Archives de Tag: Châteaubriant

Arno Bertina, Trouver ce point où tout s’additionne et rien ne s’exclut | entretien à Châteaubriant, octobre 2015

(Présentation de la rencontre sur le site de mobilis).

Arno Bertina a commencé ce soir-là par répondre à cette si minuscule et vaste question des origines. nous avons ensuite parlé de l’adolescence, de la photographie, de l’accord avec le monde, de la mélancolie, de l’évitement de tout ce qui enferme binaire, de Je suis une aventure, d’Italie, d’Afrique… So play it :

D’où venez-vous, Arno Bertina ?

FireShot Screen Capture #202 - 'Arno Bertina, entretien avec Gb, 13 octobre 2015 by Guénaël Boutouillet I Mixcloud' - www_mixcloud_com_guénaël-boutouillet_arno-bertina-entretien-ave

Arno Bertina, entretien avec Gb, 13 octobre 2015 by Guénaël Boutouillet on Mixcloud

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Le bel appétit (rencontre avec Sylvain Prudhomme, mardi 24 février, Châteaubriant) | podcast

prudhomme© Les Correspondances de Manosque

Sylvain Prudhomme© Les Correspondances de Manosque

Podcast de cette rencontre (26 février 2015)
Sylvain Prudhomme prend la parole après une introduction par moi-même, où je tentai un survol de ses sept livres si différents, et de quelques rapports existant entre eux. Il nous lit un extrait des Grands, pour commencer cet entretien.
Le bel appétit (rencontre avec Sylvain Prudhomme, mardi 24 février, Châteaubriant) podcast

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(article d’annonce de cette rencontre, 22 février 2015)

Le bel appétit

Rencontre avec Sylvain Prudhomme, mardi 24 février, 20h30, médiathèque intercommunale de Châteaubriant

«        ça me donne envie de me trouver des cassettes avait-il ajouté,

          des cassettes c’est-à-dire,

        des cassettes de leurs albums que je puisse réécouter tout ça et c’est alors seulement que j’avais compris qu’il n’avait jamais eu chez lui le moindre album ni d’Adamo ni d’Aznavour ni de Christophe, jamais possédé de cassettes ni peut-être de lecteur de cassettes et ne savait par conséquent les chansons qu’il venait de chanter que pour les avoir entendues jadis à la radio, nous étions fous de RTL avait-il dit un peu plus tôt mais c’était seulement maintenant que j’entendais vraiment ses mots, j’avais d’abord pris sa phrase pour une banale exagération, fou de RTL y a-t-il encore un seul auditeur aujourd’hui qui puisse en dire autant avais-je pensé et j’étais passé dessus sans m’arrêter, c’était seulement maintenant que je comprenais que quand il disait fou c’était vraiment fou, quand il disait j’avais toute la journée le poste à l’oreille c’était vraiment toute la journée le poste à l’oreille, cela m’avait servi de leçon et lorsqu’un peu plus tard il avait de la même façon j’étais fou de Victor Hugo j’avais immédiatement su ce que cela signifiait, immédiatement tiré les conclusions de cette folie et su que je pouvais lui demander l’intégralité du Souvenir de la nuit du 4 décembre, l’intégralité des Pauvres Gens, probablement si nous avions eu le temps l’intégralité de Booz endormi, j’avais su avec certitude que je pouvais lui demander des poèmes entiers de victor Hugo et sans hésiter je lui avais effectivement demandé L’Expiation, il avait souri et s’était mis à déclamer d’un ton grandiose les Il neigeait de la retraite de Russie sans que je m’en étonne, »

(in Là, avait dit Bahi, de Sylvain Prudhomme, L’Arbalète-Gallimard, 2012)

De ces rendez-vous réguliers à la Médiathèque de Châteaubriant, grâce à Marie Chartes puis Anne-Sophie Lachambre, deux à trois fois l’an, j’ai laissé des traces sur le site : qu’il s’agisse de cet entretien avec Hélène Frédérick en octobre 2014 ou de chroniques a posteriori sur les excellent livres de Florence Seyvos ou Sonia Chambretto, le moment fut à chaque fois de douceur et d’échange, que la proposition d’invité vienne de l’équipe ou de moi. Pour Sylvain Prudhomme, c’est comme un rendez-vous ancien qui se voit enfin honoré, puisqu’avec Sylvain en sept ans on a dû se voir trois fois une heure, toujours avec une belle joie au cœur. J’ai chroniqué ses livres au fur et à mesure de leur sortie ou presque, et ce jusqu’au récent Les Grands, au succès mérité, dont il m’a gentiment offert un making-off, composition de rushes en texte, son et image, pour remue.net. Je disais ou presque car il me restait Bahi. Là avait dit Bahi, son précédent roman (et le premier chez L’Arbalète), m’attendait – étrangement- dans la bibliothèque depuis trois ans. Et ce livre, si différent des autres (si différents les uns des autres : on dirait qu’à chaque fois il s’invente une langue, un format, un véhicule différent, pour qu’existe le livre, Sylvain), est uni à ses autres romans (récits ? promenades ? fictions documentaires ?, là encore, le genre est variable, chez Prudhomme) par au moins un trait partagé : cette allégresse trépidante, cet entrain réel à dire, raconter, décrire ou inventer – et l’on ne s’étonnera pas non plus que l’extrait cité cause musique, comme Les Grands glorifiait (mais aussi documentait, racontait, inventait) un certain funk africain. J’ai donc volé ces heureuses photos (avec leur aval) aux Correspondances de Manosque quand je les ai vues passer sur facebook, car elles disent aussi cela, que j’aurai (que nous aurons, vous êtes conviés) plaisir à retrouver mardi, pour écouter, questionner, palabrer, dans un appétit partagé.

En plus il lira, comme à l’accoutumée (Gaudy avait lu du Bailly, Caligaris du Vakulik), un petit peu d’un autre auteur, dont il a envie de laisser trace – une manière de passage, pour que l’échange se prolonge encore, a posteriori de son horaire : 20h30, mardi 24, Châteaubriant. Be here.

« s’exercer à parler du présent au passé, du passé au présent, pour changer d’angle, » Hélène Frédérick (podcast, entretien à Châteaubriant, octobre 2014)

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Hélène Frédérick (entretien à Châteaubriant, octobre 2014) | Écoutez le podcast

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La médiathèque de Châteaubriant me fait le plaisir de m’employer, depuis deux ans (et une première rencontre si belle, dense, joyeuse, avec Carole Zalberg, qu’elle soit ici saluée), à l’initiative de Marie Chartres puis de sa collègue Anne-Sophie Lachambre, à interroger des écrivains – une forme de co-programmation, qui me valut le plaisir de découvrir (les livres, et les belles personnes qu’elles sont) Florence Seyvos ou Fanny Chiarello, et d’y faire découvrir Sylvain Prudhomme (en février prochain) ou Hélène Frédérick, ce mardi soir d’octobre.

Hélène Frédérick, en deux livres, aux éditions Verticales, La poupée de Kokoschka (2010) et Forêt contraire (février 2014), tisse quelque chose, un ouvrage, écrirai-je, tant les résonances un peu pompeuses du mot œuvre parfois gênent, entravent un chemin en  cours, un ouvrage à la fois subtil et insoumis (l’insoumission est un de ses motifs revendiqués, dont on aura parlé durant cette soirée, dont elle inspecte aussi les variations durant sa résidence, relayée sur remue.net), à la fois précis (en sa construction, ses contraintes de format, sa méticulosité de langue) et elliptique (en ses motifs, narratifs, psychologiques, symboliques). Nous en aurons parlé une heure durant, ainsi que du Québec et des allers et retours intérieurs et physiques ; d’Allemagne au XXième siècle (et du talent d’Alban Lefranc, en ces zones troubles) ; de langues (natales, conquises, construites) ; de condition féminine, de dette et de manque. Et de la forêt, aussi, contraire et vivifiante, où l’on se terre et rejoue autrement la partie entamée ; d’enfance enfin, depuis un passage de Réjean Ducharme, auteur canadien dont elle nous lit une page et fait un bel éloge final.

Pour apport, deux extraits repris du livre forêt contraire,

celui-ci, au hasard de la souris,

 Je pense aux hommes et aux femmes exigus, tiens, aux obtus, aux sans-angles, aux œillères, aux gens lisses, aux fantômes, aux absents dont il est si difficile de se défaire parce qu’ils ont pris les contours impalpables d’un nuage, les vaporeux, donc, ceux qui n’offrent aucune prise. Mieux vaudrait peut-être, à l’heure actuelle, étudier la culture du banquier, comme Richard Hoggart avait appréhendé celle du pauvre, examiner à la loupe le quotidien des traders à la façon du frère Marie-Victorin s’inclinant sur les prés pour comprendre la vigueur du chiendent. On devrait s’exercer à parler du présent au passé, du passé au présent, pour changer d’angle, incliner d’un côté, de l’autre, le prisme des possibilités, le rendre erratique. Voir ce qui arriverait dans un pareil brouillage des mondes. Un tremblement de terre, c’est sûr, voire une éruption volcanique.

Et l’incipit, lu par elle en début de rencontre (à écouter dans l’enregistrement jouable ci-dessus, ou en cliquant ici, tiens)

Je me présente : je n’ai plus de nom. Voilà ce que je voudrais dire à la première personne que je croiserai dans coin, si ce jour vient : sourire, serrement de mains, je me présente, je n’ai pas de nom, et vous ? et basta. Mais faut voir à quel bâtiment j’ai amarré ma vieille barque, quelle vieille baraque j’ai amarré ma vieille bagnole ; difficile d’oublier son nom quand on a défait sa valise dans l’ancien chalet des parents et du frère. Même s’il n’y reste aucune trace, rien de rien excepté des bouts de peau microscopiques dans la poussière, et même si je traîne, ici comme ailleurs, une forte tendance à l’amnésie.

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Une belle ressource complémentaire :

Hélène Frédérick, Forêt contraire making-of, 1 (Extraits commentés du roman, sur remue.net)
Elements bio-bibilographiques :

Hélène Frédérick est née en 1976 au Québec. Après des études de lettres, elle a travaillé pour des librairies indépendantes, et dans l’édition, à Montréal, puis à Paris depuis 2006. Elle collabore à des revues littéraires et tient un blog (notes obliques) mêlant poésie, réflexions et fiction. La lire sur remue.net.

Bibliographie Elle a publié deux romans aux éditions Verticales, La poupée de Kokoschka (2010) et Forêt contraire (février 2014), signé des fictions radiophoniques sur France Culture et France inter. La poupée de Kokoschka a paru en 2014 dans la « série P » aux éditions Héliotrope (Montréal) pour une diffusion américaine en format poche.

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où l’intervieweur tente de capter sans oreillettes les instructions que le bureau lui envoie par téléphone. où l’interviewée sourit, patiente, douce et compatissant, à son habitude.

Oliver Rohe, Châteaubriant, mardi 4 décembre, 20h30

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C’est écrit dans le journal, le Ouest-France, oui :

« L’écrivain Oliver Rohe sera présent à la médiathèque intercommunale de Châteaubriant mardi 4 décembre. Né en 1972, Olivier Rohe vit entre Berlin et Paris. Membre fondateur de la revue Inculte, il est l’auteur de quatre romans : Défaut d’origine, Terrain vague (Allia), Un peuple en petit (Gallimard) et Ma dernière création est un piège à taupes (Ed. Inculte) sur l’inventeur de la « kalachnikov ».« 

Et pour une fois, faisons confiance aux PQR – tout indique qu’il sera bien là, Oliver Rohe, à qui je poserai questions, demain soir, à l’invitation de Marie Chartres, à la Médiathèque de Châteaubriant. L’occasion de creuser encore (comme j’avais eu la chance de le faire aux cafés littéraires de Montelimar, en octobre) cette biographie en trompe l’œil, Ma dernière création est un piège à taupes (Ed. Inculte), un livre qui donne bien plus que son pitch (déjà alléchant) pourrait laisser imaginer.

L’occasion, à l’aune de ces surprises et contours-là, formels et diégétiques (qui offrent, par exemple, aux chapitres géopolitiques du livre une phrase des plus amples, romanesques), de questionner le geste et sa nécessité, cette nécessité-là d’écriture, qui fait que le rapport au monde (au monde en ses brisures, monde brutal, violent, guerrier, souvent) tel que nous le monte Rohe, ne se conçoit pas sans un renouvellement formel. Incessant, déroutant, aiguillonnant.

L’occasion de relire une nouvelle fois ce si troublant Peuple en petit, et quand même certainement, pour la route, de dire ne serait-ce que quelques mots d’hommage aux abeilles, parce que.

En résumé : venez.