« Tous les mots courent vers vous, c’est la joie » – Dimitri Bortnikov, La vie devant soi, mars 2020

(Grand Dimitri – En résidence interrompue, printemps 2020)

Vous livrant ci-dessous ce podcast de cette rencontre à la Vie devant soi, en ouverture d’Atlantide et après quelques semaines de résidence, redire quelques mots de l’expérience que ce fut, que c’est, sera, de lire, écouter, rencontrer Dimitri Bortnikov.

Dimitri Bortnikov, grande rencontre Atlantide/La vie devant soi, débat avec GB, mars 20

(Cette rencontre a également été enregistrée par l’excellent Henri Landré, de l’émission Esperluette (Jet fm) et est disponible ici (on l’on entend aussi une autre rencontre, avec l’auteur de bd Frédérik Peeters) http://jetfm.fr/site/Esperluette-lundi-09-mars-a-midi.html)

Cette rencontre a été enregistrée à La Vie Devant Soi, le jeudi 05 mars en soirée. Dimitri était en résidence d’écriture à Nantes pour trois mois depuis début février, à l’initiative de la librairie – résidence interrompue depuis pour cause de covid19, mais temps heureux pour toutes celles et ceux qui l’ont croisé.

Nous l’avons accueilli, collectivement, en résidence à Nantes à et avec la librairie la vie devant soi, et, même interrompu, ce travail collectif dans lequel nous nous sommes engagés, à même échelle, d’aucuns accompagnant, d’autres interviewant, d’aucuns nourrissant – il y avait quelque chose de rafraîchissant, de revigorant, pour ma part, à revivre « en vrai » ce jeu collectif si formateur (rémanences immédiates et éternelles de quand nous rencontrâmes Tanguy Viel ou Nicole Caligaris, ainsi, avec Cathie Barreau, débuts années 2000), ces temps d’accueil où, comme on l’a si souvent répété et le répétons encore, avec Yann Dissez, en formation, chaque geste compte, chaque geste est de l’accueil.

Cette rencontre – on y entend cette « folie » littéraire qui est la sienne, cet enjouement de la parole, cette invention de langue et d’images, cette folie-là, oui, à la fois absolument sincère et jouée juste ce qu’il faut – car c’est joueur et enjôleur cette façon de nous entraîner, il y a des histoires que Dimitri aime reprendre, redire, refaire, et que j’ai eu le privilège d’entendre deux fois :ce soir-là, et,

un peu plus tard, quand je l’ai accompagné en prison avec Blandine Prot (de la ligue de l’enseignement, dans le cadre de cette résidence.)
J’ai été captivé par ce moment en prison (ces deux moments : une rencontre où je n’ai à poser qu’une seule question, et relancer une fois ; un atelier d’écriture, première séance, avec peu ou prou les mêmes détenus, les deux moments totalement liés, donc), en prison. Il y a toujours quelque chose à apprendre de ces moments, rares (chance pour nous) où nous entrons dans ces lieux – j’y ai fait un atelier d’écriture il y a quelques années, dont je crois me rappeler chaque instant — lieux où l’on n’entre pas « comme ça », si l’on n’a pas fauté au regard de la loi ; il faut en attester, en passer nombre de portes. Je sais que je me souviendrai de nos attitudes entre et face aux portes, je sais que ça constitue ce souvenir de grandeur qui me restera de Dimitri, ces passages de porte et ce qu’il en dit ensuite.

Et ce qu’il dit aux détenus, cette façon de ne rien céder sur son entièreté tout en en jouant toujours, de jouer infinitésimalement la russitude et la littérature, sans mentir sur cette part de jeu, clignant de l’oeil et de l’accent, pour les entraîner où nul n’oserait les entraîner, de raconter assez serré et mystérieux pour qu’ils s’engagent, acceptent, jouent le jeu.

Peut-être que ces textes qu’il leur a fait écrire pourront un de ces jours être publiés quelque part, on l’espère,

dans tous les cas, ce geste-là qu’il fit vers eux est engagé comme l’est ce geste collectif d’accueil ci-dessus évoqué, ces choses, ces moments de joie intense, d’intelligence partagée, se construisent, c’est possible, nous construisent en même temps que nous y œuvrons – avec il faut dire un sacré matériau que celui-ci.

Grand Dimitri, et sa littéraire folie — (« Les folies ou fabriques de jardin sont de petites constructions, souvent de caractère romantique, aux formes diverses et parfois extravagantes (pavillon, pont, cascade, ruine, grotte, maison de coquillages, rotonde, tour) édifiées dans un parc ou un jardin. », me dit-on quelque part sur le web, il y a de cela, oui, ça continue de pousser en nous, de construire.

—-

(On peut aussi l’entendre ici sur ce site, en duo avec Alexandre Civico, en 2017, dans cette même librairie.

https://www.mixcloud.com/gu%C3%A9na%C3%ABl-boutouillet/dimitri-bortnikov-et-alexandre-civico-entretien-gb-2-f%C3%A9vrier-2017-la-vie-devant-soi-nantes/

 

 

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