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« Edition multipliée : Le livre numérique », Roxane Lecomte et Jiminy Panoz (26/09/2013, La Roche-sur-Yon)

 « Edition multipliée : Le livre numérique », Roxane Lecomte et Jiminy Panoz (26/09/2013, La Roche-sur-Yon)

couvMagnin-publie.net -roxanelecomte

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(Quelques images du livre Le jeu con­tinue après ta mort,  de Jean-Daniel Magnin (publie.net). On trouve le livre ici-même.)

A LIRE, cet outil d’apprentissage et de découverte extraordinaire, multiplement évoqué au cours de cette journée  Livre gratuit : le b.a.-ba. du livre numérique par Jiminy Panoz

EDITION MULTIPLIEE : LE LIVRE NUMERIQUE

Jeudi 26 septembre 2013, Pôle Yonnais de l’Université de Nantes à la Roche-sur-Yon.

 

« Si l’ebook designer est auteur, ce n’est que d’une réflexion. Quand je répondais à cette question lors de la soirée, est-ce que le créateur de livres numériques est également auteur, j’ai involontairement placé dans ma réponse « mes livres » : c’est un superbe lapsus révélateur, car oui, je les considère un peu comme mes livres, j’ai passé du temps dessus, je m’en sens proche, je suis pressée qu’ils soient publiés, et tout comme pour les auteurs, ce sont un peu mes bébés. Mais ce ne sont pas mes livres dans le sens de possession-copyright-droit d’auteur : j’y suis juste attachée car j’y ai participé, que bien souvent ce sont des aventures humaines avant même d’être des aventures littéraires. », explique-t-elle, dans cet article, à propos de son métier si mystérieux, si nouveau, si chic (vu de loin), si exigeant (vu de près, au cœur du texte, de l’écran) – elle, c’est Roxane Lecomte, moitié de ce binôme (dont l(autre part est Jiminy Panoz) que nous questionnerons ce jeudi 26 septembre, à La Roche-sur-Yon, pour la quatrième journée de ce cycle qui m’a (nous a) occupé, toute cette année 2013, dont le blog [lire+écrire]numérique, cycle conçu avec Catherine Lenoble pour le CRL Pays de la Loire témoigne en tant que trace, regroupement des ressources (captations vidéo, textes produits en atelier…)

Nous pourrons, ce jour-là, nous pencher sur le texte et ce qu’ils en font, eux deux ; avec quel soin ils s’efforcent de donner au texte considéré le meilleur espace d’inscription, de lui donner la meilleure place – celle qui aidera notre œil à s’en saisir. Parce que le livre, en tant qu’espace de réflexion prodigieux, à l’ergonomie extrêmement complexe (le livre est une technologie, affirme Hervé Le Crosnier), ne va pas disparaître dans le numérique – enfin, ce qui nous importe dans le livre (ce qu’il nous apporte) ne va disparaître, mais assurément va changer – comme aussi tout change, à chaque instant de nos vies.

Et pour nous aider à l’appréhender, ce changement, ces changements, il devrait être fortement aidant de les écouter, de les questionner à ce(s) sujet(s).

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Programme

9h – 17h. Entrée libre sur inscriptions.

9h30 : Accueil café

10h : Conférence en duo « Edition multipliée : Le livre numérique » avec Roxane Lecomte et Jiminy Panoz. Comment fabrique-t-on un livre numérique aujourd’hui ? Qui sont ces nouveaux artisans de l’édition qui façonnent un objet immatériel que l’on embarque sur de nouveaux supports, de nouveaux écrans ? Comment pense-t-on cet objet, en continuité ou en rupture avec la chaîne graphique et les circuits d’impression traditionnels de fabrication du livre ? À travers le parcours de nos invités – de leur formation (à l’IUT de la Roche sur Yon pour Roxane Lecomte) à la création de leur studio (Chapal&Panoz) en passant par l’expérience publie.net,  nous déplierons les étapes nécessaires à la fabrication d’un livre numérique et discuterons de ce que cela change du côté de l’éditeur, de l’auteur, du lecteur et plus largement des acteurs du livre et de la lecture.

12h30 : Pause déjeuner

14h : Atelier de conception et pré-production d’une édition numérique. Atelier de trois heures en groupe  restreint. Depuis le démarrage du cycle en janvier 2013, les productions des ateliers et la redocumentation des conférences (captations vidéo, ressources documentaires, glossaire) sont venues alimenter le blog [lire+écrire]. Dans la perspective de faire de ce blog un nouvel objet éditorial (livre numérique), nous en imaginerons ensemble la maquette ; l’occasion d’interroger ce qui diffère des objets éditoriaux tel qu’un « site » ou un « livre ». Et ce qui évolue.

 A propos des intervenants

Roxane Lecomte  et Jiminy Panoz ont fondé le Studio Ebook Chapal & Panoz, opérant à la croisée de l’édition numérique, du code et du design graphique.

Roxane Lecomte développe notamment le design éditorial de la coopérative publie.net. Son domaine de prédilection est le graphisme. Jiminy Panoz est un auteur publié par Walrus Books, un designer de livres numériques et un passionné de typographie.

Renseignements et inscriptions  auprès de Christine Marzelière : christine.marzeliere[@]paysdelaloire.frTéléphone  02.28.20.51.35

Inscriptions au stage de l’après-midi : auprès de Guénaël Boutouillet et/ou Catherine Lenoble

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Il n’est pas interdit de ne pas interdire (Copier n’est pas voler, avec Lionel Maurel).

2013-03-03-14.11.52Après notre journée Copy party – Communs, données publiques et culture libre (mars 2013, Bibliothèque de Rezé, avec Lionel Maurel)

J’avais annoncé cette journée , deuxième de ce cycle, conçu avec Catherine Lenoble pour le CRL Pays de La Loire, plus avant sur le site.

Y revenir, après qu’elle ait eu lieu, je l’ai déjà fait ici. Le bilan personnel que tire Lionel Maurel de l’ensemble de cette journée est à lire sur son site scinfolex. 

La captation est ici

Les slides de Lionel Maurel

Merci à lui, oui, pour son intervention de grande tenue, limpide et riche, mais aussi pour sa présence attentive, marque de son intérêt avéré pour le partage et l’échange de connaissances et de questions, dont témoigne cet article, et particulièrement cette phrase :

« L’enseignement que je tire de cet évènement, c’est qu’il paraît important d’inscrire la Copy Party dans une démarche plus vaste et d’en faire le support d’une action de médiation culturelle. »

…Où le modèle hybride (expérimental et ouvert) que représente ce cycle de formation porte ses fruits, quand l’intervenant vient y apprendre quelque chose en même temps que de délivrer son savoir (et quel savoir.)

…Où les mots co-apprentissage et mutualisation ne sont pas vains.

Déroulé de cette journée

I –Ce que copier veut dire par Lionel Maurel / (voir ici)

Copier n’est pas voler – De cette présentation d’une grande richesse, me reviens notamment ce moment (page 40/83 du powerpoint de Lionel), et la  remise en cause de cette égalité (Copier c’est voler), auto-instituée comme évidence ou vérité, tellement rabâchée comme un mantra, en bon slogan publicitaire, que littéralement devenue ce qu’elle visait à devenir : dans un grand nombre de nos esprits bien intentionnés, Copier est devenu voler, en très peu d’années d’un travail coercitif des ayant-droit et de l’industrie culturelle : Messi est un prodige, les Islamistes nous cernent, et copier c’est du vol, voilà quoi. Un lieu vite devenu commun, pendant que le bien  l’est de moins en moins (commun). Le passage par le Droit, l’explication par sa langue spécifique (voler, en Droit, c’est soustraire à autrui, or copier n’est pas soustraire à autrui : L’égalité ne vaut pas, elle est erronée) est une rectification stimulante. L’ensemble de l’intervention (filmée, et bientôt mise en ligne) est de cet acabit : une lecture, fort outillée, nous est donnée par Lionel Maurel d’un ensemble de réductions de NOS droits, éparses et déguisées en autres choses et en premier lieu la défense des gentils artistes, qu’on ne se gêne pas par ailleurs pour employer sous conditions de plus en plus précaires, de bien des façons – de cela, de la coercition liberticide à l’œuvre, d’autres parleront mieux que moi, notamment Philippe Aigrain sur son blog Débat public,ou Olivier Ertzscheid sur Affordance).

Ce qui me fut si vif, à cet endroit, fut ce retour de réel par le langage, un langage revitalisé. Langage utile, rendu  à nouveau utilisable, dès lors qu’une intelligence s’en saisit à un autre escient que l’omniprésente eau tiède de la comm. Ces rapports infimes, intimes, absolument subjectifs, qui se tissent, en nous, entre nos « disciplines », ou centres d’intérêt et d’action, sont éléments de construction & moteur : le rapport que j’y vois est, pour le dire vite, qu’en nous plaçant du côté du langage (ainsi qu’on le fait en littérature, et en atelier d’écriture), en le serrant, le questionnant, au plus près, quelque chose peut encore advenir : briser la mer gelée en nous, écrivait Kafka, phrase laissée longtemps en exergue, au fronton, de remue.net, énoncé performatif dont la vigueur est vigilance, dont l’actualité ne s’altère nullement ces temps-ci. Vigilante vigueur que la nôtre, lorsque, humblement, nous tentons, et tentons encore, de passer la littérature contemporaine par le biais de ces bricolages d’atelier, de l’éprouver, de mieux la lire.

Reprendre vie, vigueur, vigilance, par et avec la langue – et bientôt, regagner du terrain, contrer ces annexions multiples.

 II – Copy party (dans la Médiathèque Diderot) /

(Principes de la Copy Party (repris du blog de la première Copy Party, sur la campus de l’IUT de La Roche-sur-Yon, en 2012))

Notre proposition faite à Lionel Maurel était de nous aider à réfléchir ensemble, par le biais de ce mode de rassemblement, sur cette notion de « communs » qui nous concerne tous. Son propos introductif aura mis en perspective la notion de Copy Party, ses fondements. Party qui, mise en pratique ensemble, fut une promenade réflexive (et non pas un hold-up, ou braquage de ressources ou ce qu’on pourrait s’imaginer en lisant trop vite : l’évènement Copy Party a des règles, il respecte les lois en vigueur et les interroge) au cœur de ce beau bâtiment, qu’est la Médiathèque Diderot de Rezé, une flânerie orientée.

Au top départ, lorsque chacun part en quête de quelque chose à copier, ce qui s’entame  sous forme de jeu, est un moment de recherche, d’une recherche active. Que voudrais-je emporter avec moi, et garder, de ces milliers de documents, se dit-on, face à la masse documentaire. Et tout comme une contrainte formelle et temporelle précipite l’écriture, en contexte d’atelier, l’orientation vers la copie, la formulation de cet « objectif » ludique enrichit notre errance entre les rayonnages.

L’échange qui suit, et conclut ce deuxième moment de la journée est riche en nouvelles questions et problématisations, entre bibliothécaires et usagers, entre individus, entre lecteurs, auditeurs, regardeurs : un moment de partage que cet échange hors norme, hors jargons, en territoire, un échange en territoire partagé.

III – Atelier de pratique

Durant cet atelier de pratique en groupe restreint, nous avons ensuite revisité, avec Catherine Lenoble, certaines des questions posées le matin. Comme souvent en situation d’atelier, une interprétation littérale, au pied de la lattre, d’un fait de langue permet, lance, autorise. Nous nous astreignons strictement à : ne pas diffuser de copie de ce document destiné à usage privé, et de fait, nous en appelons à l’intertextualité, à la réécriture de ce que nous lisons. Ce que je copie je le lis, je me l’approprie, et sitôt lu, appréhendé, approprié, il en résulte autre chose. Ce que je lis, je le transforme, je l’augmente de ma lecture.  (Et le partage des connaissances est un élan, une porte ouverte vers de futures créations).

Exercice 1 Amplifier ou dégrader (Copie de copie de document)

Partant du document copié le matin même, gardé par devers soi, nous couplons cette appropriation à une réflexion sur sa nature même. Qu’advient-il de ce dont nous nous emparons, ce que nous lisons n’est-il pas sitôt réécrit en nous ? Après présentation de l’autobiographie des objets de François Bon (où chacun des objets du passé considéré ouvre, sinon un monde, du moins sur une perception et un trajet dans le monde : c’est comme si, chacun de ces objets, scruté, regardé de près puis de plus loin, envisagé dans ses rapports multiples avec son propriétaire, son intercesseur, son origine, sa destinée, pouvait permettre de déplier de façon heuristique une manière de voir et un parcours, à la fois intime et générique), nous allons scruter le document comme nous scruterions un objet étranger, et tenter d’en écrire tout ce qu’on peut en écrire jusqu’à épuisement.

La consigne,  donc :

Réécrire ce document – sans le paraphraser : c’est à dire : si c’est une image, l’écrire sans insert d’images ; si c’est du texte, l’écrire sans rien en citer ; l’écrire autre ; n’en révéler, dans le corps du texte, aucun élément contextuel trop éclairant (notice, auteur, date).

Les textes produits sont à lire ici.

Ce moment hybride – le répéter – à la fois journée de formation (très) professionnelle & (très) ouverte à tous ; dépliement en plusieurs temps d’une parole savante, éclairante, avisée ; relecture par l’écriture de l’acte de copie, lui-même actualisé par la parole de Lionel Maurel ; étoilement d’une assez grande subtilité, passé comme une lettre à la poste (ou comme un statut facebook), outre d’être joyeusement utile, nourrissant pour celles et ceux qui y auront participé, aura, très personnellement, constitué la confirmation d’une intuition (de plusieurs : la bibliothèque réenvisagée comme terrain de jeu, d’exploration, de quête ; l’efficacité d’un mode de formation actif, littéralement en mouvement), et l’endroit de germination d’autres intuitions, rapports : comme quoi ça ne s’arrête jamais cette machine-là, cette énergie du Vivant, que nous procurent, que revigorent, les œuvres et ce qu’elles nous disent. Et que transformer cette parole, ces mots, en matière neuve, en intrications inédites puisque spiralées intimement, ne cessera pas, quelles que soient la technicité et la robustesse des cadenas.

D’ici là se le garder en tête : tout comme l’acte de copier qui, non,  n’est pas l’égal de voler ; il n’est pas interdit de ne pas interdire.

Lionel Maurel, intelligent et collectif (jeudi 14 mars à Rezé, Copy party & +++)

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Dans le cadre de ce cycle [Lire+écrire] numérique, co-organisé avec Catherine Lenoble pour le CRL Pays de la Loire (voir le blog dédié, qui présente tout & plus encore), nous accueillerons Lionel Maurel (juriste et bibliothécaire (alias Calimaq, http://scinfolex.wordpress.com/) jeudi 14 mars à la Médiathèque Diderot de Rezé (merci de cet accueil), pour une journée (deuxième du cycle), intitulée :

Copy party – Communs, données publiques et culture libre,

journée durant laquelle. nous écouterons Lionel nous présenter le concept de copy party, en ferons une avec lui, et questionnerons & redocumenterons notre expérience collective, via un atelier d’écriture connectée, en direct sur le blog.

Tout est expliqué ici et repris en note plus bas.

Ce cycle est une belle expérimentation, expérience de formation, transmission et création. Les prises de parole (voir à ce sujet les captations des interventions de Olivier Ertzscheid et de Laurent Neyssensas lors de la première journée du cycle) savantes et synthétiques sont relues (par l’écriture en atelier) et réinterrogées sur le blog, façon d’amplifier leur assimilation en même temps que d’éduquer aux outils de publication en ligne. C’est un modèle hybride de journées de formation, qui à notre humble échelle, s’invente – et de cette logique, cette deuxième journée du cycle est exemplaire : découpée en 3 temps (1 – parole explicative et de mise en perspective, 2 – expérimentation de la copy party, 3 – interrogation par l’écriture de l’expérience partagée), redocumentée par la suite sur le blog dédié,  elle constituera, nécessairement, un moment communautaire et hors du commun.

« Il est temps selon moi d’instaurer une “pax numerica” en trouvant de nouveaux moyens de financer la création et les auteurs. Des solutions ont été proposées du côté de la licence globale ou de la contribution créative. Il est temps de les mettre en œuvre. Par ailleurs, il me semble essentiel de consacrer beaucoup plus fermement la notion de “biens communs” dans l’environnement numérique. Le savoir et la connaissance ne peuvent pas être soumis à un régime d’appropriation exclusive comme les biens matériels. Quand je partage un bien matériel, il se divise. Mais quand je partage une connaissance, elle se multiplie et se propage. Le droit doit prendre en compte les caractéristiques propres de l’environnement numérique. Ce serait le moyen à mon sens de tirer pleinement profit de l’intelligence collective qui est à l’œuvre sur Internet et qui constitue sans doute l’un des biens les plus précieux de l’humanité aujourd’hui. A titre personnel, je m’efforce de faire de mon mieux pour rendre à l’intelligence collective tout ce qu’elle me donne. » (Lionel Maurel, extrait de cet entretien pour livreaucentre.fr)

De Lionel Maurel, j’ai eu l’occasion de découvrir l’expertise lumineuse et l’amplitude de son champ d’intervention (capable d’analyser le succès du Gangnam Style sous l’angle de la relativisation du copyright, autant que de rédiger un projet de loi crédible pour le domaine public en France), lors de cette intervention en 2011  pour Livre au Centre (consulter le podcast disponible).

C’est une chance de pouvoir proposer cette parole en partage, et de s’en servir comme appui, comme clé, pour construire, ensemble, de l’intelligence collective.

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Programme et détails
Copy party – Communs, données publiques et culture libre
Jeudi 14 mars 2013
Bibliothèque de Rezé
Médiathèque Diderot, place Lucien-Le-Meut, 44400 Rezé
Renseignements & inscriptions
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Déroulement de la journée
9h30 : Accueil café
10h : Conférence de Lionel Maurel autour des notions des biens communs, de culture libre et de domaine public , puis temps d’échange à propos du principe de Copy Party, en tant qu’application pratique, assimilable, vivante, de ces concepts fondamentaux et militants.
Copy party expérimentale dans la médiathèque de Rezé, en fin de matinée.
12h30 : Pause déjeuner
14h : Atelier « copier/donner » : Exercice d’écriture de la copie : écriture à propos d’un document de ma bibliothèque, réinterprétation, intertextualité – écriture en ligne et en direct sur le blog dédié.
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Copy party ?
// Le 7 mars 2012, à La Roche-sur-Yon, Lionel Maurel, Silvère Mercier et Olivier Ertzscheid inaugurent le concept de Copy Party, par une première mondiale qui fait date. Le happening est à la fois militant et pédagogique : Lionel Maurel en explicite les fondements sur son blog (Silex) :
 » Depuis une réforme du régime de la copie privée intervenue le 20 décembre 2011, le législateur a explicitement indiqué que les copies privées, pour être légales, devaient être réalisées à partir d’une « source licite ». La loi n’indique cependant pas que ces sources licites sont limitées aux exemplaires dont le copiste serait propriétaire. A ce titre, il existe d’autres manières de se procurer de telles sources licites et les bibliothèques en sont une. En effet, consulter ou emprunter un document en bibliothèque constitue un moyen d’accéder légalement à une œuvre protégée. C’est la raison pour laquelle une Copy Party est désormais possible en bibliothèque. Avant la réforme de décembre 2011, des incertitudes existaient, à la fois dans la jurisprudence et dans la doctrine, au sujet de cette question de la source licite (dite aussi, « licéité de la source »).
Lors de la Copy Party, vous pouvez donc réaliser des reproductions à partir des documents et ressources qui font régulièrement partie des collections de la bibliothèque. Cela vaut par exemple pour les livres, les périodiques (revues et magazines), les CD ou les DVD. »
Nous avons proposé à Lionel Maurel, un des auteurs-initiateurs de cette journée et de ce concept, à la fois bibliothécaire et juriste, de nous aider à réfléchir ensemble, par le biais de ce mode de rassemblement, sur cette notion de « communs » qui nous concerne tous. Son propos introductif mettra en perspective la notion de Copy Party, laquelle, mise en pratique ensemble, nous permettra de prolonger ensemble et activement cette réflexion.
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Principes de la Copy Party (repris du blog de la première Copy Party, sur la campus de l’IUT de La Roche-sur-Yon, en 2012) :
QU’EST-CE QU’UNE COPY-PARTY ? Un évènement permettant aux usagers équipés de scanners, de téléphones ou d’ordinateurs portables de les amener et de copier des livres, cd, ou dvd en provenance des collections des bibliothèques !
A QUELLES CONDITIONS PEUT-ON PARTICIPER A UNE COPY-PARTY ?
● Ces copies doivent être réservées pour votre usage personnel
● Chaque personne doit faire ses propres copies avec son propre matériel de reproduction (appareil photo, téléphone portable, etc.)
● Elles doivent être réalisées à partir des documents originaux consultés dans une bibliothèque
● L’acte de copie ne doit pas briser une mesure de protection technique (DRM)
QUEL EST L’OBJECTIF D’UNE COPY-PARTY ? Au travers d’une action symbolique, militante et festive, il s’agit :
● de sensibiliser les usagers à la législation sur le droit d’auteur et la copie privée ainsi qu’aux problématiques du partage des oeuvres aujourd”hui
● d’attirer l’attention sur l’intérêt et le rôle des bibliothèques dans la diffusion, le partage et l’accès aux connaissances au XXI ème siècle.
● de questionner les acteurs politiques nationaux et locaux sur l’essor des politiques de criminalisation des pratiques numériques et sur l’urgence de maintenir une libre circulation des savoirs dans le cadre d’une offre légale.
DE QUOI A-T-ON BESOIN POUR PARTICIPER ?
D’un peu de matériel. Au choix, un smartphone équipé d’un appareil photo et ou d’une application permettant de scanner des documents, et/ou un ordinateur portable avec un scanner, et/ou un appareil photo numérique, de quelques DVD vierges si vous souhaitez copier des DVD.
Et d’un peu d’engagement : à votre arrivée, vous devrez signer un document par lequel vous vous engagez à ne réutiliser le produit de cette copy-party qu’en conformité avec le code de la propriété intellectuelle, dans le cadre d’un usage strictement personnel.
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L’intervenant : Lionel Maurel, juriste et bibliothécaire
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(Par thesupermath. CC-BY-SA. Source : Wikimedia Commons, remix by GB)
Lionel Maurel http://scinfolex.wordpress.com/
À la fois conservateur des bibliothèques et spécialisé dans les questions juridiques liées à leurs activités, notamment sur tout ce qui touche aux droits d’auteur dans l’environnement numérique, cette double compétence de juriste et de bibliothécaire lui confère une expertise rare dans ces domaines mouvants et problématiques. Il anime le site Calimaq S.I.Lex, au croisement du droit et des sciences de l’information. Il est co-fondateur du collectif SavoirsCom1. Lionel Maurel a à cœur de « rendre à l’intelligence collective tout ce qu’elle lui donne » (voir aussi cet entretien avec lui).

[Lirecrire numérique, jour 1]

C’était jeudi 10 janvier sur le pôle universitaire yonnais, c’était vif, plein, joyeux, réflexif – c’était de l’éducation populaire, et le lancement de quelque chose de personnellement important. Go !

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[Redocumentation – Jeudi 10 janvier 2013 – journée 1]

(reprise de contenus du blog dédié).

Olivier Ertzscheid et Laurent Neyssensas se sont succédé on stage devant un amphithéâtre bondé, pour deux interventions parfaitement complémentaires ; deux manières d’Histoire du web, subjectives, c’est-à-dire en rapport avec leur champ de recherche spécifique. En attendant, d’ici quelques semaines, de diffuser ici les captations vidéo de ces récits, réflexions, et échanges avec le public ; d’ores et déjà une manière de résumé de cette journée. (Quant à Marguerite Duras, sa magnifique présence est cachée dans une des deux présentations powerpoint de nos invités).

I – Les 4 révolutions du web par Olivier Ertzscheid

Article sur affordance.info ; et slideshare de l’intervention :

II –Une chance de comprendre – comprendre sa chance ? Laurent Neyssensas

III – Atelier de pratique

Durant cet atelier de pratique en groupe restreint, nous avons ensuite déplié, avec Catherine Lenoble, certaines des questions posées le matin.

Il s’agit d’un atelier d’écriture et de publication : car qui dit web dit publication, et ce n’est pas la moindre des mutations évoquées : l’ « accès » dont vivons l’âge (cf. Jeremy Rifkin) est certes un accès accru à l’information, mais surtout un accès multiplié à la publication, voire une inversion des postures, dès maintenant et plus encore dans le futur – « on » publie en même temps que d’écrire, et manquant de formation, « on » publie d’emblée, sans réfléchir l’acte d’écrire. La nécessité de se pencher sur les deux processus, et de le faire en simultanéité, nous apparaît fondamentale – et notamment pour les médiateurs du livre à qui s’adresse en priorité ce cycle de formation.

Le premier exercice parcourt plusieurs concepts clés, selon un principe d’écriture simple : « Se présenter en une courte biographie à la troisième personne du singulier, dont un mot sur dix contienne un lien hypertexte, issu de recherches préalables sur le web ». Les participants sont formés à l’usage de wordpress, CMS en libre accès ; ils écrivent connectés, font des recherches sur le web et constituent un texte selon cette enquête en sérendipité ; ils enquêtent sur eux-mêmes et sur les traces qu’ils laissent sur le réseau ; ils s’énoncent en contexte de publication (et réfléchissent de fait à la représentation d’eux-mêmes, plus ou moins distanciée, qu’ils mettent en ligne) ; ils insèrent des liens. Et ce petit insert infime (mais répété), via simple copier-coller, outre les enseignements pratiques (lire une ligne au moins de code html, appréhender l’existence et l’importance des adresses URL) qu’il dispense, permet de se pencher avec attention sur nos processus d’écriture et de lecture, sur leur entremêlement permanent et singularisé, sur la possibilité offerte par l’hypertexte : l’économie (de signes, d’espace sur la page) et l’amplification (de documentation annexe, de possibilités d’ouverture et d’expansion du texte). La consigne et les textes sont à lire ici.

Le second exercice est une réinterrogation, quelques heures après, de ce qui fut énoncé la matin même, de son pouvoir d’étonnement, de découverte, par le prisme du langage même. Nous commençons de constituer, avec les participants, un glossaire collaboratif – partant de ce qu’on n’a pas bien, ou seulement partiellement ,compris, partant surtout de mots qui nous disent quelque chose mais d’encore imprécis, se servir dans la bibliothèque ouverte qu’est le web, pour en refonder une en version miniature, une très petite encyclopédie mutualisée. La consigne et les textes sont à lire ici.

[lire+écrire]numérique (un cycle co-conçu avec Catherine Lenoble pour le CRL Pays de la Loire), 2013.

[Lire + écrire] numérique – Un cycle de rencontres et de formation à la culture numérique

pour les médiateurs et acteurs de la lecture publique.

Renseignements & inscriptions : programme 10 janvier 2013 ; bulletin inscription 10 janvier 2013 ; Inscriptions au plus tard le 7 janvier 2013 auprès de Virginie Guiraud : virginie.guiraud[@]paysdelaloire.fr ou crl[@]paysdelaloire.fr – 02 28 20 60 78 (ou 02 28 20 60 79)

Démarrage :  jeudi 10 janvier 2013 à La Roche-sur-Yon

Quelques mots généraux de ce projet qui me tient fort à cœur :

Date De janvier à octobre 2013.

Format Un cycle de 4  journées par an, réparties en 3 lieux, dont 2 fois La Roche-sur-Yon (Pôle Yonnais de l’Université de Nantes) ; à Saint-Herblain (Maison des Arts) ;  à Rezé (Médiathèque Diderot).

Format d’une journée

→ une conférence / intervention (demi-journée) ouverte au grand public

→ un atelier de pratique / de création (demi-journée) sur inscription, nombre de places limitées (10 à 12 participants suivant l’équipement informatique de la salle mise à disposition) animé par Guénaël Boutouillet et Catherine Lenoble, avec ou sans l’intervenant du matin, en « prolongement actif » des contenus abordés lors des interventions du matin – le blog [Lire + écrire] numérique accueillera les productions d’atelier, des contributions des intervenants et concepteurs, de la documentation ressource, des captations vidéo des interventions du matin…

Objectif(s)

Dans la continuité de ce qui fut inauguré lors de la journée professionnelledu 8 décembre 2011 à Angers  intitulée « Éditer un nouveau métier / mutations numériques » , nous souhaitons offrir à des médiateurs du livre, bibliothécaires, éditeurs, animateurs d’atelier d’écriture… une formation-action aux pratiques des outils de publication numérique et connectée. Il y a une nécessité (j’en ai parlé en détails ici) à travailler à une réduction de la fracture numérique existant dans les milieux de la médiation (littéraire en particulier), réduire les clivages symboliques et idéologiques à l’œuvre :

-informer des nouvelles pratiques, de leur histoire et de leurs perspectives.

-former à leurs usages et à leur opérabilité dans un processus de production de textes (et contenus multimédia); former à la publication en ligne et hors ligne, dans un contexte de mutation des objets et pratiques, où les médiateurs sont en premier lieu exposés à des demandes nouvelles et des risques de rupture croissants avec une partie des publics.

C’est une format non académique, déplacement (mutation) de la journée d’études et du workshop écriture connectée.

Il y a tout simplement, aussi, l’objectif de se former en formant, d’apprendre en faisant (voire d’apprendre à apprendre en faisant), de nous surprendre, apprenant des choses qu’on déplie sitôt en situation d’ateliers – nous avons choisi ces intervenants (Olivier Ertszcheid  | http://affordance.typepad.com/ ; Laurent Neyssensas | http://neyssensas.com/; Lionel Maurel  | http://scinfolex.wordpress.com/ ; An Mertens | http://www.adashboard.org/ ; Roxane Lecomte | http://ladameauchapal.com) et ces modes opératoires avec cette certitude-là : qu’on se ferait bouger dans nos propres pratiques. Il y aura de l’exploration : nous irons vers des processus éditoriaux, en conjuguerons plusieurs, mais ne pouvons à cette heure édicter leur format au millimètre. Puis qu’ils dépendront de ce qui sera produit durant les ateliers, de cette irrigation d’une énonciation individuelle par une parole certes experte dans chacun des domaines, mais une parole qui jamais ne ne posera comme doxa ou discours expert indiscutable.

Le on que j’emploie inclut Catherine Lenoble (http://litteraturing.wordpress.com), avec qui c’est une joie de mutualiser encore (outre ce qui secret et plusieurs expériences d’atelier ou d’intervention à quatre mains par le passé), en complémentarité vivifiante.

Le programme des réjouissances, c’est en dessous :

Pre-programme 2013

1)    Etat des lieux, histoire du web, de la bibliothèque. Web, 2.0, 3.0

Jeudi 10 Janvier 2013// IUT Info Comm La Roche-sur-Yon

→ Conférence : Olivier  Ertszcheid (Enseignant-chercheur (Maître de Conférences) en Sciences de l’information et de la communication, son blog affordance.info http://affordance.typepad.com/) et Laurent Neyssensas (Enseignant à l’école de design Nantes Atlantique) : Un état des lieux du web citoyen et marchand. perspectives sur ce qu’est le web 3.0, qu’on appelle aussi web sémantique ou web des objets, ses possibilités, ses problématiques et ses dangers.

→ Atelier d’écriture de recherche « mon histoire du web »

Après-midi

L’atelier en groupe restreint :

Inauguration du blog dédié au cycle de formation.

Quelques généralités sur l’écriture en ligne (insertions d’éléments multimédia, liens hypertextes).

Exercice d’écriture à propos de ses propres rapports et représentations du web.

Avec ce premier corpus de textes pour le blog, nous tracerons ainsi un ensemble de trajectoires, un récit collectif par l’agrégation de ces trajectoires.

1)    Copy party, circulation des données, données publiques…

Jeudi  14 Mars 2013// Médiathèque Diderot (Rezé)

→ Conférence : Lionel Maurel (il est à la fois conservateur des bibliothèques et spécialisé dans les questions juridiques liées à leurs activités, notamment sur tout ce qui touche aux droits d’auteur dans l’environnement numérique. Cette double compétence de juriste et de bibliothécaire lui confère une expertise rare dans ces domaines mouvants et problématiques. Il anime le site Calimaq S.I.Lex, au croisement du droit et des sciences de l’information.)

→ Copy-party et atelier d’écriture à partir de remix données copiées-collectées.

Le matin, intervention conférence de Lionel Maurel quant au bien commun, notion juridique, partage des connaissances, qu’est-ce que le web & le numérique y apportent et bouleversent.

Explication du principe de Copy Party, en tant qu’application pratique, assimilable, vivante, de ces concepts fondamentaux et militants.

Copy party expérimentale dans la médiathèque de Rezé, en fin de matinée. (1h)

Après-midi.

Exercice d’écriture de la copie : écriture à propos d’un document de ma bibliothèque, réinterprétation, intertextualité.

1)    Littérature électronique  : écrire le code, distribuer le roman

Jeudi 30 Mai 2013  // à la Maison des Arts de Saint-Herblain

→ Conférence : An Mertens (Conteuse, écrivaine et membre noyau de Constant, Association pour l’art & les médias.)

→ Atelier d’écriture collaborative et création partagée

Le matin, intervention conférence de An Mertens sur « littérature électronique : de quoi parle-t-on ? ». Une histoire subjective des pratiques d’écriture de création digitales ; remonter dans le temps des premières créations littéraires et fictionnelles automatisées, génératives, hypertextes aux formes d’écriture collaborative, fictions en ligne recourant à des langages de programmation, multiplication et interaction des supports.

Après-midi.

Expérience d’une écriture fictionnelle collective à partir d’outils collaboratifs de type wiki.

1)    Edition multipliée : Le livre numérique, l’impression à la demande…

Jeudi 26 septembre 2013 // IUT Info Comm La Roche-sur-Yon

→ Conférence : Roxane Lecomte(Éditeur numérique chez publie.net)

→ Atelier de production d’une édition numérique


Accueillir un auteur – un cycle de formation avec Yann Dissez, les 17 et 18 décembre 2012 à Nantes

Comment accueillir un auteur ?

Une formation, conçue et animée par Guénaël Boutouillet et Yann Dissez,  pour les médiateurs du livre, bibliothécaires, enseignants, animateurs.
Prochaine session Lundi 17  et Mardi 18 décembre 2012
Hôtel de Région, 44000 Nantes.

Inscriptions crl[@]paysdelaloire.fr
Ce stage gratuit s’appuie sur une présentation détaillée du vademecum Comment accueillir un auteur ? (De la dédicace à la résidence) réalisé par Yann Dissez pour la FILL (Fédération Interrégionale du Livre et de la Lecture et 11 structures régionales pour le livre), qui sera remis aux participants.
La présence des auteurs dans les librairies, les médiathèques ou les lieux culturels, pour différents types d’interventions (lectures, rencontres publiques, projets de médiation autour de la littérature, ateliers d’écriture ou résidences), peut être riche et féconde pour les publics, les structures organisatrices et pour les auteurs eux-mêmes.

Toutefois, des questions demeurent :
Pourquoi accueillir un auteur ? Comment procéder au choix de l’auteur ? Comment mettre en place, préparer, animer la rencontre ? Comment recevoir, accompagner, rémunérer l’auteur ? Quel est le projet et dans quel contexte s’inscrit-il ?

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PROGRAMME
La préparation (seul et avec une équipe ainsi que différents partenaires) d’une rencontre littéraire dans une bibliothèque, une maison d’écrivain, une librairie, un établissement scolaire, une association…
Le suivi et la préparation de la venue de l’auteur
L’élaboration précise des conditions concrètes de l’accueil (voyage, hébergement, logistique)
La rémunération de l’auteur
La préparation de la rencontre publique
La définition du type de rencontre(s) envisagée(s), de la place de chacun dans leur déroulement
La préparation du public
La communication (globale et individualisée)
Le choix et relation aux partenaires : opérationnels et financiers / institutionnels
Les traces et la valorisation extérieures.

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INTERVENANTS
Guénaël Boutouillet

Yann Dissez :  chargé d’étude sur la présence des auteurs en Haute-Normandie au printemps 2012, Yann Dissez est l’auteur du vademecum Comment accueillir un auteur ?, édité par la FILL et 11 SRL, du guide Pourquoi et comment accueillir un auteur ?, réalisé pour Livre et Lecture en Bretagne et d’un mémoire de recherche sur les résidences d’écrivains, Habiter en poète. De 1999 à 2010, il était responsable de l’action culturelle et de la littérature au Triangle (Rennes).
Le Centre de ressources du livre, un outil d’information et de coordination
au service des acteurs du livre en Pays de la Loire

Centre de ressources du livre, Hôtel des Ursulines, 14, avenue François Mitterrand, 72 000 Le Mans | 02 28 20 60 79 |
Inscriptions crl[@]paysdelaloire.fr