publie.net & publiepapier, une histoire de complémentarité

publiepapiercarre

(Reprise d’un article initialement paru sur livre au centre en août 2012) |

Rappel – remue.net organise ce vendredi 24 janvier, au Centre Cerise, à Paris, cette rencontre : Rencontre remue vendredi 25 janvier 2013 | « L’édition numérique comment ça marche » avec publie.net

Depuis la fin du mois d’août 2012, vous pouvez acquérir certains titres du catalogue publie.net en version imprimée, par le biais de votre libraire ou des boutiques de vente en ligne. Une cinquantaine de titres sont ainsi d’ores et déjà disponibles, en version différenciée, rééditorialisés puisque réédités (c’est ainsi le cas pour Daniel Bourrion, dont plusieurs des courts récits de mémoire (Langue, Litanie, La petite fille à la robe claire et 19 francs) sont compilés en un volume de Légendes.) La liste des premiers parus est éloquente : Didier Daeninckx, André Markowicz, Laurent Grisel, Claude Ponti, Cathie Barreau, Dominique Dussidour, Jean-Michel Maulpoix, Antoine Emaz, Marie Cosnay, Regine Detambel…) Vous pouvez en consulter le catalogue ici, c’est sur publiepapier.fr.

Cette nouvelle possibilité d’accès ne signe nullement un arrêt de l’édition en numérique, mais sa continuité, voire sa revitalisation. Quelques explications :

Publie.net, un laboratoire éditorial coopératif

La maison d’édition publie.net s’est formée en 2007 autour de François Bon, en parfaite continuité de son travail de défrichage des écritures contemporaines sur le web (fondateur de remue.net dès 1997, de Tierslivre.net depuis 2005). Elle est animée, avec et autour de lui, par un collectif d’auteurs (dont Fred Griot, Daniel Bourrion, Christine Jeanney, Pierre Ménard). Publie.net a toujours proposé des services évolutifs, dans ce secteur en friche et évolution rapide qu’est celui du livre numérique. Un long chemin, déjà, semble séparer les premiers pdf (émanant d’auteurs illustres autant que de parfaits inconnus, dans une alliance de collégialité et qualité rare), aux fichiers epubs multimedia comme la revue expérimentale et poétique D’ici là ou l’objet plastique que constitue Le Jeu continue après ta mort, de Jean-Daniel Magnin) – mais l’esprit n’a pas changé : publie.net publie des classiques, de grands contemporains reconnus, et beaucoup de voix neuves, inédites. La petite maison d’esprits curieux a toujours opéré sans calculs de rentabilité immédiate mais dans l’espoir de permettre & découvrir (et de permettre de découvrir) une constellation de textes et d’auteurs contemporains, littéraires, sans concessions.

Le projet numérique publie.net s’est doté au fil du temps de collections spécifiques : classiques, polar, SF, sciences sociales, Humanités numériques (la très recommandée Washing Machine de Hubert Guillaud), s’est donc lancé en 2012 dans ce qui sembla être une nouvelle folie : celle de l’impression à la demande (print on demand, ou POD, en anglais dans le texte).

De ce qui est tout sauf un retour en arrière, une mise en conformité aux canons du commerce du livre, François Bon s’est expliqué à plusieurs reprises, et encore pour ce lancement dans un article passionnant : la formule papier+epub et pourquoi on y croit.

L’édition pensée en bibliothécaire

Si les ventes en numérique, de fichiers, ont peu à peu progressé, doublant chaque année en volume depuis 2010, grâce aux petits prix pratiqués, mais aussi quand une masse critique de titres (notamment de classiques : de Kafka retraduit par Laurent Margantin à Baudelaire ou Rimbaud ) s’est trouvée disponible ; sa simple survie, puis son développement régulier, publie.net les doit aussi aux abonnements de bibliothèques. En effet, Publie.net offre l’accès à un catalogue ; la logique de service, d’abonnement est un de ses fondements, laquelle est, par nature « bibliothéco-compatible » : cette façon d’accéder au texte, à la littérature, qu’a bouleversé le web, c’est une pensée en ressources, en catalogue, plutôt qu’en titres isolés. Citons François Bon dans l’article sus-évoqué :

« Tout est parti des bibliothèques. Nous sommes redevables aux quelques dizaines d’établissements qui nous font l’honneur d’un abonnement, on ne se serait jamais développé sans cette confiance. Mais le taux de consultation de nos textes reste bas, au regard de leur investissement – la médiation pour les ressources numériques est aussi indispensable qu’elle l’est pour le livre papier. Mais pour le papier ils savent drôlement bien faire : expos, tables… Le déclic est venu pour moi de constater qu’à Rennes ou Poitiers ils avaient fabriqué de faux livres (un bout de polystyrène, et notre couv imprimée collée dessus) pour faire le lien entre les tables thématiques et les ressources numériques. »

Cette nécessité de matérialité, pour la médiation, la transmission, le passage, fait partie du travail de bibliothécaire (mais c’est aussi une des raisons pour lesquelles on va chez le libraire, un passage de main en main, voir et recevoir). Les bibliothèques, lieux de vie, ne peuvent faire l’impasse de cette pensée de la transmission, de l’alliage nécessaire des services, physiques et numériques, c’est aussi ce qu’expliquait Lionel Dujol, responsable des services numériques et de la médiation numérique des collections pour le réseau des Médiathèques du Pays de Romans, dans cet entretien (audio + texte) qu’il nous avait accordé à Livre au Centre début 2012 :

« Rester “dans les nuages”c’est forcément empêcher des usagers de profiter de ce travail de médiation. La médiation des collections est globale et doit se décliner sur des supports tangibles. La médiation est donc organisée en un écosystème informationnel dans lequel chaque contenu se ré-impacte sur tous les supports. La médiation dans le lieu physique doit exister dans l’espace numérique de la bibliothèque et vice et versa. »

Cette complémentarité-là, entre les supports et dans la façon de les donner à découvrir, c’est aussi elle qui fonde la différence et la nouveauté fondamentale de publie.papier : pour l’achat d’un livre imprimé, vous aurez accès à son fichier numérique :

« On réfléchissait donc à tout ça un peu à la fois quand cela nous est apparu d’évidence : ce que nous proposons, dans la vente d’un livre imprimé, c’est aussi ce que le numérique nous a appris de la notion de service. Nos livres imprimés incluront systématiquement un code d’accès à la version numérique (epub, mobi pour Kindle, streaming pour consultation en ligne). »

« (…) c’est bien d’un déplacement de concept qu’il s’agit : la mise à disposition du texte par l’objet ne vous prive pas du service que la technologie apporte au vieux verbe lire – recherche plein texte, bibliothèque numérique, liberté de prolonger la lecture sur l’ensemble de vos supports, téléphone compris. Et les usages changent : on partage les livres papier, faisons pareil avec le numérique, offrez un publie.papier à quelqu’un, mais dites-lui de vous donner le code, on ne s’en portera pas plus mal si vous êtes deux à lire…. »

Le risque de la lecture

Cette prise de risque, qui paraîtra un pari insensé aux frileux, est en fait un pari logique, pour une coopérative qui s’est toujours opposé aux DRM, qui s’est toujours impliquée, généreusement, dans des combats pour une libre/meilleure circulation des textes littéraires, dans un contexte de tension mais aussi d’expansion, dans ce moment crucial, dans cet « âge de l’accès » (Jeremy Rifkin), où ce qui se joue, c’est tout simplement la possibilité dans un avenir proche d’accéder à la littérature. Renversant certains préjugés entretenus à tort, nous citerons, avec François Bon, cet adage de Daniel Bourrion : « Tout ce qu’on risque, c’est d’être lu. »

Et avec eux, ne pouvons que vous encourager à tenter l’expérience : qu’elle soit sur écran, sur papier, la littérature contemporaine est vivante, vaut la peine de la découverte. Après tout, selon la formule judicieusement réversible de Daniel Bourrion : Tout ce que vous risquez, c’est de lire.

Ci-dessous, notes explicatives de détail (ici résumées), sur la façon de procéder, de commander, etc, par François Bon lui-même dans l’article sus-cité.

Comment procéder, et compléments pour les auteurs et les libraires

- La commande s’effectue auprès du libraire. Les titres sont répertoriés par Hachette Livre chez Dilicom, et sont donc accessibles via l’ensemble des libraires, petits ou gros, en France ou à l’étranger. La commande transmise, le livre est imprimé dès le lendemain matin et expédié au libraire en retour. Bien sûr cela vaut aussi pour les grands sites de vente en ligne, libraires indépendants ou grandes plateformes (Fnac, Amazon). Et bien sûr, dès notre site vous disposez de liens directs et suggestions libraires.
- Disponibilité immédiate chez les libraires partenaires. Deux libraires d’importance, Ombres Blanches à Toulouse et Vent d’Ouest à Nantes, chacun disposant d’un puissant site de vente en ligne, seront les premiers à disposer de l’ensemble de notre catalogue en stock physique. Dans ce cas, la commande passée chez eux vous est expédiée sans même le délai d’impression à la demande, qui ne sert qu’au renouvellement. Commande ferme ou mise à disposition.
- Remises libraires : bien sûr la même que celle pratiquée ordinairement. Seule contrainte, commande ferme, pas de retour.
- Attention, en rodage ! Les métadonnées (un grand tableau Excel avec ISBN, auteur, titre, notice, prix, format etc) sont transmises à Dilicom comme pour tout éditeur. Mais il faut un push manuel pour certains autres circuits, d’ici quelques jours les vignettes de couv seront visibles sur le site Fnac on l’espère, et surtout apparaîtront dans l’ensemble des librairies associées au réseau Tite-Live – retard cause mois d’août. Nous travaillons d’autre part avec Tite-Live/ePagine (merci Stéphane Michalon et Christophe Grossi) à ce que, pour les livres commandés via les librairies indépendantes de leur réseau (et non des moindres !), le téléchargement de la version epub puisse se faire depuis le site de la librairie elle-même.
- Amazon et la mention en rupture de stock : les livres en impression à la demande, par nature, ne comportent pas de stock. C’est réglé chez amazon.us, où l’impression à la demande est depuis longtemps dans les mœurs, mais pas sur amazon.fr, qui maintient la mention même lorsque l’ouvrage, nous le savons, a déjà été expédié au lecteur. Hachette Livre en discussion avec Amazon pour régler ce bug, mais merci de ne pas en tenir compte…
- Les bibliothèques passent par leur fournisseur habituel. Grossistes ou libraire de proximité, ils sont à même de recevoir vos commandes selon vos procédures habituelles, marché public y compris, rien que du plus banal. Téléchargement de l’epub le site publie.net, créer un compte au nom de l’établissement, puisque cela figurera sur le tatouage. Merci de mettre un coup de marqueur sur le QR code avant mise en rayon de l’ouvrage.
En l’état, 25 ouvrages sont déjà validés, une quinzaine d’autres va suivre dans les heures et jours à venir. Entrée progressive, à partir d’octobre, dans une mise à disposition simultanée des versions numériques et papier+epub.


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