L’imagination sans pouvoir

De la rentrée, des bruits de langue et d'autres choses, belles malgré tout

C'est l'heure anniversaire (prière de ne pas prononcer le « e » final du substantif sous peine de malheureux jeu de mots), un an qu'on se flippe et patine face, avec, dans ce nouveau monde avec (Covid), qui est d'abord un monde sans (… listez vous-même, c'est bien trop long).

Et quoi d'autre que... l'attente. L'attente, pas même de lendemains meilleurs, juste du prochain verrouillage, dont on sait l'imminence tant on laisse « fuiter » depuis des jours la mauvaise nouvelle – c'est un film à suspense an plus petit budget scénario depuis Plus belle la vie, je crois.
On attend on fatigue, on tient.

« Il n’y a pas d’hypermarché Auchan dans le Jura. » | Pierric Bailly, Les enfants des autres, P.O.L , janvier 2020

(Je me suis promis ici, dans ces semaines qui existent, n’existent pas, existent, n’existent pas, en ce printemps 2020 sous cloche antivirus, de parler de quelques livres fantômes, de ceux qui n’auront / n’auront eu que peu de temps (voire pas du tout) pour exister à nos yeux sur les tables de libraire (....)
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Ce livre est une drôle de glissade dont on ne dira pas la fin, sauf que d'autres twists, c'est garanti, il y en aura, et jusqu'au bout.
L'ordinaire n'est jamais lisse, le quotidien jamais une simple surface.
La famille, aussi belle et aimante puisse-t-elle être, est, et demeure une fiction – c'est à dire une construction, aussi parfaitement réfutable que source de mille possibles.

Luc Blanvillain, Le répondeur (Quidam, janvier 2020)

Un plaisir comme celui que procure ce livre est rare – rare dès cette caractéristique, celui d'être une comédie, et de surcroît une bonne, une excellente comédie. Elle excelle par intelligence et par habileté narrative, à quoi une qualité d'observation et de rendu (une langue adaptée, élégante, précise) vient parachever cet effet de profondeur, d'empathie … Lire la suite Luc Blanvillain, Le répondeur (Quidam, janvier 2020)