandis qu’il prononce de nouveau : … Lire la suite qu’elle comprenne de quoi est fait le temps qui passe (à propos de « Réparer les vivants »| Maylis de Kerangal (éditions Verticales, 2014)

des gens aux dents blanches et au regard droit | Isabelle Sorente, 180 jours

"J'y suis retourné le lendemain, cette fois le formateur était accompagné d'une formatrice, même âge, même dynamisme, une blonde aux dents très blanches, on aurait dit un couple de présentateurs télé. Ils s'étaient mis en blouse comme des médecins, d'abord ils nous ont montré le caisson à CO2 adapté aux porcelets, la caisse avait la … Lire la suite des gens aux dents blanches et au regard droit | Isabelle Sorente, 180 jours

un centre est toujours de trop (Virginie Poitrasson)

« Et c’est déjà disparu, apparu encore un peu plus loin, au loin, par les lointains que l’on génère si frénétiquement, fastes mélanges, lignes du désir au-delà de la raison et c’est un peu plus disparu, je m’éloigne de l’attraction, un centre est toujours de trop, comme une obsession du déploiement. J’aime cette déraison du … Lire la suite un centre est toujours de trop (Virginie Poitrasson)

Personne ne reconnaît sa voix enregistrée sur une bande (Bruce Bégout, Suburbia)

« L’émotion même qui naît dans les villes découle de ce trouble de la reconnaissance. Tout y paraît proche, et en même temps, signale un lointain inaccessible. C’est que l’esprit qui s’est extériorisé peu à peu dans les murs, les panneaux, les enseignes, les événements, le mobilier, les vêtements, s’est en quelque sorte perdu dans l’Autre. … Lire la suite Personne ne reconnaît sa voix enregistrée sur une bande (Bruce Bégout, Suburbia)

Vrouz de Valérie Rouzeau (éditions La Table Ronde)

Bonne qu'à ça ou rien Je ne sais pas nager pas danser pas conduire De voiture même petite Pas coudre pas compter pas me battre pas baiser Je ne sais pas non plus manger ni cuisiner (Vais me faire cuire un œuf) Quant à boire c'est déboires Mourir impossible présentement Incapable de jouer ni flûte … Lire la suite Vrouz de Valérie Rouzeau (éditions La Table Ronde)

accorder une importance nouvelle au temps long

"(...) Une émission ne s'évapore plus dans les airs. Une émission continue de vivre après sa diffusion. Pour le pire (on aimerait qu'une émission ratée, une question ridicule, disparaissent à jamais). Et pour le meilleur. Un auditeur qui a raté le début, ou l'ensemble, qui veut réécouter une émission, qui veut la garder ou la … Lire la suite accorder une importance nouvelle au temps long

Un remède à la crise économique ?

"Monsieur l'ingénieur ! Moins il y aura de monnaie en circulation et plus vite elle devra circuler, plus il y aura d'opérations à exécuter avec elle en un temps donné. Pour que l'argent passe plus vite de main en main, nous serons peut-être obligés de le transporter nous-mémés dans les usines, où nous attendrons qu'il … Lire la suite Un remède à la crise économique ?