Numérique intime & mémoire collective | Exercice d’atelier (et note de lecture) depuis Une toile large comme le monde de Aude Seigne (Zoé, 2017)

Il y a un festival, une gazette et un livre

Le festival,

 

 

 

 

 

 

c’est la mer est loin, à Fontenay-Le-Comte, troisième édition cet automne, qui m’aura donné le plaisir d’interviewer Maryam Madjidi (podcast ici) et Richard Morgiève, mais également d’écouter Joël Baqué, de découvrir Pierrick Bailly (enfin) et Aude Seigne – auteurs dont j’ai eu l’occasion d’approfondir la lecture durant cet autre travail réalisé pour ce festival : cette gazette, faite par les lycéens de Notre-Dame (que les professeurs à l’initiative et accompagnement, Julie et Christophe soient ici remerciés, rien ne serait possible sans eux).

 

La gazette.

Réalisé en express par les étudiants en PAO de Florence Boudet de l’IUT info comm de La Roche sur Yon, après quatre séances d’atelier d’écriture journalistique, l’ouvrage, 8 pages de chroniques de livre, entretiens (avec Yamina Benahmed Daho, avec l’équipe du festival) et de quelques textes « libres », ou plutôt « contraints et libres », lancés en écho au travail d’un des auteurs. Parmi ceux-ci, une anamnèse Baqué, réinterprétation collective du magnifique La mer c’est rien du tout (P.O.L, 2016) de Baqué (qui lui-même s’inspirait de I remember de Joe Brainard). Manière de produire du souvenir intime et collectif, intitulé c’est rien du tout et c’est beaucoup (page 8 du pdf joint — La gazette des lycéens, la mer est loin).

Le livre,

c’est Une toile large comme le monde, de Aude Seigne (éditions Zoé, août 2017, dans ma sélection de rentrée – en lire un extrait ici).

Ce roman, qui démarre par une immersion, une plongée en hauts fonds, comme l’annonce tautologiquement la photo de couverture, nous menant à la rencontre de FLIN, le câble assurant la liaison transatlantique des données du web – un des câbles, « courroies de transmission » sans lesquelles tout ceci (ce blog, mettons, et puis facebook et consorts) n’existerait pas. Une des données physiques de cet univers numérique (qu’on disait « virtuel », je m’en souviens, à l’orée des années 2000). Depuis cette introduction à la fois documentaire et étrangement poétique (lisant ce livre et particulièrement ce chapitre d’introduction, j’ai beaucoup pensé au Philippe Vasset de Carte muette (Fayard, 2002), mais aussi aux descriptions topographiques d’Un livre blanc (Fayard, 2007), et plus encore de La conjuration (Fayard, 2013), considération panoramique de lieux ig-nobles ou désaffectés, productrices d’une sensation spatiale troublante), Aude Seigne bâtit un récit réticulaire, découlant de la mise en relation réel de ce réseau informel de personnages toutes et tous liés aux emplois et usages du tout-numérique.

Le récit, c’est d’abord celui de la saturation, du trop-plein de réseau, d’où les personnages fondent la conviction qu’il faut arrêter le dit réseau, couper le tuyau, casser l’Internet, en somme ; c’est ensuite celui de la prise de décision et de la mise en pratique, du comment faire — on ne dira pas ici si les conjurés parviennent à leur fin, pour ne pas « spoiler », mais juste à quel point il résonne avec cet autre livre si différent (et beaucoup aimé, chroniqué ici), L’invention des corps de Pierre Ducrozet, où émerge du récit et des problématiques liées au numérique, la nécessité d’une conjuration de réaction à l’emprise des machines.

Depuis cet excellent roman (chroniqué également dans la gazette), j’ai fait écrire aux lycéen(ne)s non leur autobiographie numérique comme je l’ai parfois fait (avec les étudiants d’IUT, voir ce poieo de 2011), mais un avant-maintenant-après ; sur un mode simple d’anamnèse et de collectivisation – dont voici le résultat. Les digital natives sont, on le lit, à la fois addict (on s’en doutait) et tout à fait conscients des limites (on s’en doute moins) : en effet, le futur, partie 3 de l’exercice, je ne l’ai pas gardé pour une raison simple : trop « répétitif », toutes et tous prédisant qu’à moyen terme le réseau social, et leur usage du dit, se raisonnerait et baisserait). Le texte global était beaucoup trop long pour la gazette, le voici donc remonté, relu, revu, pour ce site. Merci à tous ces lycéen(ne)s pour leur implication et leurs mots.


 

PASSÉ – PRÉSENT

1. Je me rappelle encore du vieil ordinateur, énorme, lourd et gris. Le premier que j’ai vu était très gros, blanc et lent. Mon premier souvenir d’une machine, je devais avoir 3-4 ans, c’était le gros ordinateur fixe du travail de ma mère, je jouais au démineur dessus, j’ai imprimé un coloriage pour un anniversaire, j’allais sur « Hugo l’escargot », et « adibou», un jeu vidéo, j’y jouais sur l’ordinateur du travail de mon père le samedi ou le dimanche après-midi, le jeu était sur un disque que j’insérais dans l’ordinateur,
Quand j’avais 4 ans, j’avais eu pour noël un ordinateur VTech et ensuite je m’en servais beaucoup pour approfondir mes connaissances et faire des jeux. Les premières fois où je me suis connecté à internet je devais avoir 5 ans. J’y allais avec une amie, jouer sur l’ordinateur de son père. Nous aimions beaucoup jouer à un jeu d’équitation. Je me rappelle quand je jouais à Alexandra Ledermann avec ma grande sœur sur un ordinateur fixe que je branchais à ma télé de l’époque.

Vers 5 ou 6 ans mes parents avaient acheté un tout petit ordinateur portable et je jouais dessus à des jeux comme les Sims mais les personnages ressemblaient à des Mr Patate.
La première fois que j’ai utilisé un ordinateur, j’avais 7 ans. J’allais sur MSN et jouait sur Jeux.fr. La première fois que j’ai utilisé Internet c’était dès le primaire, pour jouer à Jeuxdefille.fr ; quand on allait sur internet, c’était pour jouer à Prizee, un site internet qui regroupait des jeux enfantins, on gagnait des points et on s’en servait pour s’offrir des petits goodies (cadeaux) comme des porte-clés, des peluches, des pins… Je regardais aussi des vidéos de chats avec ma petite sœur sur YouTube, je regardais des clips de bébé Lili car je devais m’entraîner à danser pour mon gala de danse, j’aimais aller sur Youtube pour regarder des vidéos éducatives et écouter des chansons. Je me souviens, en CE1, dans le bureau de la maison, j’allais tous les soirs sur MSN pour converser avec mes copines. lorsque j’étais en 6ème, j’utilisais Skype pour parler avec mes amis de collège.

2. Mon portable sonne, je l’éteins et me lève. Je me prépare, déjeune, et pars pour prendre mon bus. Durant le trajet, qui dure une vingtaine de minutes environ, j’utilise mes données mobiles pour aller sur YouTube ainsi que mes réseaux sociaux. Dans le cours de la journée, pendant les récrés et le déjeuner je réponds aux messages, aux snap reçus. Avant de m’endormir, pour la dernière la dernière fois de la journée, je jette un œil à mon fil d’actualité Instagram et Snapchat.

Tous les jours, je me lève, je vais au toilette et je vais sur mon portable pour regarder les réseaux sociaux. Quand j’ai des moments de libre dans la journée par exemple aux récréations ou à la pause déjeuner je surfe sur le net et sur les réseaux. Quand je rentre, le soir, chez moi, après une journée épuisante, je m’accorde une pause pour aller sur mon smartphone. Enfin, avant de me coucher je regarde une dernière fois mon mobile.

Au réveil, je vais sur Snapchat pour faire les flammes. Puis dans la matinée, je regarde mon fil d’actualité sur Instagram, lors des récréations… Le soir pour faire mes leçons, j’utilise le plus souvent mon ordinateur. Le soir avant de m’endormir, je vais une dernière fois sur les réseaux sociaux.

Maintenant, j’utilise beaucoup plus internet que lorsque j’étais jeune. Dans la matinée, je regarde mon fil d’actualité sur les réseaux sociaux, et j’y retourne plusieurs fois dans la journée, particulièrement lorsque je m’ennuie. Le soir, il m’arrive d’utiliser internet pour regarder un film ou un épisode d’une série.

Aujourd’hui, je me sers de mon téléphone tous les jours pour aller sur des réseaux sociaux pour parler avec mes amis. Le matin, dès que je me lève, je regarde sur mon téléphone si j’ai reçu des nouveaux messages et le soir je regarde des vidéos sur la plate-forme YouTube. Je passe le plus clair de mon temps sur mon téléphone, c’est presque devenu un réflexe de regarder son téléphone. Même quand je dors il est allumé à côté de mon oreiller.

Aujourd’hui, j’ai le temps d’aller sur le web que le soir après mes cours généralement. Je me connecte à Instagram pour regarder des photos de mes amis ou de personnes célèbres ou bien même de choses qui m’inspire. Ensuite je vais sur Snap pour voir la journée qu’ont passé mes amis. Je me connecte à Messenger pour parler avec mes amis. Des fois je vais sur Pinterest pour trouver des images qui m’inspirent quand j’ai une idée à approfondir et que je suis en manque d’inspiration. Et enfin je vais sur YouTube pour regarder des vidéos jusqu’à 22h30/23h.

Je passe ma vie avec mon téléphone. Quand je me lève je regarde mes notifications, je mange avec mon portable, je dors avec mon portable allumé et je réponds aux message quand je « dors ». Pendant toute la journée je suis sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui j’utilise les réseaux sociaux à l’aide de mon smartphone. Je me connecte dès le matin très tôt, environ 6h30 pour regarder mon fil d’actualité. Je continue tout au long de la journée jusqu’au soir. Je termine toujours ma journée par regarder les nouvelles vidéos YouTube.

Aujourd’hui j’utilise internet par le biais des réseaux sociaux, je parle à mes amis souvent. Je prends des nouvelles de mes proches et je m’informe sur plein de sujets

Aujourd’hui j’utilise la connexion web afin de rester en contact avec ma famille qui est partie dans un autre pays, puis je suis souvent sur les réseaux sociaux et je fais beaucoup de recherche.

Je me réveille à 5h55 et pendant 10 min je vais sur les réseaux sociaux sur mon portable. Je commence par Instagram et snapchat et si j’ai le temps je vais sur mes autres réseaux. Tout au long de la journée j’utilise mon portable pour aller sur les réseaux. Le soir, quand je vais me coucher je retourne sur les réseaux sociaux.

J’utilise internet au lever , pendant la journée lorsque que j’ai le temps et que je m’ennuie, mais pas quand je suis avec mes amis, et puis quand je me couche (je vais sur les réseaux).

Aujourd’hui j’utilise internet quotidiennement pour aller écouter de la musique, aller sur les réseaux sociaux, faire du shopping, parler avec mes amis, ou encore faire des recherches pour les cours .

Dès le matin si j’ai le temps en semaine j’ouvre mes snaps. Le week-end je me réveille et je checke les nouvelles publications Instagram. Dans la journée j’utilise, Snapchat, Twitter, Instagram et YouTube. Les derniers réseaux sociaux que j’utilise dans la journée sont Instagram puis YouTube pour écouter de la musique ou regarder quelques vidéos.

Aujourd’hui je passe une partie de mon temps sur Messenger à parler avec des amis, sur Facebook pour me divertir, sur Youtube pour regarder des vidéos éducatives et sur des applications m’informant de l’actualité.

Aujourd’hui je suis beaucoup plus présent sur internet. Le matin, au réveil, je regarde l’actualité sur twitter, puis, dans la journée, je regarde les autres réseaux sociaux dès que j’ai du temps, comme un automatisme.

Aujourd’hui, je me connecte à chaque pause pour envoyer des messages, regarder l’actualité, écouter de la musique et j’y reste jusqu’à tard dans la nuit.

Du moment où je me réveille jusqu’à ce que je m’endorme j’utilise la technologie. J’écoute de la musique et je lis sur mon portable durant mon trajet de bus, je réponds aux messages au fur et à mesure de la journée. Je recherche des informations, je suis sur les réseaux…

La gazette des lycéens, la mer est loin

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